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Gagnants du concours de photo 2014 – Partie 1 : Le mélanople birayé de France St-Aubin

Vous l’avez appris la semaine dernière : trois photographies candidates au concours amical de photographie 2014 ont été élues gagnantes ex aequo par les lecteurs de DocBébitte. Par conséquent, les trois prochaines chroniques viseront à vous brosser un portrait des individus retrouvés sur chacune de ces photographies, respectivement.

Cette semaine, nous amorçons avec un insecte bien connu de tous : le mélanople birayé.

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En vedette, le joli cliché d’un mélanople birayé par France St-Aubin, une des trois photos gagnantes

Le mélanople birayé est sans contredit l’un des plus communs représentants des orthoptères (grillons, criquets, sauterelles et compagnie!) qui peuplent nos cours et nos jardins. Ce n’est donc pas une surprise s’il s’est retrouvé sur plusieurs photos soumises lors des deux concours de photographie en 2013 et 2014.

Bien qu’on le nomme communément « sauterelle », cette appellation n’est pas exacte. Le terme « sauterelle » réfère effectivement à d’autres membres de l’ordre des orthoptères : les tettigonies (notamment les scuddéries; voir cette précédente chronique pour plus de détails sur l’identification de ces groupes). Le mélanople, qui appartient à la famille Acrididae, devrait plutôt être qualifié de « criquet »… À distinguer cependant du terme « cricket » en anglais, qui réfère aux grillons! Tout pour nous confondre, quoi!

On reconnaît le mélanople birayé à… ses rayures! Il arbore effectivement une rayure jaune bien visible qui passe au-dessus de l’œil et qui s’étend le long de son pronotum (premier segment dorsal du thorax, situé immédiatement après la tête). Il s’agit également d’une espèce qui atteint une longueur appréciable s’étalant de 30 à 55 millimètres.

Dans une précédente chronique, je vous avais parlé d’invasions historiques et notables de criquets qui les avaient propulsés au rang de « fléau »! Les mélanoples birayés ne sont pas en reste : ils sont considérés comme étant des pestes de différentes cultures incluant la luzerne, le maïs, le tabac et les céréales. Ils ne font pas la fine bouche et peuvent aussi se délecter d’un grand nombre de plantes ornant nos plates-bandes. D’ailleurs, une autre photographie soumise au concours de photo 2014 présentait un mélanople birayé en flagrant délit de gourmandise sur une feuille d’hosta.

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Cette autre photo candidate au concours 2014 présente un mélanople birayé en flagrant délit de gourmandise

De plus, je vous avais déjà vanté les aptitudes de certains orthoptères – en particulier les scuddéries et les grillons – à composer des chants dignes de virtuoses (suivre ce lien). Malheureusement, les criquets n’ont pas hérité de ce don. Bien qu’ils soient aptes à produire certains sons, ces derniers sont considérés comme étant beaucoup moins riches que ceux de leurs cousins. En outre, leur chant est qualifié de « sec » et s’apparentant à deux bouts de papier sablé que l’on frotte l’un contre l’autre. Pas une représentation digne d’une ovation, quoi!

Par ailleurs, la façon de produire le chant, de même que de le capter, diffère entre ces deux grands groupes d’orthoptères. Chez le premier groupe – le sous-ordre Ensifera –, une vaste variété de sons est produite par le frottement des ailes les unes contre les autres. De plus, leurs organes récepteurs – en quelque sorte leurs oreilles – sont situés sur les tibias. En revanche, chez le second groupe – le sous-ordre Caelifera, qui inclut les mélanoples – les individus génèrent typiquement leur « chant » en frottant la partie intérieure de leurs fémurs sur la surface extérieure de leurs ailes. Ils peuvent aussi produire un son qualifié de « crépitation » en ouvrant rapidement leurs ailes. Les « oreilles », quant à elles, sont situées sur l’abdomen.

Les femelles ne possèdent pas d’ovipositeur long et protubérant comme leurs cousines scuddéries, grillons ou camellines. Afin de pondre leurs œufs, elles tendent plutôt à enfouir la totalité de leur abdomen dans le sol. Je me souviens encore de cette fois – ce devait être en 2002 ou 2003 – où j’étais allée faire une randonnée dans un sentier pédestre constitué de gravier et longeant la rivière Saint-Charles à Québec. J’avais aperçu un énorme mélanople, immobile, dont l’extrémité de l’abdomen était enfouie dans le gravier. En tentant de le prendre, j’avais été surprise de voir à quel point l’abdomen était enflé. Je pensais que l’individu était malade! Je n’avais pas réalisé, à ce moment, qu’il s’agissait vraisemblablement d’une femelle en train de pondre.

C’est malheureusement sans doute cette habitude – et peut-être l’envie de se faire chauffer au soleil – qui fait en sorte que les criquets se retrouvent en plein milieu de sentiers pédestres ou cyclables et, bien malgré eux, sous nos roues et nos souliers. Par chance, il y a des entomologistes qui tendent à regarder au sol en marchant (devinez pourquoi!) et qui sauront les éviter!

 

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