Pour en apprendre plus sur les invertébrés!
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Araignée contre guêpe : à qui la victoire?

En fouillant dans mes archives de l’été dernier, je suis tombée sur un combat singulier entre une grosse araignée et une guêpe que je vous présente en vidéo et en photo ci-dessous.

Avant d’amorcer le « match », je dois avouer que, dans les deux cas, j’ai dû feuilleter mes guides d’identification et fureter sur Internet afin de m’assurer de l’identité des combattants mis en jeu.

Pour l’araignée, le motif moucheté de l’abdomen me semblait plus prononcé que ce que j’avais déjà observé chez des épeires diadèmes (espèce Araneus diadematus). En examinant du côté d’une espèce cousine, Araneus trifolium, cependant, j’éprouvais toujours des doutes. C’est dans le guide de Bradley (2013) que je trouvai quelques critères supplémentaires aidant à l’identification : les épeires diadèmes présentent sur la face dorsale de l’abdomen une zone centrale plus sombre dont les bordures sont ondulées (cet exemple tiré de Bug Guide). Cette zone peut être plus prononcée vers le bas de l’abdomen, selon les individus; c’est ce que j’observai sur mes photographies. Par ailleurs, le céphalothorax (tête et thorax qui sont joints chez les arachnides) est généralement uniforme.

En revanche, les membres de l’espèce Araneus trifolium présentent trois lignes foncées traversant le céphalothorax (au milieu et de chaque côté; voir ce cliché aussi tiré de Bug Guide), alors qu’il n’y a pas de zone plus sombre visible sur la face dorsale de l’abdomen. En comparant avec quelques photos issues de Bug Guide, toutefois, je m’interroge toujours à savoir si j’ai bien identifié mon spécimen. Me fiant aux critères de Bradley (2013), puis aux différents angles des photographies que j’ai prises (elles ne figurent naturellement pas toutes dans la présente chronique!), j’en conclus qu’il s’agirait d’une épeire diadème, mais je suis ouverte à vos commentaires à cet effet – et aux critères qui devraient faire l’objet d’examen plus précis, si nécessaire.

En ce qui concerne la guêpe, si je me fie aux nombreuses photographies que j’ai prises du combat (je vous en fais grâce encore une fois!), elle appartiendrait à l’espèce Eumenes verticalis. Mon doute réside dans le fait que les auteurs du site d’identification des Vespidae que j’ai utilisé (voir la section Pour en savoir plus) indiquent que cette espèce peut être confondue avec Eumenes crucifera. Comme je n’ai qu’une poignée de photographies en main et pas de spécimens, j’ai effectué l’identification de mon mieux, mais sous toutes réserves. Je suis encore une fois ouverte à vos commentaires.

Qu’à cela ne tienne, le combat entre ces deux arthropodes est intéressant à observer. L’issue n’était pas celle à laquelle je m’attendais. L’araignée était énorme comparativement à la guêpe. Or, cette dernière fut très combattive, tentant de piquer l’araignée à moult reprises à l’aide de son dard affilé. Lors du combat, la guêpe s’empara même d’une, puis de deux pattes de l’araignée… qui tentait étonnamment de se défiler!

Sur la vidéo que je vous offre dans la présente chronique, on voit l’araignée tenter tant bien que mal de mordre l’hyménoptère déchaîné. Sur les clichés qui suivent, on peut apprécier la suite du combat, où la guêpe s’empare d’une patte de l’épeire, qui affiche soudainement un air piteux. À la fin, la guêpe réussit à se déloger de la prison de soie que l’arachnide avait commencé à tisser autour d’elle. Elle prendra la poudre d’escampette, laissant notre épeire penaude et vaincue.

Visiblement, ce n’est pas la taille qui compte! Quand on est dans de beaux draps, la combativité peut toujours s’avérer récompensée! Guêpe : 1, Épeire : 0!

Vidéo 1. Début de la joute. L’araignée semble avoir le dessus et cherche à injecter son venin dans la pauvre guêpe enchevêtrée dans sa toile.

Photographies de la suite du combat!

 

La guêpe tient férocement une patte de l’araignée

La guêpe tient férocement une patte de l’araignée

Ne trouvez-vous pas que l’épeire semble piteuse? Elle a complètement cessé d’attaquer la guêpe et cherche simplement à ne pas se faire piquer!

Ne trouvez-vous pas que l’épeire semble piteuse? Elle a complètement cessé d’attaquer la guêpe et cherche simplement à ne pas se faire piquer!

