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DocBébitte en bref : des insectes aquatiques qui gardent la forme!

Un des plécoptères photographiés dans mon bol; voyez ses branchies en touffes

Un des plécoptères photographiés dans mon bol; voyez ses branchies en touffes

Vous le savez déjà : j’adore les insectes aquatiques! J’ai récemment découvert que je pouvais, à l’aide d’un nouvel appareil que je me suis procuré, prendre des photos et des vidéos d’invertébrés aquatiques dans un bol que je traîne quand je fais de l’observation. J’y submerge mon appareil – qui est étanche – et je documente tout ce que je vois!

Lors d’une récente promenade en kayak, je profitai de la présence de rapides pour capturer et observer moult spécimens. Je filmai notamment deux plécoptères de la famille Perlidae… qui exécutaient tous deux, par intervalles, ce qui ressemblait à des tractions (push-ups)! Cherchaient-ils à garder la forme?

Autre perle dans le même bol

Autre perle dans le même bol

Bien sûr, il y a une explication logique de ce comportement. Les perles vivent dans les tronçons de rivières où le courant est rapide parce qu’elles ont besoin d’oxygène en bonne concentration pour subsister. Sur les images que j’ai prises, on voit d’ailleurs bien leurs branchies, situées entre leurs pattes, qui sont déployées en touffes. Ces dernières servent à assimiler l’oxygène présent dans l’eau. Or, dans mon bol utilisé aux fins d’observations, on peut dire que le courant est très, très faible! Le fait de brasser l’eau, par l’entremise de tractions, permet vraisemblablement à mes plécoptères de « respirer » un peu mieux!

J’avais observé un phénomène similaire lors du dernier congrès de l’Association des entomologistes amateurs du Québec (AEAQ). J’y effectuais une conférence et j’avais pensé bon avoir quelques invertébrés vivants sous la main à présenter. Les spécimens, recueillis sur le site même du congrès, partageaient un pilulier le temps que vienne ma présentation (il y avait d’autres présentateurs avant moi). Il ne s’agissait malheureusement pas d’un milieu où l’eau était courante et je pus apercevoir des trichoptères de la famille Hydropsychidae (voir cette chronique) s’adonner au même manège que mes plécoptères. Je tournai une courte vidéo qui agrémente la présente chronique. Étant donné qu’une présentation était en cours, les lumières étaient éteintes; je fais appel à votre indulgence quant au degré d’éclairage!

Deux vidéos des plécoptères en pleine séquence de « push-ups » sont aussi disponibles ci-dessous. En espérant que vous apprécierez ces premiers essais filmés sous l’eau. Ce ne sont pas les derniers que je compte effectuer!

Vidéo 1. Première perle qui s’adonne à ce qui ressemble à des tractions!

 

Vidéo 2. Second Perlidae effectuant le même mouvement rapide servant à augmenter la circulation de l’eau à proximité de ses branchies.

 

Vidéo 3. Dans ce pilulier, on voit un trichoptère (Hydropsychidae) exécuter un mouvement similaire, servant également à faire circuler l’eau près de ses branchies, qui sont situées sur la face ventrale de son abdomen.

 

Petites mouches, grosses piqûres!

Lors de la précédente publication DocBébitte, je vous présentais de mystérieux insectes munis de deux appendices plumeux faisant penser à des antennes paraboliques. Non, ce n’était pas une structure conçue pour obtenir un plus grand nombre de canaux télévisés! Il s’agissait plutôt de panaches de soies flanqués sur la tête de deux larves de Simuliidae – les fameuses mouches noires!

Petite, mais terrifiante! Avant et après mon don de sang!

Petite, mais terrifiante! Avant et après mon don de sang!

Les adultes Simuliidae sont sans contredit bien connus des humains, puisqu’ils s’en délectent. Comme chez les autres diptères piqueurs (notamment les maringouins), ce ne sont que les femelles qui piquent. Elles s’offrent un repas de sang riche en protéines avant de pondre leurs œufs dans un milieu aquatique adjacent. Ce sang favorise le sain développement des œufs. Ainsi, malgré qu’elles soient peu aimées à cause de leurs habitudes alimentaires, il s’agit de bonnes mères qui prennent tous les moyens nécessaires pour s’assurer que leurs rejetons ont les meilleures chances de survie!

