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La gloutonnerie des larves de coccinelles!

Lors de la précédente publication DocBébitte, je vous ai offert de choisir le sujet de ma prochaine chronique. Vous êtes plusieurs lecteurs à avoir opté pour les larves de coccinelles.

Il est vrai que les coccinelles ont la cote. Voyantes, sympathiques et charismatiques, il s’agit d’un des premiers insectes que l’on apprend à connaître quand on est enfant. Pourtant, les larves et leurs mœurs sont nettement moins connues.

Au courant du dernier mois, j’ai eu l’occasion de capturer sur photos et vidéos quelques larves en pleine action. Je savais déjà que ces dernières constituaient de voraces prédateurs : voir ce billet, où je parle du fait qu’elles peuvent engouffrer jusqu’à 600 petits arthropodes sur un cycle de 20 jours! Or, je n’avais pas eu l’occasion de faire des observations de leur gourmandise par moi-même.

Je fus bien servie à la fin du mois de juin et début du mois de juillet cette année. Ma première observation fut fortuite. J’étais en train de photographier une larve de coccinelle asiatique immobile. Je ne portais pas attention au fait qu’il y avait un autre insecte qui déambulait tranquillement vers cette dernière… avant la toute dernière minute. Je me suis rendu compte de la présence dudit insecte (un puceron), à peine une ou deux secondes avant que la larve de coccinelle ne l’engouffre. Le mouvement de la larve fut si rapide que le puceron n’eut aucune chance de s’échapper. Je continuai alors de prendre des clichés, de même qu’une vidéo qui agrémente la présente chronique.

On voit que la coccinelle semble progressivement vider le puceron de ses fluides (celui-ci se « dégonfle » peu à peu au fur et à mesure qu’avance le temps). D’ailleurs, sur mes photographies, on peut voir une exuvie (squelette externe vide) de puceron sise pratiquement aux pieds de la larve… s’agissait-il de la carcasse d’une précédente proie complètement vidée de ses fluides?

Vidéo 1. Larve de coccinelle qui dévore un puceron. Vers le milieu de la vidéo, il y a une brève interruption (un chien qui passait derrière moi m’a fait sursauter en aboyant), mais je reviens rapidement à mon observation principale!

 

Larve de coccinelle asiatique que je photographiais

Larve de coccinelle asiatique que je photographiais

J’étais si concentrée que je n’ai vu le puceron approcher qu’à la dernière minute

J’étais si concentrée que je n’ai vu le puceron approcher qu’à la dernière minute

La larve captura le puceron en un clin d’œil

La larve captura le puceron en un clin d’œil

Après quelques minutes tout au plus, il ne restait que l’exosquelette du puceron entre les mâchoires de la coccinelle

Après quelques minutes tout au plus, il ne restait que l’exosquelette du puceron entre les mâchoires de la coccinelle

 

Ma seconde observation fut celle d’une larve bien installée sur son garde-manger. Bien qu’elle n’était pas en train de s’alimenter, la larve en question était au repos sur le dessus d’une feuille… dont le dessous était infesté de jeunes pucerons. Sur la seconde vidéo ci-dessous, je manipule la feuille afin de vous montrer le nid grouillant de pucerons.

Vidéo 2. Coccinelle qui a bien choisi son petit coin de repos! Vidéo prise à l’aide de mon iPhone (désolée pour la qualité, mais l’observation est néanmoins intéressante). Je fais quelques commentaires oraux, si vous souhaitez élever le volume!

 

Enfin, ma dernière observation m’intrigua particulièrement. J’avais lu que les larves de coccinelles étaient de voraces prédateurs d’une myriade d’invertébrés, mais il semble qu’elles se délectent également du nectar de certaines fleurs. C’est ce que je constatai sur la troisième vidéo ci-dessous. De nombreuses larves étaient affairées à siroter le nectar produit par de petits arbustes poussant le long du trottoir où j’habite. Je les ai observées attentivement, question de m’assurer qu’elles ne cherchaient pas plutôt à s’emparer d’insectes butineurs… mais il était clair qu’elles s’alimentaient bel et bien du contenu des petites fleurs! À ce qu’il semble, les espèces prédatrices de Coccinellidae complèteraient leur alimentation en se nourrissant de pollen.

Vidéo 3. Plusieurs larves se nourrissaient du nectar de ces fleurs.

