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La cantharide de Pennsylvanie pour ma 250e publication!

C’est un grand plaisir d’amorcer cette 250e chronique DocBébitte en vous parlant d’un sujet choisi par vous-mêmes, chers lecteurs! Parmi les choix proposés, c’est la cantharide de Pennsylvanie (Chauliognathus pensylvanicus) qui a remporté le plus grand nombre de votes. Lançons-nous donc à la découverte de ce sympathique coléoptère!

Une de mes premières rencontres avec cette espèce… pourtant bien commune!

Une de mes premières rencontres avec cette espèce… pourtant bien commune!

Malgré mon intérêt pour les petites bêtes de ce monde, je n’ai fait la connaissance de la cantharide de Pennsylvanie que très récemment. C’est dans le cadre du concours de photographie DocBébitte de l’été 2016 qu’une photographie de cette bête fut soumise par mon père. Bien que je ne la connaissais point, il fut facile de déterminer l’espèce : de taille moyenne (9-12 mm), vivement colorée d’orange, la tête noire, ainsi que la moitié inférieure des élytres noire… Pas de doute, il s’agissait bel et bien d’une cantharide de Pennsylvanie!

Autre couple, autre année. Eh oui… encore en train de copuler, ces cantharides!

Autre couple, autre année. Eh oui… encore en train de copuler, ces cantharides!

Les cantharides, très mobiles, se retrouvent parfois dans le pétrin.

Les cantharides, très mobiles, se retrouvent parfois dans le pétrin.

Cela dit, une autre espèce retrouvée dans l’est de l’Amérique du Nord peut lui ressembler (Chauliognathus marginatus – voir cette référence sur Bug Guide). Or, la tête et le prothorax (segment situé immédiatement sous la tête) de ce second individu ont une forme et une coloration différentes; il suffit d’être attentif! Par ailleurs, cette espèce ne semble pas avoir une aire de répartition qui atteint le Québec, si je me fie aux sources consultées. En revanche, la cantharide de Pennsylvanie est commune au Canada et s’observe de l’Ontario jusqu’aux provinces de l’Atlantique. Son aire de répartition s’étend également au sud jusqu’au Texas (à l’ouest) et en Floride (à l’est).

Bref, je fis donc la connaissance de notre insecte-vedette en 2016, par le biais d’une photographie transmise par mon père. Curieuse, j’en profitai lors d’une visite chez mes parents au début du mois de septembre de la même année pour me balader dans les environs et je pus enfin rencontrer en personne cet insecte qui m’était inconnu… bien que pourtant fort commun! C’est le long d’un chemin de fer, bordé de très nombreuses plantes herbacées, que j’observai donc mes premières cantharides de Pennsylvanie. Celles-ci étaient très abondantes et, visiblement, en période de reproduction. Elles se voyaient par dizaines dans des plants de verges d’or (Solidago sp.), qui constitue d’ailleurs une de leur plante favorite!

Voyant ces fortes concentrations présentes à la fin de l’été sur les plants de verges d’or, il ne m’en fallut pas plus pour récidiver en 2017. Cette fois-ci, armée de deux appareils photo et enfourchant mon vélo près de mon ancienne demeure à Cap-Rouge, je fis la tournée… des bords de routes! Les rencontres furent fructueuses et inclurent également l’observation d’un bon nombre de punaises embusquées, elles aussi en période de reproduction (voir ce précédent article). Naturellement, il y avait des dizaines de cantharides de Pennsylvanie, toutes affairées à préparer la prochaine génération! Chaque individu semblait être désespérément à la recherche d’un partenaire et j’observais parfois des chamailles de mâles qui tentaient de s’accaparer une même femelle. Ce foisonnement d’individus d’espèces variées (je vous parlerai éventuellement des nombreux Meloidae aussi présents – des coléoptères à la somptueuse robe bleu-noir) était tout à fait emballant!

Destination de rêve pour un entomologiste! Les cantharides, entre autres, y sont bien présentes.

Destination de rêve pour un entomologiste! Les cantharides, entre autres, y sont bien présentes.

Outre le fait d’offrir un support à la reproduction, les verges d’or constituent une source de nourriture. En effet, nos coléoptères adultes se délectent du nectar de ces fleurs, ainsi que d’autres plantes herbacées présentes le long des routes, des boisés et dans nos champs, telles les asclépiades. Les larves, quant à elles, sont prédatrices. Elles s’affairent à croquer d’autres larves d’insectes, des œufs de locustes, ainsi que certaines espèces de chrysomèles.

Lors de ma petite enquête pour élaborer la présente chronique, j’appris un fait intéressant : la cantharide de Pennsylvanie est une espèce qui a été amplement utilisée dans le domaine de la recherche afin de mieux comprendre le polymorphisme chromatique, les comportements de reproduction, la dispersion et la génétique des insectes. Il s’agit donc d’un insecte bien connu des scientifiques qui aurait été examiné sous toutes ses coutures!

Pour terminer, j’ai réalisé, en devant écrire le nom latin de notre arthropode, que l’espèce « pensylvanicus » était épelée avec un seul n dans bon nombre de guides de références… mais pas tous! Confuse, je me demandais bien qui était dans l’erreur. Heureusement, j’appris lors de mes recherches que cette erreur typographique n’en serait pas une, puisqu’au moment où la cantharide de Pennsylvanie fut baptisée (en 1774, initialement sous le nom Telephorus pensylvanicus), il était encore courant d’écrire « Pensylvanie » avec un seul n. Me voilà rassurée!

 

Vidéo 1. Accouplement de cantharides de Pennsylvanie observé au début du mois de septembre 2016.

 

Pour en savoir plus

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