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Photo gagnante du concours amical 2016 : le syrphe, par Julie Cusson

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Grande gagnante : Julie Cusson avec ce joli syrphe

Cette année, j’appris quelle était la photographie gagnante uniquement à la fermeture du concours. Deux photos s’étaient menées une chaude lutte au courant de la première semaine, mais les deux derniers jours furent caractérisés par une hausse phénoménale des votes. Ce sont finalement cinq photographies qui se sont hissées au peloton de tête afin de se disputer la victoire.

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Mention d’honneur : le méloé marginé de Mireille Dagenais

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Mention d’honneur : la rhysse canelle de Marie-Andrée Fallu

Je vous dirais personnellement que tous les candidats sont gagnants. Quelles belles photographies qui témoignent tantôt d’individus colorés, tantôt de spécimens étranges! Toutefois, une photo franchi le fil d’arrivée en premier : le syrphe, par Julie Cusson! Chose promise, chose due, la présente chronique fera l’éloge de l’insecte photographié par Mme Cusson! Mais avant de débuter, j’aimerais aussi offrir une mention d’honneur à deux photographies qui se sont retrouvées sur la deuxième et troisième marche du podium : le méloé marginé de Mme Mireille Dagenais, ainsi que la rhysse canelle par Marie-Andrée Fallu. Bravo à tous!

J’ai trouvé amusant que la photographie gagnante porte sur un syrphe. En fait, une des toutes premières chroniques que j’avais concoctées pour DocBébitte portait sur cette famille d’insectes (cette chronique publiée en février 2013). J’étais fascinée par le fait que ces sympathiques mouches puissent ressembler aux hyménoptères (guêpes, abeilles et compagnie) – qui peuvent parfois être nettement moins sympathiques, surtout si vous venez de vous faire piquer! À l’époque de cette chronique, j’avais peu de photographies de syrphes en banque et nettement moins de livres spécialisés… c’est donc avec plaisir que je me lance dans les prochains paragraphes sur des anecdotes qui m’étaient inconnues à l’hiver 2013!

Première anecdote : je vous avais déjà raconté que les larves de certaines espèces de syrphes sont aquatiques. Celles-ci possèdent un long siphon (cette photo) qu’elles utilisent pour respirer, étant donné quelles peuplent les milieux pauvres en oxygène. Toutefois, les milieux aqueux qu’elles sont susceptibles de peupler sont parfois loin de pouvoir être qualifiés d’aquatiques… Par exemple, les bassins de recueillement de lisier fourmilleraient souvent de larves de syrphes, ces dernières demeurant bien enfouies sous la surface. C’est ce qu’on appelle être dans… (Oui, je m’autocensure un brin, ici! Avouez que le jeu de mots était tentant!)

De façon similaire, les restes gluants et liquides de carcasses en décomposition peuvent également s’avérer être des demeures de choix pour les larves de syrphes. À ce qu’il semble, cette propension à habiter ce type de milieu serait à l’origine d’une ancienne recette Grecque voulant que l’on puisse fabriquer des abeilles à partir de la carcasse d’un bœuf. Il est probable que nos anciens aient observé l’apparition soudaine d’un bon nombre « d’abeilles » à proximité d’animaux en décomposition qui, en fait, étaient des syrphes adultes émergeant de leurs pupes.

Et si l’on parlait d’anecdotes plus ragoûtantes? Les larves des syrphes n’ont pas toutes un si mauvais goût en matière de milieu de vie! En effet, certaines espèces pondent leurs œufs dans la végétation, à proximité de colonies de pucerons. Les larves, une fois sorties de l’œuf, s’affairent à dévorer les pucerons en question. Selon Marshall (2009), il suffit d’examiner attentivement toute colonie de pucerons pour trouver une ou des larves de syrphes à proximité. Ces dernières demeureraient immobiles de jour et s’activeraient la nuit. Fait intéressant : elles ressemblent à de petites limaces ou sangsues verdâtres, selon les sources… à un point tel que la première personne qui les découvrit les prit non pas pour des insectes, mais pour des mollusques! Vous pouvez jeter un coup d’œil à cette photographie provenant de Bug Guide. Drôle d’allure, n’est-ce pas?

Si l’on revient plus spécifiquement à la photographie gagnante, j’aurais aimé être en mesure de vous indiquer de quelle espèce il s’agit exactement. Vous avais-je déjà mentionné que l’univers des diptères (mouches) est vaste et varié? Chez les quelque 20 000 espèces de diptères recensées au Canada et aux États-Unis, les syrphes comptent pas moins de 813 espèces. Je ne suis malheureusement pas habilitée à les toutes les identifier, ce qui inclut l’individu pris en photo. N’étant qu’une simple entomologiste amateur, j’aurais eu besoin d’examiner bien plus de détails – qu’un professionnel n’aurait peut-être pas requis – pour confirmer l’identité de l’espèce en photo.

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Les syrphes possèdent une fausse veine bien visible (cliquer pour agrandir)

D’ailleurs, vous vous demandez peut-être comment séparer syrphes et autres diptères? Cette tâche est plus facile que de procéder à une identification à l’espèce! À l’œil nu, il est déjà souvent facile de reconnaître les syrphes. Leur patron de vol – faire du surplace comme un oiseau-mouche – ou encore le fait qu’ils marient fréquemment le noir et le jaune à l’instar des guêpes et des abeilles, tout en ne possédant qu’une seule paire d’ailes, est fort aidant. Aussi, si vous êtes armés de caméras ou de loupes binoculaires, vous aurez la certitude de faire face à un syrphe en examinant ses ailes. Ces dernières sont caractérisées par la présence d’une fausse veine qui n’est pas retrouvée chez les autres diptères. J’ai d’ailleurs pris une photographie à partir de mon stéréomicroscope d’une aile de syrphe afin de vous en faire la démonstration. Elle agrémente la présente chronique. Ainsi, vous aurez une meilleure idée quel attribut examiner ou encore prendre en photographie afin d’identifier vos spécimens sans avoir l’ombre d’un doute!

Je termine cette chronique en vous remerciant de nouveaux d’avoir participé au concours amical de photographie DocBébitte pour une quatrième année consécutive – que ce soit en soumettant des photos, en votant pour ces dernières, ou encore simplement en faisant partie des fidèles lecteurs! Vous êtes une source certaine de motivation! À bientôt!

 

Pour en savoir plus

  • Borror, D.J. et R.E. White. 1970. Peterson Field Guides – Insects. 404 p.
  • Bug Guide. Family Syrphidae – Syrphid Flies. http://bugguide.net/node/view/196
  • Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
  • Evans, A.V. 2008. Field guide to insects and spiders of North America. 497 p.
  • Loiselle, R. et D.J. Leprince. 1987. L’entomologiste amateur. 143 p.
  • Marshall, S.A. 2009. Insects. Their natural history and diversity. 732 p.
  • McGavin, G. 2000. Insectes – Araignées et autres arthropodes terrestres. 255p.
  • Wikipedia. Syrphidae. https://fr.wikipedia.org/wiki/Syrphidae

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