 

Voilà qui termine ma petite incursion dans le fabuleux monde des larves de coccinelles! On dirait bien qu’elles sont toujours en train de manger, les gloutonnes!

Aviez-vous déjà effectué de telles observations?

 

Pour en savoir plus

La fête des amoureux, même chez les invertébrés!

Les oiseaux le font, les abeilles le font…Vous avez sans doute déjà entendu cette expression qui sert de préambule pour expliquer aux enfants « d’où viennent les bébés ». Bien que de nombreux invertébrés « le fassent » de façon traditionnelle, d’autres ont opté pour des stratégies quelque peu moins orthodoxes!

En cette semaine de la Saint-Valentin, j’ai donc pensé bon vous parler de différentes stratégies de reproduction chez les invertébrés.

Syrphes accouplement

Syrphes (diptères) s’accouplant

Comme je vous l’ai mentionné d’entrée de jeu, beaucoup d’invertébrés ont recours à la reproduction sexuée. L’avantage de cette forme de reproduction est qu’elle favorise un patrimoine génétique plus varié et, par conséquent, l’évolution des espèces par la sélection des individus les mieux adaptés.

Qui dit reproduction sexuée dit toutefois nécessité de trouver un partenaire. Afin d’attirer le sexe opposé, les invertébrés déploient donc une myriade de stratégies. Aucun sens n’est laissé pour compte : ouïe, goût, odorat, vue, toucher, toutes les techniques sont bonnes!

Ainsi, plusieurs orthoptères (grillons, scuddéries) sont des virtuoses de la chanson. Les stridulations des mâles attirent les femelles, qui choisissent leur chanteur préféré! De même, les « mouches à feu » maîtrisent à merveille la production de lumière. Le but est le même : se faire remarquer par un partenaire potentiel!

Une autre façon de se faire remarquer est par l’odorat. Plusieurs insectes, dont les papillons de nuit, produisent des phéromones. Elles permettent aux mâles et aux femelles de se repérer, malgré les grandes distances qui peuvent parfois les séparer. Et que dire du goût? Tout comme les humains qui invitent leur douce moitié pour un souper gastronomique au restaurant ou encore qui leur achètent des chocolats, certains invertébrés mâles offrent un repas à leur partenaire. C’est le cas par exemple des Empididés mâles (famille des Empididae), une sorte de mouche, qui offrent des insectes morts à leur petite amie comme amuse-gueule avant la copulation. Aussi, les mâles scuddéries (sauterelles) produisent une sécrétion gélatineuse comestible nommée spermatophylax destinée à leur compagne. Les femelles en raffolent! En fait, ils enrobent leur sperme de cette sécrétion, puis attachent le tout à l’abdomen de la femelle, à proximité de ses organes génitaux (voir cette photo). À ce qu’il paraît, ce « cadeau » aurait pour effet de détourner l’attention de la femelle du sperme tel quel, de sorte à garantir la fécondation! Rusé, le Monsieur!

Odonates tandem

Libellules en tandem

Côté toucher, certains papillons s’adonneraient notamment à des « attouchements antennaires » afin de se stimuler. Chez les odonates (libellules et demoiselles), les mâles retiennent carrément les femelles en captivité! Ils resserrent leur appendice terminal, situé tout au bout de leur abdomen, autour du cou de la femelle, qui n’a d’autre choix que de les suivre. Le mâle s’assure ainsi que la femelle ne copule pas avec d’autres rivaux. Les deux individus se retrouvent donc physiquement liés jusqu’à ce que l’accouplement ait eu lieu.

La reproduction sexuée ne compte pas que des avantages. Chez certaines espèces, être un mâle et vouloir se reproduire peut s’avérer tout un défi… dans le cadre duquel le conquérant prend le risque de sa vie. C’est le cas notamment des mantes religieuses et des veuves noires. Dans les deux cas – et ce n’est pas un mythe – il arrive que le mâle serve de dîner à la femelle, qu’il ait eu le temps de copuler avec elle ou non! Si « Madame » est dispose, le mâle peut s’en sortir indemne. Autrement, il deviendra une source de protéine supplémentaire pour la femelle et ses œufs à venir!