Photo prise tout juste avant l’envol de la guêpe; elle n’est plus enrubannée dans la soie de l’épeire et sera libre dans quelques instants!

Photo prise tout juste avant l’envol de la guêpe; elle n’est plus enrubannée dans la soie de l’épeire et sera libre dans quelques instants!

Pour en savoir plus

Les « bébittes » de nos demeures

Cela fait un peu plus de sept mois que je suis déménagée et il m’apparaît surprenant de ne pas avoir encore croisé le chemin d’un invertébré dans mon humble demeure! Hormis les bestioles naturalisées que j’ai amenées dans des cadres et des piluliers ou encore celles qui reposent toujours au fond de mon congélateur en attente d’identification (avis aux futurs visiteurs : n’ayez crainte, elles ne sont pas mêlées au reste de la nourriture et je ne compte pas les offrir en repas!), je n’ai vu aucune petite bête à 6 pattes ou plus déambuler où que ce soit! L’immeuble où je loge étant flambant neuf, j’imagine que les « envahisseurs » n’ont pas encore eu le temps de s’infiltrer, mais ne sauront tarder!

Cette réflexion m’a donné envie de recenser quelques-uns des invertébrés les plus souvent observés dans nos demeures – qu’ils soient bénéfiques ou non!

Les deux groupes que j’ai personnellement le plus fréquemment rencontrés dans les logements et maisons que j’ai habités sont sans contredit les araignées et les lépismes.

Même individu, autre angle!

Mon « araignée-zombie »! Quelle surprise j’eus!

Grimper aux murs : Check!

Ces « araignées jaunes » sont fréquemment rencontrées dans nos résidences

Plus jeune, chez mes parents, il me semblait que je passais mon temps à tomber sur des araignées. Aucun autre endroit où j’ai habité ne recelait d’autant de ces bêtes à huit pattes. Même encore aujourd’hui, quand je visite mes parents, je croise toujours au moins un sympathique pholque phalangide (suivre ce lien pour en savoir plus) installé dans sa toile tissée dans un recoin humide de la cave et attendant patiemment une proie. D’autres araignées spécialisées dans la chasse au sol, comme ces fameuses « araignées jaunes » (souvent des Clubionidae ou des Eutichuridae du genre Cheiracanthium), se baladent régulièrement sur toutes les surfaces horizontales et verticales possibles.

Dans la maison que j’ai occupée plus récemment à Québec, j’ai également retrouvé bon nombre d’individus appartenant à toutes sortes de familles. Épeires diadèmes, araignées sauteuses (Salticidae), Corinnidae, Agelenidae et j’en passe! Il s’agissait d’espèces que l’on retrouvait beaucoup à l’extérieur autour de la maison et qui s’introduisaient sans doute par inadvertance à l’intérieur. Une de ces dernières – une épeire diadème femelle de taille moyenne – avait tissé sa toile près de la porte d’entrée assez tard à l’automne. Ayant pitié d’elle alors que la température se faisait de plus en plus froide, je la descendis dans la cave, près d’une fenêtre où s’accumulaient des chironomes adultes (petits moucherons). Ceux-ci avaient aussi été introduits par inadvertance dans notre demeure, année après année, lorsque mon ex-conjoint et moi rentrions les poissons de l’étang (voir cette chronique) vers la maison afin qu’ils y passent un hiver douillet (les poissons, pas les chironomes!). Bref, j’espérais que la jolie épeire survive ainsi, nous débarrassant par le même fait des chironomes très abondants, mais je la retrouvai malheureusement morte et desséchée environ deux ou trois mois plus tard.

J’ai quelques anecdotes supplémentaires au sujet d’araignées retrouvées dans des situations particulières : par exemple, cette araignée que j’ai retrouvée vivante au fond d’une boîte pleine de piluliers… d’araignées mortes préservées dans l’alcool (lire l’anecdote complète ici). J’ai sursauté, me demandant pendant quelques fractions de seconde si l’une de mes araignées mortes était en fait revenue à la vie. S’agissait-il d’une araignée-zombie? Ou encore, l’anecdote concernant l’araignée qui avait tissé sa toile dans mon chocolat de Pâques quand j’étais plus jeune (ce billet). En outre, les araignées de nos demeures peuvent bel et bien se retrouver partout… que cela nous plaise ou non! La bonne nouvelle, c’est que ces sympathiques arachnides jouent un rôle très important dans une maison : ils s’alimentent d’autres invertébrés qui peuvent parfois s’avérer envahissants et néfastes (j’en parle dans quelques paragraphes)! Ce sont des colocataires à préserver (sauf dans les contrées où elles posent un danger, bien sûr… mais nos espèces québécoises ne sont point venimeuses)!

