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La mouche qui veut se faire aussi menaçante que la guêpe

Et non, il ne s’agit pas d’une nouvelle fable de La Fontaine. Il s’agit plutôt d’un fascinant exemple de mimétisme.

Qu’est-ce que le mimétisme? Le petit Robert le défini comme une « propriété que possèdent certaines espèces animales, pour assurer leur protection, de se rendre semblables par l’apparence au milieu environnant, à un être de ce milieu, à un individu d’une espèce mieux protégée ou moins redoutée ». En fait, j’ajouterais que c’est une des intrigantes démonstrations de ce vers où l’évolution – et la sélection naturelle en particulier – peut nous conduire.

Je vous parle aujourd’hui du cas d’un groupe de mouches (ordre des diptères), les syrphidae. Celles-ci en sont venues à ressembler à des abeilles ou des guêpes. Pourquoi, me direz-vous? La réponse est fort simple – surtout si vous avez lu la définition de mimétisme ci-dessus! En effet, pour une mouche, ressembler à un organisme menaçant comme une abeille ou une guêpe augmente passablement ses chances de survie… et donc ses chances de passer ses gênes à de futurs rejetons! Ainsi, si l’on remonte le temps, certaines mouches ont commencé à présenter des caractéristiques physiques similaires à des abeilles ou à des guêpes. Ces mouches se faisaient moins manger que leurs consœurs, les prédateurs croyant faire face à un insecte susceptible de les piquer. C’est ainsi qu’elles eurent davantage la chance de passer leurs gênes… créant un groupe complet de mouches ressemblant de plus en plus à des abeilles ou à des guêpes.

Syrphidae

Syrphidae (Photo: Caroline Anderson)

Les syrphidae sont souvent appelées « mouches à fleur ». Nombreuses d’entre elles se délectent du nectar et du pollen des fleurs et sont d’ailleurs considérées comme étant d’importantes colonisatrices. Fait intéressant, certaines espèces se nourrissent plutôt de la substance sucrée excrétée par les pucerons. On les retrouve donc non pas sur des fleurs, mais accrochées aux feuilles, parmi des tas de pucerons!

La plupart des syrphidae sont prédatrices à l’état larvaire. Plusieurs larves se nourrissent de pucerons, ce qui fait sans doute d’elles de bonnes amies des jardiniers.

Larve syrphidae

Larve aquatique de syrphidae (Photo: Caroline Anderson).

Certaines larves de syrphidae vivent en milieu aquatique. La plus connue est sans doute le « rat-tailed maggot » (traduire asticot queue-de-rat). Son long appendice (voir photo) sert de siphon respiratoire. Cette larve a la capacité de subsister dans des milieux aquatiques très pauvres en oxygène. Elle se sert de son appendice pour aller chercher de l’air vers la surface, où l’oxygène est plus abondant.

En somme, la famille des syrphidae constitue un groupe d’insectes fort utile pour nous, les humains. Les adultes sont de bons pollinisateurs, alors que les larves peuvent contribuer à la lutte biologique aux pucerons. Leur évolution est également fort fascinante. La prochaine fois que vous croyez voir une abeille sur vos fleurs, regardez-là une deuxième fois. Il pourrait bien s’agir d’une mouche à fleur!

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