Notez le rond rouge qui se forme déjà sur le site de la morsure

Notez le rond rouge qui se forme déjà sur le site de la morsure

Je réagis fortement aux piqûres des Simuliidae

Je réagis fortement aux piqûres des Simuliidae

Ce n’est pas un hasard si j’ai choisi de vous parler des simulies à ce moment-ci. Au mois de juillet, nous avons passé une semaine dans un chalet situé entre un lac et une rivière (j’en parlais ici). Le secteur était en outre très marécageux et les différents diptères piqueurs québécois y proliféraient en grand nombre : moustiques, simulies et Tabanidae (mouches à chevreuil et mouches à cheval). Il ne manquait (heureusement) que les brûlots (Ceratopogonidae).

Pendant ce séjour, je me suis constituée une vaste collection de piqûres de toutes sortes. J’ai également pris des photographies et une vidéo d’une simulie à l’œuvre, en train de me croquer! Ce que je notai, c’est que je réagissais nettement plus aux piqûres de ces simulies, les Tabanidae – pourtant beaucoup plus gros – venant en deuxième et les maringouins, en dernière position. La morsure des simulies produisait chez moi un petit point très rouge, lequel devenait rapidement entouré d’une zone enflée de la taille d’une pièce de 2 dollars. Le tout piquait pendant 2 à 3 jours, avec une sensation d’échauffement omniprésent pendant les premières 24 heures. L’application de deux différents produits « anti-démangeaison » n’apportait que très peu de soulagement.

Je savais que les gens réagissaient différemment aux piqûres de ces insectes depuis que j’en avais rencontré en vaste abondance en faisant du terrain lors de ma maîtrise et de mon doctorat. Je notai assez rapidement que mes collègues étaient nettement moins incommodés que moi par les piqûres – qui ne laissaient chez eux que peu ou pas d’irritation. Par ailleurs, j’avais aussi noté que les simulies étaient particulièrement attirées par moi; c’est dire que j’ai du bon sang! Trêve de plaisanteries, je serais curieuse de connaître votre perception à ce sujet : à quel type de diptère piqueur réagissez-vous le plus? Avez-vous déjà noté une différence?

Heureusement, nous sommes chanceux au Québec. Bien que désagréable, la morsure des simulies ne conduit pas à de graves conséquences… Bug Guide indique cependant qu’une victime d’attaques soutenues peut présenter, entre autres, des maux de tête et des nausées, ce que je ne savais pas!

En voyage en Islande, nous étions assaillis par les mouches noires (voir autour de ma tête)

En voyage en Islande, nous étions assaillis par les mouches noires (voir autour de ma tête)

Il n’en est pas de même partout dans le monde. En effet, les mouches noires sont d’importants vecteurs de maladies chez les humains et le bétail dans les pays tropicaux. Elles sont notamment responsables de la transmission du nématode Onchocerca volvulus qui est à l’origine d’une maladie appelée « cécité des rivières » (onchocercose). Entre vingt et quarante millions de personnes (selon les sources) sont présumées souffrir de cette affliction qui, comme son nom le suggère, cause notamment la cécité. Cela dit, ce ne sont pas toutes les espèces de simulies qui s’attaquent aux humains. Par exemple, certaines sont spécialisées dans les oiseaux, alors que d’autres ne se nourriraient simplement pas de sang. Cela pourrait expliquer une observation particulière que nous avions effectuée en voyage en Islande : lors d’une excursion, nous nous sommes retrouvés entourés d’une très grande quantité de mouches noires. Pourtant, bien qu’omniprésentes, elles ne semblaient simplement pas nous piquer. Peut-être étaient-elles attirées par notre chaleur et notre odeur… mais que nous ne constituions pas un mets de choix?

Vous avez sans doute remarqué qu’on retrouve les simulies près des milieux aquatiques. Ce qu’il faut savoir, c’est que les larves évoluent sous l’eau. Plus précisément, les larves de simulies abondent dans les cours d’eau où il y a une certaine circulation (milieux dits lotiques). Selon l’espèce, on peut les observer dans de petits cours d’eau frais et rapides, ou encore dans de plus grandes rivières où le courant est plus lent. Dans ces milieux, les larves parviennent à s’attacher au substrat à l’aide d’une ventouse disposée tout au bout de leur abdomen et entourée d’un cercle de petits crochets. Elles y ajoutent un peu de soie collante, qu’elles produisent à l’aide de leurs pièces buccales.