En revanche, certaines femelles invertébrés ont décidé qu’elles pouvaient se passer complètement des mâles. C’est ce qu’on appelle la reproduction asexuée. La forme la plus connue est la parthénogenèse. J’ai déjà parlé de ce type de reproduction dans une précédente chronique sur les pucerons. La parthénogenèse correspond au développement d’un ovule non fécondé et elle consiste essentiellement à produire des « clones ». Dans le cas des pucerons, la femelle peut donc produire une vaste quantité de filles identiques, sans aucune intervention d’un mâle. Chez les abeilles, la reine peut produire des rejetons par parthénogenèse ou non. Si elle produit des œufs fécondés par un mâle, ceux-ci donneront des femelles ouvrières ou d’autres reines. Toutefois, la reine peut choisir de pondre des œufs non fécondés. Ceux-ci donneront des mâles! Ainsi, selon les besoins de la ruche, la reine peut « choisir » son mode de reproduction!

La reproduction asexuée semble être facultative dans bien des cas. Son avantage est de permettre à l’espèce de survivre et de se reproduire dans les moments plus difficiles, où les mâles, par exemple, sont peu abondants.

Asilides

Asilides (diptères) en train de copuler

Pour terminer, certains invertébrés ont trouvé une solution pour contourner de potentielles pénuries en mâles ou en femelles: ils sont hermaphrodites! C’est le cas d’invertébrés comme les escargots, les limaces, les sangsues et les vers de terre. Lors d’une rencontre romantique entre deux individus de ces espèces, l’un des deux partenaires joue le rôle du mâle, alors que le second joue le rôle de la femelle. Parfois, ils jouent les deux rôles en même temps! Ainsi, une rencontre entre deux individus peut toujours aboutir à une fécondation!

Comme vous pouvez le constater, les invertébrés ont développé de multiples stratégies pour assurer la survie de leur espèce. Il  n’en demeure pas moins que, dans la majorité des cas, la reproduction doit être issue d’une « rencontre romantique » entre deux individus, tout comme pour nous, les humains. Par conséquent, pour mes amis invertébrés, ainsi que pour vous tous, chers lecteurs, je vous souhaite une très belle Saint-Valentin!

 

Pour en savoir plus

Des insectes dans ma bouffe? La réponse!

Qu’on le veuille ou non, les invertébrés font partie de notre quotidien. Qui aurait cru qu’on irait jusqu’à les retrouver dans notre nourriture complètement à notre insu?

Les fines bouches n’apprécieront peut-être pas les prochains paragraphes. Toutefois, loin de moi est l’idée de vous traumatiser. En fait, je vais vous entretenir au sujet de ces tout petits (et parfois un peu moins petits) invertébrés que l’on se retrouve involontairement à consommer. Aussi, je vais vous expliquer pourquoi cela est normal et sans risque pour votre santé.

Larve carotte

Larve d’insecte qui est passée à une bouchée de se faire croquer!

Première question : quelle est la quantité moyenne d’invertébrés consommée chaque année par un Nord américain – et je parle bien de ceux consommés par inadvertance? La réponse pourrait vous surprendre. En moyenne, vous et moi mangerions annuellement l’équivalent de une à deux livres d’invertébrés. Pour donner un exemple représentatif, cela correspond entre un sac et demi à trois sacs de pépites de chocolat de 350 grammes. Oui, moi aussi je choisirais plutôt le chocolat!

Cela revient à dire que nous avalons beaucoup de petits organismes de façon quotidienne. Bonne nouvelle : personne n’en est mort! D’ailleurs, la U.S. Food and Drug Administration (FDA) émet des normes sur la quantité d’invertébrés permise dans la nourriture pour une vaste gamme d’aliments. De plus, elle souligne que ces normes sont davantage esthétiques qu’associées à un danger réel – ce que l’on peut comprendre.

À cet effet, la U.S. Food and Drug Administration a élaboré le « Food Defect Levels Handbook », un guide où l’on indique notamment combien d’invertébrés (ou de morceaux d’invertébrés) sont permis dans les aliments tels que les jus, les fruits et légumes en conserve ou congelés, le chocolat, le beurre d’arachide et les épices, pour n’en nommer que quelques-uns.