Poisson d’argent (Lepisma saccharina)

Poisson d’argent (Lepisma saccharina)

La fameuse coccinelle asiatique

La fameuse coccinelle asiatique

Les lépismes ne font pas proprement partie des invertébrés néfastes (sauf si vous tenez une bibliothèque – vous comprendrez pourquoi dans quelques instants). Ils s’affairent surtout à décomposer les résidus de toutes sortes laissés au sol ou s’accumulant dans des recoins autrement inatteignables: nourriture, cheveux, poussière, moisissures, etc. Ils sont de même susceptibles de se nourrir de la colle utilisée dans la reliure des livres et il arrive parfois que cette attirance alimentaire les conduise à endommager des ouvrages chéris! L’espèce que j’ai la plus souvent rencontrée est celle que l’on surnomme « le poisson d’argent » (Lepisma saccharina), une espèce ayant une affinité pour les recoins sombres et frais. Ce n’est qu’à l’appartement que j’ai occupé à Trois-Rivières où j’ai plutôt côtoyé des thermobies (Thermobia domestica; voir cette page), une espèce de lépisme bariolée qui affectionne les endroits chauds, près des appareils de chauffage ou des chaudières. Dans cette résidence, pas de poissons d’argent en vue; il semble que la niche écologique était plus propice à une occupation par la thermobie. Il faut dire que cet appartement était particulièrement chaud par rapport aux autres demeures où j’ai habité… Est-ce que cela expliquait la présence d’une espèce plutôt qu’une autre? Je serais curieuse de connaître la réponse, si certains d’entre vous la connaissent!

Pour ce qui est des espèces moins appréciées – car généralement plus envahissantes ou dérangeantes –, citons d’abord les coccinelles asiatiques. J’ai récemment parlé de cette espèce d’insecte, question de pouvoir mieux répondre aux interrogations d’un collègue de travail dont le chalet s’est retrouvé envahi par des centaines d’individus de ce groupe. Ces coccinelles introduites en Amérique du Nord sont en effet susceptibles d’envahir les demeures en très grand nombre. Bien qu’elles ne détruisent pas nos denrées ou nos biens, leur simple abondance – parfois en quantité hallucinante – s’avère dérangeante.

Mites des vêtements (chenilles)

Mites des vêtements (chenilles)

Mite des vêtements (adulte)

Mite des vêtements (adulte)

Malheureusement s’ajoutent à cette liste des espèces d’insectes nettement plus néfastes. Les mites des vêtements sont sans doute connues de plusieurs… Plus jeune, j’entendais parler des fameuses « boules à mites » sans trop savoir de quoi il s’agissait. C’est quand j’observai, dans ma précédente demeure, de petits papillons brunâtres, suivis de petites chenilles enroulées dans des fourreaux de tissus, que je fis la connaissance de cette espèce – Tinea pellionella (cette chronique). Par chance, après deux années de nettoyage régulier et, parfois, de collecte manuelle (aie-je besoin de mentionner que je possède plusieurs chenilles de cette espèce dans ma collection d’invertébrés!), les observations se firent de moins en moins fréquentes, jusqu’à devenir nulles. Du moins, c’était le cas quand j’ai déménagé en septembre dernier!

Les dermestes constituent un autre groupe que l’on retrouve régulièrement dans les maisons. Ce sont des coléoptères dont les larves – les plus souvent observées – ressemblent à de petites chenilles brunes et poilues. Il existe différentes espèces de dermestes, certaines passant plus inaperçues que d’autres. J’avais déjà parlé des dermestes du lard (ici), rencontrés dans un chalet où j’avais eu le loisir de séjourner. Ces bêtes peuvent s’attaquer aux denrées alimentaires et s’avèrent un cauchemar pour tout entomologiste, car elles s’attaquent également aux insectes de collections.