Larves de Simuliidae

Larves de Simuliidae

Abdomen d’une larve – notez l’anneau de crochets

Abdomen d’une larve – notez l’anneau de crochets

1.Est-ce pour obtenir plus de canaux que ces insectes portent de telles structures?

Les deux larves figurant sur la devinette de la semaine dernière – et leurs panaches de soies!

La soie qu’elles produisent peut également servir de ligne de sécurité, dans le cas où elles se retrouveraient délogées par le courant. Cela leur permet de retrouver le chemin vers leur position d’origine. J’avais remarqué cette capacité des larves à tisser de la soie lors de mes études. En revenant d’une sortie sur le terrain, nous avions mis les sacs d’invertébrés capturés au réfrigérateur. Le lendemain, en voulant trier les organismes, nous nous sommes rapidement retrouvés enchevêtrés dans de petits fils que les larves tissaient… Il faut dire que celles-ci sont très tolérantes au froid (ce que je ne savais pas avant ce moment-là!) et qu’elles reprenaient vie alors que l’on tentait de les manipuler.

Les larves possèdent d’autres caractéristiques étonnantes. Comme je le présentais dans la devinette de la semaine dernière, elles sont munies d’un étrange éventail, situé de chaque côté de la bouche, appelé labial fan par les sources anglophones que j’ai consultées. Je me demandais quelle pouvait bien être la traduction française de ce terme lorsque je tombai sur Moisan (2010) qui les qualifie de « panaches de soies ». Me voilà maintenant plus instruite!

Ces deux appendices servent à capturer les diverses particules en suspension dans l’eau. Nos larves se délectent donc de tout ce que le courant peut leur amener de bon : fines particules de détritus variés, microorganismes algues et bactéries. C’est une fois que les particules ont été capturées dans leurs panaches qu’elles amènent ces derniers vers leur bouche, de sorte à en déguster le contenu.

Cela dit, ce ne sont pas toutes les espèces qui possèdent des panaches de soies. Celles qui n’en sont pas munies se contentent de brouter les algues et les détritus qui poussent et se déposent sur le substrat auquel elles sont accrochées. Et justement, quel substrat constitue un bon habitat pour une mouche noire en devenir? Selon les sources consultées : tout ce qui est solide! Non seulement les larves colonisent les substrats naturels comme les pierres, les troncs, les branches et la végétation aquatique, on les retrouve également sur les supports anthropiques comme les poutres en bois, le béton, le plastique et le métal.

Leur capacité de coloniser un milieu est impressionnante : les larves sont parfois présentes en si grande densité qu’elles recouvrent presque toute la parcelle du cours d’eau examiné. Chez certaines espèces territoriales, une certaine distance est respectée entre les individus. Lorsqu’un voisin s’aventure trop près, la larve qui veille à son territoire tentera de le mordre afin qu’il rebrousse chemin. Chez d’autres espèces, cependant, les individus peuvent s’entasser à un point tel que l’on ne voit qu’un amas noir tapissant le fond de l’eau. Fait intéressant, dans les « colonies » très denses, les simulies profitent de la proximité de leurs voisins pour filtrer et s’alimenter… de leurs excréments! Voilà une source de nourriture facile à récupérer!

Pour terminer, je ne pourrais compléter cette chronique sans vous parler de l’aspect « santé » des cours d’eau – de mes dadas! De façon générale, la famille Simuliidae est identifiée comme étant assez tolérante à la pollution. Voshell (2002) précise cependant que cette sensibilité varie entre les différentes espèces : plusieurs sont en effet tolérantes, alors que certaines sont plus sensibles. Selon ce dernier, l’abondance des larves tend à augmenter lorsque l’on retrouve un peu plus de polluants amenant des détritus et de la nourriture (algues et microorganismes) en suspension. Toutefois, une trop grande charge de nutriments qui conduirait à la prolifération d’algues sur le substrat ou à la réduction des concentrations en oxygène aurait plutôt un effet négatif sur les populations de simulies. Cela est notamment dû au fait que les larves éprouveront de la difficulté à s’attacher au substrat si ce dernier est recouvert d’algues et de détritus. Ironiquement, donc, c’est le long des cours d’eau plutôt propres – ceux auprès desquels on veut s’installer en été – que l’on risque de rencontrer de vastes nuées de mouches noires prêtes à nous croquer!

