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Queue mouchetée et face blanche!

Certains insectes possèdent des attributs qui les rendent facilement identifiables, même pour les néophytes. Leur nom commun reflète parfois ces caractéristiques, ce qui est d’autant plus aidant. C’est le cas de la Leucorrhine mouchetée (Leucorrhinia intacta), une libellule dont le nom commun anglais est Dot-tailed whiteface – littéralement face blanche à queue mouchetée.

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Mâle Leucorrhine mouchetée photographié à l’été 2013

Vous l’aurez deviné, l’abdomen de la bête est ponctué d’un point jaune très visible, alors que sa face (hormis les yeux) est toute blanche. Le reste de son corps, cependant, est entièrement noir.

C’est en visitant à deux reprises un cousin de mon conjoint, qui a un joli étang sur sa propriété (tout plein de bestioles!), que je fis la connaissance de cette charmante libellule dont l’aire de répartition couvre une bonne partie de l’Amérique du Nord, incluant le Québec méridional.

Comme ses consœurs libellules, la Leucorrhine mouchetée est un redoutable prédateur et se délecte d’à peu près tout ce qui est de taille à être maîtrisé : moustiques, papillons, éphémères et j’en passe! Je l’ai d’ailleurs vue en pleine action, chassant une des (trop) nombreuses mouches à chevreuil (Tabanidae : Chrysops lateralis) qui sillonnaient les environs de l’étang à la recherche de proies vulnérables… comme une entomologiste amateur concentrée à prendre des photographies de libellules!

Cet odonate préfère les milieux d’eaux calmes comme les étangs et les lacs où la végétation aquatique est abondante. La larve, comme toutes les larves de libellules, vit sous l’eau et attend patiemment qu’une proie passe à proximité pour la dévorer. Il s’agit également d’un vorace prédateur qui se satisfait non seulement d’invertébrés, mais aussi de petits poissons et de têtards.

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Autre mâle, même endroit, mais cette fois en 2014!

Au Québec, les larves émergent vers la fin du printemps. La saison où les adultes peuvent être observés s’étend, quant à elle, de mai à août. Pour ma part, les deux fois où j’ai pu observer des individus de cette espèce, c’était en plein milieu du mois de juillet.

En période de reproduction, les mâles se promènent à la recherche d’une partenaire. Ils peuvent passer de 15 minutes à 6 heures au même endroit en attente de Madame Parfaite. Selon Paulson 2011, ils ne défendent pas de territoire fixe comme le font d’autres espèces. La copulation dure entre 5 à 25 minutes, ce qui est nettement plus long que la libellule lydienne avec son… trois secondes! Après ces ébats amoureux, la femelle déposera ses œufs en vol, en donnant de petits coups rapides du bout de son abdomen à la surface de l’eau, de préférence dans des secteurs où la végétation aquatique est abondante.

Les femelles matures ressemblent plutôt aux mâles, mais les femelles immatures, quant à elles, sont un peu plus difficiles à identifier (voir cette photo). Qu’à cela ne tienne! Cela ne devrait pas vous empêcher d’apprécier leur grâce! Et rappelez-vous : si vous apercevez une libellule à la face blanche et à la queue mouchetée, vous faites sans aucun doute face à un mâle ou une femelle mature Leucorrhine mouchetée! Bonne observation!

 

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