Larve de dermeste qui était cachée dans un insecte que j’avais recueilli mort au sol

Larve de dermeste qui était cachée dans un insecte que j’avais recueilli mort au sol

Dermeste du lard adulte (recueilli mort)

Dermeste du lard adulte (recueilli mort)

Anthrène des tapis adulte

Anthrène des tapis adulte – il est tout petit au creux de ma main

On retrouve aussi fréquemment d’autres espèces de dermestes dans les maisons, lesquelles semblent moins dérangeantes que les dermestes du lard si je me fie aux sources consultées (Internet abonde de sites d’extermination pour les dermestes du lard lorsque l’on fait une recherche sous le simple terme « dermeste »). Pourtant, l’espèce la plus souvent observée dans nos maisons serait l’anthrène des tapis – ce qui semble être l’espèce que j’ai photographiée à quelques reprises dans ma précédente demeure : un petit coléoptère plutôt bigarré. J’avais auparavant entraperçu moult larves, mais je ne savais pas à quelle espèce elles appartenaient avant de réaliser que les petits coléoptères que j’observais occasionnellement étaient des dermestes adultes. L’anthrène des tapis se nourrit d’une grande variété d’aliments tels que les peaux, la laine, les fourrures, ainsi que toutes sortes de denrées alimentaires (gâteaux, graines, céréales, etc.). Il peut s’avérer aussi un problème pour ceux qui possèdent des collections d’insectes naturalisés – un vrai délice à leurs yeux! Enfin, les dermestes constituent visiblement un des pires cauchemars de tout entomologiste collectionneur!

Une pléiade d’autres organismes peut être observée dans nos demeures. Certains sont occasionnels, comme ce charançon figurant dans l’une de mes toutes premières chroniques DocBébitte. D’autres font hérisser les poils de nos nuques, comme les punaises de lit, que j’ai eu la chance de ne pas côtoyer!

Éventuellement, qui sait, j’aménagerai peut-être dans un nouvel endroit me permettant d’effectuer davantage de découvertes entomologiques que je pourrai partager avec vous – en espérant toutefois qu’elles ne soient pas désagréables! D’un autre côté, peut-être que mon présent appartement ainsi que le voisinage que j’ai peu eu le temps d’explorer à ce jour (l’hiver tire à sa fin, enfin!) me permettront également de vous faire part de savoureuses anecdotes entomologiques!

Entre temps, n’hésitez pas à faire part de vos propres observations : quelles sont les bêtes invertébrées que vous observez le plus dans vos résidences? Sont-elles envahissantes? Bénéfiques ou nuisibles? Sympathiques ou détestables? Au plaisir de vous entendre sur le sujet!

 

Pour en savoir plus

Les superpouvoirs des araignées (ou Spider-Man peut aller se rhabiller)!

Je demandais récemment aux lecteurs de DocBébitte.com s’ils avaient des sujets à proposer pour une prochaine chronique. Une des suggestions portait sur les araignées – en particulier leur morphologie en ce qui concerne la reproduction. J’avais déjà abordé le sujet dans ce précédent billet, mais il me semblait qu’il y avait encore matière à rédaction! Et j’avais un filon à exploiter!

Il m’était arrivé à plusieurs reprises d’avoir la réflexion suivante : « Spider-Man : plutôt cool, mais biologiquement incorrect! ». Et encore, si Spider-Man était biologiquement correct, à quoi ressemblerait-il? Il est vrai que cette interrogation est purement rhétorique… on demeure d’une façon ou d’une autre dans le domaine de la science-fiction! Mais il me semblait néanmoins amusant de lancer le débat!

Les araignées sont des championnes pour produire de la soie!

Les araignées sont des championnes pour produire de la soie!

J’ouvre donc le débat en précisant que je ne prétends pas être une grande connaisseuse du monde de Spider-Man. J’ai ainsi dû fureter quelque peu sur Internet pour mieux connaître la vaste palette des pouvoirs dont peut faire preuve cet illustre personnage (certains étant plus obscurs et peu présentés au grand écran). En revanche, il m’était plus facile de vanter les prouesses de nos amis arachnides, ayant déjà en main plusieurs ouvrages les concernant. Qu’à cela ne tienne, je me lance, par pur amusement (et parce que ça fait bien quelques années que je me dis que je devrais le faire), dans cette chronique comparative! Que les fanatiques de Spider-Man ou encore que les arachnologues – profanes ou experts – me corrigent s’ils le souhaitent!

Que l’on amorce le débat!

Joute 1 : Production de soie.

Bon, Spider-Man peut produire de la soie comme une araignée, mais il le fait à partir des poignets. Les araignées produisent-elles la soie à partie de leurs pattes? La réponse est non, bien sûr! Pour la quasi-totalité des espèces, la soie est produite par les filières ou le cribellum, deux groupes d’organes situés tout au bout de l’abdomen. Il y a bien un groupe qui produit de la soie à l’aide de glandes modifiées situées au niveau des pièces buccales (Scytodidae, voir les vidéos sur ce site Internet), mais ça se termine ici. Spider-Man n’est pas biologiquement correct, mais je comprends le choix de l’auteur : ça n’aurait sans doute pas été très élégant de créer un superhéros qui éjecte de la soie par son arrière-train!