 

Vidéo 1. Je me suis laissée dévorer tout rond, simplement pour pouvoir vous présenter cette vidéo! Je me suis sacrifiée pour vous! Vous pouvez monter le volume pour entendre certains commentaires que j’émets pendant la vidéo – et mettre en définition HD!

 

Pour en savoir plus

  • Bug Guide. Family Simuliidae – Black Flies. http://bugguide.net/node/view/16613
  • Hauer, F.R., et G.A. Lamberti. 2007. Methods in stream ecology. 877 p.
  • Merritt, R.W. et K.W. Cummins. 1996. Aquatic insects of North America. 862 p.
  • Moisan, J. 2010. Guide d’identification des principaux macroinvertébrés benthiques d’eau douce du Québec, 2010 – Surveillance volontaire des cours d’eau peu profonds. 82 p. Disponible en ligne : http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/macroinvertebre/guide.pdf
  • Thorp, J.H., et A.P. Covich. 2001. Ecology and Classification of North American Freshwater Invertebrates. 1056 p.
  • Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.
  • Wikipédia. Onchocercose. https://fr.wikipedia.org/wiki/Onchocercose

Dans l’œil de mon microscope : l’antenne parabolique!

Le monde des insectes ne cesse de nous surprendre. On y retrouve une si vaste palette de formes et de couleurs que j’en aurai pour le reste de mes jours à vous entretenir sur différents individus.

Les spécimens de cette semaine arborent sur la tête des appendices de forme bien particulière. Élargis et arrondis, on dirait qu’il s’agit d’antennes paraboliques.

À quoi peuvent-ils bien servir? Et à quel type d’insecte appartiennent-ils?

Vous pouvez répondre à cette devinette en vous joignant à la Page Facebook DocBébitte ou encore en inscrivant votre réponse dans la section « Commentaires » de la présente chronique. L’invertébré-mystère vous sera dévoilé lors de la prochaine publication DocBébitte!

1.Est-ce pour obtenir plus de canaux que ces insectes portent de telles structures?

Est-ce pour obtenir plus de canaux que ces insectes portent de telles structures?

Une semaine et demie de biodiversité aquatique ou le bonheur selon DocBébitte!

Asellidae observé dans le lac Croche à la Station de biologie des Laurentides

Asellidae observé dans le lac Croche à la Station de biologie des Laurentides

Larve d’Hydropsychidae, un trichoptère présent en grand nombre dans l’exutoire du lac Croche

Larve d’Hydropsychidae, un trichoptère présent en grand nombre dans l’exutoire du lac Croche

Cette année, mes vacances ont été fortement teintées par un thème qui me tient à cœur : la biodiversité en milieu aquatique. Étant limnologiste de formation, j’ai un faible tout particulier pour les organismes vivant sous la surface de l’eau. On peut donc dire que j’ai filé le parfait bonheur pendant mon congé estival… qui lui a simplement filé trop vite!

Le coup d’envoi a été donné par le 44e congrès de l’Association des entomologistes amateurs du Québec, dont le thème cette année était la biodiversité. Dans le cadre de cette activité annuelle, j’ai eu la chance d’effectuer une présentation sur l’importance des insectes aquatiques comme indicateurs de biodiversité et de santé des milieux d’eau douce. De plus, le congrès se déroulait sur le territoire de la Station de biologie des Laurentides de l’Université de Montréal, un site que je connaissais déjà bien puisque je l’avais fréquenté à maintes reprises lors de mes études. Le territoire de cette station est parsemé d’une vaste quantité de lacs et de ruisseaux et s’avère donc un terrain de jeu de rêve pour tout limnologiste.

Lors de notre séjour, j’ai pu y visiter trois lacs (Croche, Cromwell et Triton), ainsi qu’une tourbière (lac Geai). J’ai pataugé dans l’un des lacs, armée de mon nouvel appareil photo Olympus Tough TG-5, un appareil conçu pour prendre des photos et des vidéos sous l’eau. Ce n’est cependant pas dans ce lac que j’ai observé la plus grande diversité d’invertébrés. En effet, je n’y ai capturé que des mites d’eau (Hydracarina), ainsi que quelques isopodes aquatiques (Asellidae), des cousins de nos cloportes terrestres. Il faut dire toutefois que je m’étais restreinte à une petite bande le long du littoral et que je ne me suis pas aventurée très loin dans le lac.

