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Une mare à moustiques

Devinette 2015-06-15

Notre insecte-mystère de la semaine passée était une larve de maringouin (Culicidae)

Larve Culex sp.

Le premier segment suivant la tête est renflé et l’on voit bien le siphon respiratoire

Larves Culicidae

Ces larves tiennent leur siphon respiratoire érigé vers la surface de l’eau

Bien que beaucoup de larves d’insectes aquatiques soient méconnues, plusieurs d’entre vous ont reconnu la larve de notre insecte-mystère de la semaine dernière : un maringouin – moustique pour les non-Québécois – en devenir!

Les maringouins forment la famille des Culicidae et appartiennent à l’ordre des diptères. Vous ne serez peut-être pas surpris d’apprendre que d’autres illustres insectes piqueurs (mouches à chevreuil, mouches noires et brûlots) font également partie de cet ordre. J’en ai d’ailleurs parlé dans cette chronique. De plus, tous ces insectes passent leurs premiers stades de vie sous l’eau.

Les jeunes moustiques, donc, prennent vie sous l’eau. La femelle, gorgée d’œufs, part à la quête d’un repas sanglant afin de donner à sa progéniture toutes les chances de survie. Cette quête peut parfois terminer de façon brutale sous un claquement de main! Si, toutefois, la femelle s’en sort indemne, elle sélectionnera ensuite un milieu aquatique approprié qui peut s’avérer être un simple trou d’eau dans un pneu délaissé ou un tronc d’arbre! Les maringouins ne sont pas difficiles et peuvent se satisfaire de n’importe quel habitat où l’eau est stagnante.

Les œufs éclosent éventuellement en de petites larves qui croissent jusqu’à en devenir les redoutables adultes que nous connaissons. Avant d’en arriver à cette fin, la plupart des larves entreprennent leur croissance en aspirant des algues, bactéries et particules de toutes sortes qu’elles trouvent à leur portée. Quelques espèces sont prédatrices, se nourrissant souvent d’autres larves de moustiques.

Les larves peuvent peupler rapidement le milieu où elles se trouvent. C’est d’ailleurs en jetant un coup d’œil dans mon étang, avant d’entreprendre le nettoyage printanier annuel (voir cette chronique pour quelques anecdotes des années dernières), que je réalisai que mon étang était littéralement bourré de larves et de pupes de maringouins. Habituellement, je n’en voyais pas autant. Cela me permit d’examiner quelques larves et pupes sous la loupe de mon stéréomicroscope et de vous présenter les images et les vidéos accompagnant la présente chronique!

Les larves de Culicidae sont particulièrement faciles à identifier. Les segments thoraciques, situés immédiatement après la capsule céphalique (la « tête »), sont fusionnés en un seul segment renflé, ce qui n’est pas le cas des autres larves de diptères. De plus, remarquez-vous d’autres particularités? Est-ce que la larve ressemble à l’adulte?

À moins que vous ne soyez myopes, la réponse à cette question est « non »! Afin d’atteindre le stade adulte, la larve doit franchir une étape intermédiaire. À l’instar de la chenille qui forme une chrysalide avant de se transformer en papillon, le maringouin doit lui aussi subir ce que l’on appelle une métamorphose complète – métamorphose qui fait en sorte que le rejeton subit une transformation majeure modifiant considérablement sa morphologie.

Pupes Culicidae

Les pupes ont de petites « cornes » qui servent à respirer, ainsi que des « palmes » qui leur permettent de se mouvoir sous l’eau

Pupe Culicidae facial

Reconnaissez-vous le redoutable maringouin sous cette peau de pupe?

Toutefois, contrairement à la chrysalide du papillon qui demeure attachée à un substrat et qui bouge peu, la pupe du maringouin est munie de petites « palmes » qui lui permettent de se déplacer sous l’eau. On peut d’ailleurs facilement les observer se mouvoir dans les milieux qu’elles habitent. Elles tendent à se sauver, nageant vers le fond de l’eau, lorsqu’on les approche. Il en est de même pour les larves, qui fuient toute perturbation.

La raison pour laquelle les larves et les pupes se tiennent près de la surface de l’eau est qu’elles y respirent (les larves y mangent aussi). Les larves de nombreuses espèces (mais pas toutes!) possèdent un siphon respiratoire au bout de leur abdomen qu’elles gardent le plus possible en contact avec la surface de l’eau. Les pupes, quant à elles, sont munies de petites « cornes » à l’arrière de leur céphalothorax, nommées « trompettes respiratoires », qui servent aux mêmes fins.

Le développement des larves dure typiquement de sept à dix jours si les conditions sont favorables, alors que celui des pupes est de trois à quatre jours. Ce délai est particulièrement rapide et fait des maringouins des insectes très prolifiques… au grand malheur des humains qui les apprécient un peu moins!

 

Pour en savoir plus

  • Merritt, R.W. et K.W. Cummins. 1996. Aquatic insects of North America. 862 p.
  • Thorp, J.H., et A.P. Covich. 2001. Ecology and Classification of North American Freshwater Invertebrates. 1056 p.
  • Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.
  • Wikipédia. Culicidae. https://fr.wikipedia.org/wiki/Culicidae

 

Vidéo : Larves de maringouins dans mon étang.

 

Vidéo : Deux pupes provenant de mon étang. On voit à quel point elles sont mobiles.

 

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