Pucerons Salade

Les pucerons sont très nombreux dans les légumes feuillus – ceux-ci étaient dans du chou chinois

Je suis parvenue à dénicher un guide similaire – quoique touchant une moins grande variété de produits – pour le Canada. Selon ce dernier, on autorise notamment jusqu’à :

-       25 fragments de mites (mortes) et 4 fragments d’autres insectes par 225 grammes de fromage;

-       1 insecte entier, 65 fragments d’insectes et 15 mites mortes par 100 grammes de tofu;

-       35 fragments d’insectes par 25 grammes de café moulu;

-       10 asticots d’une taille inférieure à 2 mm par 100 grammes de champignons (en conserve, séchés, congelés ou frais);

-       10 insectes entiers par 225 grammes de raisins secs;

-       280 fragments d’insectes par 10 grammes de thym.

Si l’on jette un coup d’œil au document de la FDA, on peut aussi savoir que les quantités maximales suivantes sont permises aux États-Unis (je n’ai pas été en mesure d’identifier ce qui en est pour le Canada, mais on peut présumer que les valeurs seraient similaires):

-       59 pucerons et/ou thrips et/ou mites par 100 grammes de brocoli congelé;

-       399 fragments d’insectes par 100 grammes de cannelle moulue;

-       59 fragments d’insectes dans 100 grammes de chocolat;

-       4 œufs de mouches (drosophiles ou autres) par 250 ml de jus d’agrumes;

-       224 fragments d’insectes par 225 grammes de macaroni ou autres pâtes alimentaires;

-       49 pucerons, thrips ou mites par 100 grammes d’épinards en conserve ou congelés;

-       9 œufs de mouches drosophiles ou 1 asticot par 500 grammes de tomates en conserve.

Thysanoptera

Les thrips sont aussi abondants dans les légumes – celui-ci était à peine plus gros qu’un grain de sable (vu au microscope)

En lisant l’ensemble des informations disponibles dans ces deux guides, vous pourrez noter que les épices sont particulièrement susceptibles d’être bourrées de fragments d’insectes. Nous donnons ici une nouvelle signification à l’expression « assaisonner son repas »!

Outre ce que l’on retrouve dans les produits transformés susmentionnés, nous avalons bien sûr plusieurs œufs, larves et adultes de petits insectes qui se faufilent dans nos fruits et légumes frais. N’avez-vous jamais vu « apparaître » de petites mouches (sans doute des drosophiles) dans votre maison, après avoir acheté certains fruits? Celles-ci venaient d’œufs et de larves que vous n’avez pas vus… et dont certains se sont sans doute retrouvés dans votre estomac!

Vous avez également sûrement vu des pucerons en nettoyant vos laitues, choux et épinards. Ceux-ci se retrouvent effectivement en grande abondance dans ces légumes feuillus. Je me souviens d’ailleurs d’une fois où j’avais amorcé la dégustation d’une salade aux crevettes achetée dans un casse-croûte, alors que nous étions en vacances. Après quelques bouchées (j’étais vraiment affamée), je me rendis compte qu’il s’agissait en fait d’une salade aux pucerons et aux crevettes. À voir la quantité de pucerons dans cette salade, il était évident que j’en avais déjà englouti une bonne dizaine!

Je pourrais en dire autant pour les petits fruits que j’aime tant manger pendant l’été. Araignées, pucerons, collemboles, charançons, chenilles… et même une larve de coccinelle encore vivante font partie des insectes que j’ai retrouvés dans mes bleuets, fraises et framboises.

Thomisidae bleuets

J’ai trouvé cette araignée-crabe (environ 3-4 mm) dans mes bleuets

Chenille framboises

Cette chenille s’était fait un nid douillet dans mon panier de framboises

Comme je l’ai déjà souligné, le bon côté des choses est que la consommation d’invertébrés est un problème davantage esthétique que de santé humaine. D’ailleurs, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture recommande de plus en plus de consommer – intentionnellement cette fois – des invertébrés. Ceux-ci sont effectivement riches en protéines et en différents éléments nutritifs (fer, cuivre, zinc, etc.). De plus, ils ne nécessitent pas autant d’énergie et d’espace à produire que le bétail : leur élevage pollue donc beaucoup moins. Finalement, ils pourraient garantir une meilleure sécurité alimentaire pour la population incessamment croissante de notre planète.

En outre, les risques liés à la consommation accidentelle d’invertébrés sont très faibles… à part celui d’être dégouté! Le meilleur conseil que je puisse vous donner, c’est de bien rincer bien vos aliments lorsque possible. Pour ce qui est du reste… n’y pensez pas (on n’y peut rien) et bon appétit!!