Autre point concernant la soie : Spider-Man éjecte sa soie à de vastes distances. Selon Paquin et Dupérré (2003), nos araignées québécoises doivent tirer hors de leur corps la soie qu’elles produisent à l’aide de leurs pattes ou encore en accrochant cette dernière à un substrat et en s’y éloignant. Il n’est donc pas question de voir de vastes quantités de soie « gicler » hors de nos arthropodes… sauf encore une fois si l’on pense à notre araignée distincte susmentionnée qui projette la soie par les pièces buccales.

Bref, pour cette joute… Araignée : 1, Spider-Man : 0!

Grimper aux murs : Check!

Grimper aux murs : Check!

Adhérer à une lentille d’appareil photo… Check!

Adhérer à une lentille d’appareil photo… Check!

Joute 2 : Marcher au plafond et à la verticale sur les murs.

Dans Spider-Man (ce petit extrait tiré de YouTube), on suggère que le bout des doigts du héros serait tapissé de multiples petites aiguilles barbelées rétractables. Initialement, je croyais que les caractéristiques qui permettaient aux araignées de déambuler au-dessus de nos têtes étaient les 2 à 3 griffes qui ornent chacune de leurs pattes. J’étais donc prête à accorder à Spider-Man une égalité. Or, en me documentant aux fins de la présente chronique, je fus surprise d’apprendre que ce seraient plutôt les multiples petits poils situés au bout des pattes des araignées qui contribueraient à l’adhésion de ces dernières à toute surface. Plus spécifiquement, des chercheurs ont découvert que ces poils étaient eux-mêmes recouverts de poils encore plus petits séparés en une multitude de pointes. Les points de contact devenant donc infiniment multiples – et dans l’infiniment petit – on se retrouve en présence de forces d’attraction positives et négatives qui font en sorte que l’araignée peut « coller » aux surfaces qu’elle arpente (voir la section « Pour en savoir plus » où les sources citées parlent de la force de van der Waals et offrent plus de détails experts que je ne saurais le faire ici).

Sachant cela, je me demande malgré moi si Spider-Man aurait vraiment pu s’agripper à un mur avec seulement les doigts (et les orteils, je présume?) munis de griffes et de poils. Me pose-je vraiment cette question? Après m’être demandé si je me perdais dans les dédales d’une réalité de toute façon impossible, j’eus l’heureuse surprise de découvrir que plusieurs personnes s’étaient déjà posé la question : voir cette vidéo. Youpi! Je ne suis pas la seule nerd dans la pièce! Et voici la réponse : il faudrait dévouer 40% de notre surface corporelle pour « coller » aux murs comme le font les araignées… quoi qu’un matériau artificiellement créé (voir encore une fois la vidéo ci-dessus qui l’expliquera fort mieux que moi) permettrait d’effectuer cette prouesse en n’utilisant qu’une maigre surface de notre corps – soit 7,5 cm2.

Or, pour l’instant, mon verdict serait quand même : Araignée : 1, Spider-Man : 0!

Joute 3 : « Spider-sense ».

ScreenRant (2017) mentionne un “spider-sense », soit une sorte de sixième sens arachnéen. Il semble que cette caractéristique permette à notre héros de « sentir » le danger venir, avant même de l’avoir perçu par ses cinq sens. Ici, je peux vous dire qu’il y a des ressemblances avec nos arachnides. Les pattes des araignées sont munies de petits poils nommés trichobothries, qui servent à détecter de subtils mouvements dans l’air ambiant. Elles peuvent donc détecter la présence d’individus (lire de proies) à proximité sans avoir à les voir. Cette capacité varie sans doute entre les groupes d’arachnides, certaines étant dotées de grands yeux (comme les Salticidae) alors que d’autres, moins visuelles, s’appuient fort probablement davantage sur ce sixième sens.

J’accorde l’égalité!

Les organes copulateurs chez les mâles sont situés… de chaque côté de leur tête!

Les organes copulateurs chez les mâles sont situés… de chaque côté de leur tête!

Joute 4 : Pièces génitales… Euh, parce qu’il faut bien en parler!

