Pour en apprendre plus sur les invertébrés!
Facebook

DocBébitte en bref : Un nouveau livre sur les papillons!

Nouveau livre québécois par Michel Leboeuf et Stéphane Le Tirant

Nouveau livre québécois par Michel Leboeuf et Stéphane Le Tirant

Bonne nouvelle pour les entomologistes amateurs en cette saison qui s’amorce enfin, après un hiver qui ne semblait plus vouloir nous quitter! En effet, Michel Leboeuf et Stéphane Le Tirant, auteurs du livre Papillons et chenilles du Québec et des Maritimes, récidivent avec un guide très attendu sur les papillons de nuit et leurs chenilles.

J’avais parlé du premier guide dans cette chronique datant de 2013. À l’époque, je précisais que ce dernier portait uniquement sur les espèces diurnes. Malheureusement, bon nombre de chenilles que je prenais en photo s’avéraient appartenir à des espèces nocturnes. À ma grande déception, je ne parvenais pas à les trouver dans le premier ouvrage de Leboeuf et Le Tirant – qui s’avérait être l’un des tout premiers livres entomologiques à figurer dans ma collection.

Quelle belle surprise j’eus donc ce printemps de tomber par hasard sur ce nouvel ouvrage en allant fureter dans une librairie près de chez moi!

Exemple de planche retrouvée dans le livre

Exemple de planche retrouvée dans le livre

Si vous possédez déjà le premier guide sur les papillons diurnes, vous ne serez pas déstabilisé par le format du second. Comme le premier ouvrage, il est constitué d’une première partie décrivant le cycle de vie, la diversité et la biologie de ces sympathiques organismes, de même que les méthodes d’observation et de capture. Il est composé de planches étalées sur deux pages pour chaque espèce. L’adulte et la chenille y sont illustrés, de même que l’aire de répartition. Une photo présentant tantôt l’adulte, tantôt la chenille ou encore les plantes hôtes est aussi présentée en médaillon.

Jolie chenille bariolée (Hétérocampe verdâtre)

Cette chenille d’hétérocampe verdâtre est retrouvée dans le guide

Les individus comme cet adulte de la célèbre chenille isie Isabelle sont illustrés sur chaque planche

Les individus comme cet adulte de la célèbre chenille isie Isabelle sont illustrés sur chaque planche

Les éléments descriptifs abondent, ce qui fera sans doute le plaisir des gens comme moi qui aiment écrire sur le sujet! On y apprend des notions quant à l’identification de l’espèce présentée (adulte et chenille), les périodes de vol, l’habitat, les plantes hôtes, ainsi que divers autres renseignements utiles.

Bref, il s’agit d’un bel ouvrage à avoir dans sa collection! Et hop! Vivement que l’été arrive afin que je prenne des clichés de nouveaux individus que je pourrai identifier à l’aide de Leboeuf et Le Tirant!

 

Pour en savoir plus

  • Leboeuf, M. et S. Le Tirant. 2012. Papillons et chenilles du Québec et des Maritimes. 391 p.
  • Leboeuf, M. et S. Le Tirant. 2018. Papillons de nuit et chenilles du Québec et des Maritimes. 335 p.

Un autographe SVP, Monsieur le papillon!

Cette semaine, je vous raconte l’histoire d’une photo! Vous avez sans doute remarqué que je vous recommande souvent, lorsque vous prenez des clichés d’invertébrés, de les photographier de tous bords, tous côtés, afin de permettre une identification réussie des individus. Il arrive toutefois que certains insectes présentent des caractéristiques singulières, permettant de les reconnaître à partir d’une simple photo. C’est le cas de notre invertébré de la semaine.

Il faut dire qu’il n’y avait pas de risque que je rate ladite photo. Celle-ci me fut transmise à trois reprises en cinq minutes par mon père (Ah, les parents et la technologie!). Cela dit, le papillon de nuit qui y figurait présentait plusieurs attributs inusités, incluant ce que je pourrais qualifier de « houppes », ainsi qu’une marque pâle de forme particulière sur l’aile. Cette marque était constituée d’une partie supérieure ovale jointe à ce qui ressemblait à un « V » inversé. Selon les individus, ces deux formes ne sont pas toujours liées (voir cette photo tirée de Bug Guide en exemple). En outre, ces caractéristiques me permirent de confirmer l’espèce photographiée : un autographe commun (Autographa precationis).

Autographe commun_1

L’autographe commun observé par mon père

L’autographe commun appartient à la grande famille des noctuelles (Noctuidae), des papillons de nuit dont plusieurs espèces sont bien connues, car elles sont attirées par les lumières les soirs d’été. C’est le cas de notre papillon, que l’on rencontre habituellement dans les champs, les jardins et tout autre endroit ouvert où poussent des herbacées variées. Comme leur période de vol s’étale de l’été au début de l’automne et qu’ils nous côtoient de près, il n’est donc pas inusité que mon père ait observé un individu de cette espèce en ville à ce temps-ci de l’année.

Ce n’est sans doute pas une surprise de rencontrer l’adulte près de lieux où poussent toutes sortes de « mauvaises » herbes : la chenille se délecte d’une vaste variété de plantes herbacées, incluant les pissenlits, les chardons, les plantains, certaines espèces de malvacées, les trèfles et les tournesols. Celle-ci est d’ailleurs très jolie et marie le vert et le noir à perfection (voir cette photographie – les pattes noires et la bande noire englobant les yeux sont deux critères aidant à l’identification).

Autographe commun_détails

Quelques détails pour vous aider à l’identification de cette noctuelle

Quelques adultes d’autres espèces de noctuelles appartenant à la même sous-famille que l’autographe commun (Plusiinae) pourraient être confondus avec ce dernier. C’est cependant la combinaison de la marque pâle sur l’aile avec une tache roussâtre à l’arrière de cette dernière, ainsi qu’une fine ligne blanchâtre dont la base touche pratiquement celle du V inversé, qui permet de le différencier de ses consœurs noctuelles – notamment la fausse-arpenteuse du chou (Trichoplusia ni) qui ne possède pas de ligne pâle (voir ici) ou la chenille arpenteuse du soja (Chrysodeixis includens) dont la ligne est située plus loin vers l’avant (cette photo).

Ce joli papillon de taille moyenne (18 à 20 millimètres de long; envergure des ailes atteignant 38 millimètres) peut produire au moins trois générations par année selon la latitude – Wagner (2005) parle plus précisément de deux générations dans les environs du Connecticut et trois plus au sud. Cette productivité, associée au fait que notre autographe vit près de nos maisons, en fait un papillon de nuit que vous risquez fort d’observer! Avec les froids automnaux qui s’amorcent, c’est toutefois une partie remise pour l’été prochain!

 

Pour en savoir plus

  • Beadle, D. et S. Leckie. 2012. Peterson field guide to moths of Northeastern North America. 611 p.
  • Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
  • Evans, A.V. 2008. Field guide to insects and spiders of North America. 497 p.
  • Wagner, D.L. 2005. Caterpillars of Eastern North America. 512 p.
  • Bug Guide. Species Autographa precationis – Common Looper Moth. http://bugguide.net/node/view/7238
  • Wikipedia. Autographa precationis. https://en.wikipedia.org/wiki/Autographa_precationis