Pour terminer, si vous êtes à l’aise en anglais, je vous recommande de lire cet article, qui dépeint la situation avec un bon sens de l’humour! Santé!

 

Galerie vidéo

Un des pucerons que j’ai trouvé dans du chou chinois. Quoiqu’entreposé au réfrigérateur, on voit qu’il est toujours vivant.

 

Les collemboles sont de très petits invertébrés. J’ai remarqué leur présence après avoir essoré de la salade.

 

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Une armée de pucerons

Pucerons fourmis

Pucerons envahissant mon aubépine et fourmis associées

Que vous soyez fin jardinier ou que vous appréciez tout simplement avoir un peu de verdure autour de votre maison, vous n’êtes pas sans connaître les pucerons!

Comme tout hémiptère qui se respecte, les pucerons sont dotés d’un rostre dont ils se servent pour drainer la sève des plantes. Leur arme secrète? Ils s’attaquent à vos plantes par centaines!

C’est à la suite du constat que mon aubépine arbustive était envahie de pucerons – et quand je parle d’envahie, c’est que je ne trouve pas un pouce carré de l’arbuste qui n’est pas affecté – que j’ai décidé de vous parler de ce groupe d’insecte. Mon aubépine est effectivement en état de siège non seulement par des pucerons, mais par une armée de fourmis qui les protège. J’ai d’ailleurs pu prendre plusieurs photographies qui témoignent de ce fascinant partenariat.

Pucerons fourmis 2

Autre branche, même histoire!

Mais pourquoi donc les fourmis protègent-elles de simples pucerons? La réponse réside dans ce que les pucerons éjectent de leur arrière-train : le miellat. Le miellat est un liquide sucré sécrété par les pucerons dont les fourmis raffolent. Ces dernières font d’ailleurs, en quelque sorte, l’élevage des pucerons, afin de pouvoir profiter au maximum de cette denrée.

Et gare aux intrus! Les fourmis les mordront et les attaqueront sans hésiter! C’est d’ailleurs parce que je me suis fait mordre par des fourmis, alors que je nettoyais la plate-bande située à côté de mon aubépine, que j’ai découvert le pot aux roses!

Revenons à nos pucerons! Sur les photographies où l’on voit les pucerons et les fourmis, on ne voit que des pucerons aptères (ne possédant pas d’ailes). Toutefois, certains individus sont dotés d’ailes et peuvent se déplacer, assurant ainsi la dissémination de l’espèce. Un fait étonnant que j’ai appris en faisant des recherches pour la présente chronique, c’est que les femelles ne sont fécondées qu’une seule fois à l’automne. Elles pondent des œufs et donnent ainsi naissance à des femelles dites vivipares, c’est-à-dire qui produisent des individus sans fécondation, un peu comme des clones. Ce sont ces femelles qui produiront des rejetons tout l’été suivant, jusqu’à une nouvelle fécondation à l’automne. Étrangement, alors que ces « clones » sont encore à l’intérieur du ventre de leur mère, ils commencent déjà à former leurs propres clones. Bref, chaque femelle peut se retrouver à porter plusieurs générations à la fois! Pas difficile de croire qu’elles peuvent coloniser rapidement toute plante!

Puceron ailé

Puceron ailé tenant sur le bout de mes doigts

Comme je l’ai mentionné en début de chronique, les pucerons ont pour principale occupation de s’agglomérer en colonies afin d’aspirer la sève des plantes. Herbacées, arbustes, arbres, rien de les arrête… ou presque! En effet, nous avons heureusement quelques alliés dans le monde animal qui se nourrissent de pucerons, entre autres les chrysopes, les coccinelles et leurs larves, ainsi que les larves de syrphes (voir cette précédente chronique).

Outre la lutte biologique, plusieurs solutions dites écologiques existent pour faire face à une armée de pucerons. Plusieurs concoctions à base de savons doux, vinaigre ou autres peuvent être trouvés sur Internet ou dans les livres d’horticulture. Quant à leur efficacité ou encore leur impact sur les plantes-hôtes et les autres espèces d’invertébrés, je ne pourrais vous en dire plus. La meilleure solution est d’y aller avec parcimonie et, comme le suggère le jardinier paresseux, si une plante est trop problématique, c’est peut-être signe qu’elle n’est pas la bonne pour vous ou pour sa localisation géographique!

 

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