Sérieusement, il s’agit d’une importante erreur biologique qui n’aurait cependant pas eu un bon rendu au cinéma ou dans les revues. Chez les femelles araignées, les pièces consacrées à la reproduction sont situées sur l’abdomen, là où l’on pourrait s’y attendre, mammifères que nous sommes. Or, les mâles araignées portent leurs organes copulateurs… de chaque côté de la tête! Le dernier segment de leurs pédipalpes – des palpes qui ressemblent à une petite paire de pattes de chaque côté de leur tête – est en effet modifié et doté d’un renflement qui comprend les différents organes servant à la copulation. Si vous souhaitez voir un accouplement d’araignées, vous pouvez jeter un coup d’œil à cette précédente chronique et aux vidéos associées.

Pour la joute 4, côté adéquation biologique, je dirais indéniablement: Araignée : 1, Spider-Man : 0.

Prochaines joutes?

Voilà! Je sais qu’il y a d’autres superpouvoirs – tant du côté de Spider-Man que de celui de nos araignées chéries – à comparer, mais je souhaitais lancer le débat et vous laisser, chers lecteurs, alimenter la discussion. Pencherez-vous pour Spider-Man ou pour la classe Arachnida? Que le meilleur gagne!

Vous pouvez faire vos commentaires sur le sujet dans la section « Commentaires » liée à la présente chronique ou encore vous joindre à la Page Facebook DocBébitte pour susciter davantage d’interactions!

 

Vidéo 1. Afin d’extraire la soie de son corps, l’araignée utilise ses pattes ou, comme ici, adhère la soie à un objet en mouvement.

Pour en savoir plus

Sors de ta coquille! Les mulettes d’eau douce.

Tout un tas de moules d’eau douce m’attendait au lac Bonny

Tout un tas de moules d’eau douce m’attendait au lac Bonny

Les chroniques DocBébitte font largement place aux arthropodes – soit les organismes invertébrés munis de pattes segmentées. Je vous parle moins souvent des autres formes d’invertébrés, souvent plus mystérieux et moins prisés des entomologistes amateurs. Pourtant, bon nombre d’entre eux sont connus et font partie de notre quotidien.

À titre d’exemple, si vous vivez aux abords d’un plan d’eau permanent (lac ou rivière) – ou encore que vous adorez patauger dans l’eau comme je tente de le faire chaque été –, vous connaissez sans aucun doute la bête dont je compte vous entretenir.

Il s’agit des grosses moules d’eau douce, communément appelées mulettes. Elles appartiennent à l’un de nos trois grands groupes de moules d’eau douce au Québec : les Unionidés. Ce groupe, qui comprend deux familles (Margaritiferidae et Unionidae), est facile à distinguer des deux autres groupes (Sphaeriidés et Dreissenidés). Alors que ces derniers sont relativement petits et font quelques centimètres (environ 2 à 5 cm selon le groupe), les Unionidés sont susceptibles d’atteindre une impressionnante taille de 20 à 25 cm!

Les mulettes sont des mollusques qui font partie de la classe des Bivalves. Comme le nom le suggère, il s’agit d’invertébrés dont le corps mou est protégé par deux coquilles ou « valves » coriaces qui se referment l’une sur l’autre. L’anatomie de la moule est différente de ce que l’on est habitué d’observer : le corps se constitue de systèmes digestif, circulatoire, reproductif et nerveux rassemblés en une masse; il est dépourvu de pattes ou d’organes sensoriels comme les yeux. Il est également constitué de muscles qui servent notamment à garder les deux coquilles fermées. De plus, les moules sont munies d’un « pied » qui ressemble à une sorte de langue qu’elles utilisent pour se déplacer sur le substrat ou encore pour s’y enfouir.

En effet, malgré leur apparence, les moules sont bien vivantes et capables de se mouvoir. L’été dernier, lors d’une escapade en chalet aux abords du lac Bonny, dans les Laurentides, j’eus le plaisir de jouer allègrement dans le lac… dont les rives vaseuses étaient infestées de larges moules d’eau douce. Je n’en avais jamais vu autant! Le fond du lac était zébré de nombreux sillons formés par les moules en déplacement.

Orifice inhalent (bas) et orifice exhalent (haut)

Orifice inhalent (bas) et orifice exhalent (haut)

Sillons générés par les moules

Sillons générés par les moules

Aussi, je pus observer et filmer plusieurs moules alors qu’elles s’affairaient à filtrer l’eau. Les mulettes se nourrissent et « respirent » en aspirant l’eau par un orifice servant de siphon. Plus précisément, elles sont munies de branchies qui absorbent l’oxygène contenu dans l’eau et qui servent également à filtrer les débris en suspension dans l’eau. Ainsi, les moules sont considérés comme des filtreurs : animaux et plantes microscopiques, détritus variés, bref tout ce qui flotte dans la colonne d’eau devient le dîner de mesdames!