Un coup de filet dans une tourbière (lac Geai) révèle une grande diversité et abondance

Un coup de filet dans une tourbière (lac Geai) révèle une grande diversité et abondance

Naïade de libellule observée au lac Geai

Naïade de libellule observée au lac Geai

Moule d’eau douce photographiée au lac Bonny

Moule d’eau douce photographiée au lac Bonny

Quatuor d’insectes capturés au lac Bonny

Quatuor d’insectes capturés au lac Bonny

L’exutoire du lac – un petit ruisseau – comportait une bien plus grande diversité d’organismes : écrevisses, trichoptères, éphémères, mégaloptères, odonates et plécoptères, notamment, étaient au rendez-vous. Il en fut de même pour les abords de la tourbière : en quelques coups de filet, nous fûmes en mesure d’observer une grande diversité et densité d’organismes tels que libellules (zygoptères et anisoptères), corises (Corixidae) et larves de dytiques.

Après cette sortie, je passai ensuite une semaine complète aux abords d’un petit lac dans les Laurentides (lac Bonny). J’avais également amené avec moi mon filet troubleau et plusieurs pièces d’équipement destinées à observer et manipuler les invertébrés aquatiques capturés. Naturellement, ces derniers furent tous relâchés après que les observations aient été complétées. En plus de cela, j’ai allégrement barboté dans le lac et pris des photos et vidéos sous-marines à l’aide de ma caméra. Au menu de la semaine figurèrent bon nombre d’insectes, ainsi que plusieurs invertébrés : moules d’eau douce, mites d’eau, ranatres, naïades de libellules et d’éphémères, etc.!

Dans les prochaines semaines, je compte vous parler plus en détail de plusieurs des organismes rencontrés pendant mes vacances… incluant quelques surprises dont je ne fais pas mention ici pour l’instant! D’ici là, je vous souhaite une bonne poursuite de la saison estivale… et peut-être des découvertes aquatiques pour vous aussi?

DocBébitte en bref : une araignée revenante!

Je voulais brièvement partager avec vous une drôle d’observation effectuée ce matin. En me préparant pour le congrès de l’Association des entomologistes amateurs du Québec (AEAQ) qui aura lieu cette fin de semaine, je m’affairais à défaire une boîte remplie d’échantillons d’araignées.

Surprise! Une araignée vivante parmi les flacons d’alcool!

Surprise! Une araignée vivante parmi les flacons d’alcool!

Même individu, autre angle!

Même individu, autre angle!

En juin, j’avais participé à un atelier d’identification d’araignées au cours duquel j’avais amené bon nombre d’échantillons d’araignées disposées dans l’alcool. Étant très occupée, je n’avais pas eu le temps de décharger le tout et avait donc laissé la boîte pleine au sol, dans mon bureau.

Étant donné que j’effectue une présentation sur les invertébrés aquatiques cette fin de semaine, j’avais besoin de troquer les échantillons d’araignées pour des invertébrés aquatiques. Alors que je mettais de côté tout un tas de flacons d’araignées mortes, je fus surprise de voir s’y faufiler une grosse araignée… bien vivante!

Eh non, aucun de mes flacons n’était dévissé et il ne s’agissait pas d’une araignée-zombie qui s’en serait extirpée! Simplement, les recoins de cette boîte en carton semblaient être devenus un habitat d’intérêt pour une sympathique bête à huit pattes!

Au moment d’écrire ces lignes, je manque un peu de temps pour identifier la créature – les préparatifs pour la fin de semaine sont nombreux! Voyant ses filières plutôt longues et sachant qu’il s’agit vraisemblablement d’une espèce vivant dans les demeures, ma présomption pour l’instant est qu’il s’agirait d’une tégénaire, un membre de la famille Agelenidae qui est connu pour vivre dans nos maisons. Malheureusement, les angles de mes photographies laissent planer un petit doute; j’aurais préféré mieux voir l’arrangement des yeux, critère qui aide souvent à l’identification. Or, ma jolie bête avait la bougeotte et je ne pus prendre tous les clichés désirés. Ne vous inquiétez point : je l’ai gentiment relâchée afin qu’elle continue de vaquer à ses activités… Et précision pour la parenté qui aime un peu moins les arachnides : je l’ai relâchée à l’extérieur!