La filtration de l’eau est aussi utile dans le cadre du cycle reproducteur. C’est en filtrant l’eau que la moule femelle capte le sperme du mâle… À noter que j’ai appris (peut-être tout comme vous ici) que les sexes des mulettes québécoises sont séparés. Cela dit, le cycle reproducteur des moules est tout à fait intrigant! Le développement des embryons se fait dans la moule, mais les larves – les glochidiums – doivent être éjectées par la mère afin de parasiter des poissons. Pour s’assurer que ses rejetons ont toutes les chances de survie, la mère utilisera différents stratèges. Un de ceux-ci consiste à agiter, tel un pêcheur, un paquet de glochidiums retenu par un filament comme s’il s’agissait d’un leurre. Les poissons qui osent jeter un regard de plus près se feront projeter au visage un tas de petites larves, prêtes à y élire domicile. Une autre tactique est d’attirer les poissons prédateurs en brandissant un appendice qui ressemble à une proie. Une étonnante démonstration peut être visionnée dans cette vidéo tirée de YouTube. Pour les gens qui, comme moi, sont fascinés par l’évolution, cette vidéo vous intéressera sans aucun doute!

Ces stratégies ont toutefois leurs limites : non seulement les poissons doivent s’approcher suffisamment de la mère, mais l’espèce à laquelle ils appartiennent doit être compatible avec cette dernière. Néanmoins, les larves qui parviennent à s’accrocher passeront d’un à six mois sur l’hôte choisi. Après cette période de parasitisme, elles se laisseront tomber au fond du lac, où elles grandiront de façon très rapide pendant environ six ans. Si les conditions sont favorables, nos moules pourraient vivre quelques dizaines d’années, voire jusqu’à cent ans selon l’espèce.

Parlant de conditions favorables, les mulettes constituent des organismes particulièrement sensibles à la pollution du milieu qu’elles habitent, étant donné qu’elles filtrent les polluants qui se retrouvent dans la colonne d’eau. D’ailleurs, malgré leur présence historique dans nos eaux, il semble malheureusement que plusieurs moules soient en danger de disparition. Parmi les principaux suspects au banc des accusés, nommons la pollution organique liée aux différentes activités humaines (agriculture intensive, industries, rejets urbains, etc.), ainsi que la dégradation de l’habitat par l’érection de barrages qui modulent non seulement l’écoulement de l’eau, mais peuvent altérer les communautés de poissons-hôtes.

Coquilles recueillies aux abords du fleuve Saint-Laurent – elles sont de bonne taille!

Coquilles recueillies aux abords du fleuve Saint-Laurent – elles sont de bonne taille!

L’introduction des moules zébrées pose aussi un grave problème pour la diversité et l’abondance de nos grandes moules. La moule zébrée (famille des Dreissenidés) est une espèce exotique envahissante qui a en effet une capacité de colonisation que je qualifierais d’hallucinante! Selon une des sources consultées, la densité des moules zébrées dans le fleuve Saint-Laurent peut atteindre quelque 20 000 individus par mètre carré! Les pauvres mulettes, qui offrent une belle surface de colonisation, se retrouvent rapidement envahies et étouffées par ces concurrentes exotiques. L’ouvrage de Paquet et al. (2005) réfère à une étude dans la rivière Rideau, en Ontario, où les mulettes recueillies portaient en moyenne… 809 moules zébrées chacune!

Pour terminer, connaissez-vous le bateau-laboratoire de l’Université du Québec à Trois-Rivières baptisé Lampsilis? Quel est le lien avec la présente chronique, me direz-vous? Eh bien, j’ai eu l’honneur de faire partie du comité de sélection du nom de ce fameux bateau qui sillonne le Saint-Laurent à des fins de collecte de données scientifiques… et le nom qui lui fut donné tire son origine d’une moule! La moule Lampsilis (genre) donna également son nom au célèbre lac qui prit la place de la mer de Champlain lorsque les eaux salées devinrent douces. Ce serait notamment par la découverte des restes de moules Lampsilis éparpillés sur la terre ferme que les chercheurs auraient déterminé l’étendue géographique de cet ancien lac.

Si vous voulez en savoir plus sur les moules d’eau douce (il y en aurait encore beaucoup à dire), je vous conseille de jeter un coup d’œil aux différentes sources citées. En particulier, j’ai beaucoup aimé l’article rédigé par des collègues québécois travaillant au secteur Faune et publié dans le Naturaliste canadien (Paquet et al. 2005). Je m’en suis grandement inspirée pour vous concocter la présente chronique, car il était très riche en information et faisait un bel éclairage sur la situation des mulettes au Québec. Bonne lecture!

 

Vidéo 1. Lors de mon escapade au lac Bonny, j’ai observé, touché et… ri un peu des moules qui se refermaient rapidement lorsque je leur touchais (on peut m’entendre rire sur la vidéo)!

 

Pour en savoir plus

Des arachnides sous l’eau

Plus tôt cet été, je vous avais brièvement relaté un fantastique épisode dans le cadre duquel j’avais pu patauger à volonté dans quelques lacs et rivières de la région des Laurentides (cette capsule). Je vous avais alors promis de vous parler plus en détail de quelques-uns des invertébrés rencontrés.

Chose promise, chose due, je compte aujourd’hui vous entretenir au sujet d’un tout petit arachnide aquatique peu connu de la population générale. Si vous êtes toutefois amateur de la photographie d’insectes, vous avez peut-être déjà vu cette bête accrochée à quelques spécimens d’envergure comme des libellules. Notre invertébré vedette est, en fait, une « mite d’eau » – nommée Hydrachnidia ou Hydracarina. À noter que, selon Voshell (2002), ces deux termes ne représentent pas un groupe taxonomique précis et ont été conçus par des entomologistes afin de pouvoir mieux désigner ce vaste groupe composé d’individus aux mœurs variées. En outre, ils regroupent l’ensemble des acariformes aquatiques.

Les hydracariens peuvent être très petits

Les hydracariens peuvent être très petits

Ce spécimen, plus gros, était un bon nageur (voir la vidéo 1 ci-dessous)

Ce spécimen, plus gros, était un bon nageur (voir la vidéo 1 ci-dessous)

Les mites d’eau sont très abondantes dans les milieux d’eau douce. Or, leur taille généralement petite (moins de 1 mm à 7 mm) fait en sorte qu’elles passent inaperçues. Ces minuscules arachnides peuvent se mouvoir avec aise dans la colonne d’eau, certaines espèces étant plus habiles à la nage que d’autres. Avec huit pattes pour se propulser, plusieurs sont en mesure de se déplacer rapidement, comme en témoignent les vidéos que j’ai prises et qui accompagnent le présent billet. Les espèces moins « sportives », quant à elles, déambulent paisiblement sur le substrat au fond des lacs et rivières, ainsi que le long des plantes submergées… ou encore se creusent un nid douillet sous les sédiments déposés au fond de l’eau.

Ces organismes se reconnaissent facilement, pourvu qu’ils se laissent observer! Leur corps est majoritairement constitué d’un gros abdomen bien rond, le céphalothorax étant pratiquement imperceptible. Huit pattes sont visibles (six seulement chez les larves), ainsi que deux pédipalpes protubérants situés à l’avant de la tête. Ils peuvent être de coloration variable. Certains portent le brun ou le noir pour bien se fondre à leur environnement. D’autres arborent des couleurs plus vives comme le rouge, l’orange, le jaune, le vert ou le bleu. Les sources consultées suggèrent que le rouge vif serait synonyme d’un goût désagréable, faisant en sorte que les individus portant cette couleur seraient moins sujets à la prédation par les poissons.

Comme tout arachnide digne de ce nom, nos mites sont munies de chélicères armées de crocs, qui servent à percer les tissus et siroter les fluides de divers animaux et plantes. Les différentes espèces d’hydracariens présentent un comportement alimentaire fort varié : herbivores, prédateurs, collecteurs-filtreurs, charognards, toute méthode est bonne! Certaines constituent des parasites externes d’autres insectes. Fait intéressant, quel que soit le mode d’alimentation des adultes, toutes les larves s’avèrent être des parasites d’invertébrés aquatiques. Ces dernières s’accrochent à une pléiade d’insectes, notamment les libellules, les punaises d’eau géantes, les plécoptères, les corises et les dytiques, que l’on peut plus facilement observer. Elles s’attaquent aussi à maintes larves d’insectes aquatiques (entre autres maringouins et chironomes), crustacés et mollusques qui demeurent tapis sous l’eau et qui sont, par conséquent, moins connus. J’ai, pour ma part, photographié quelques individus cramponnés à des demoiselles (Odonata), ainsi qu’à une punaise d’eau du genre Belostoma.

Voyez-vous les nombreuses mites accrochées à l’abdomen du mâle?

Voyez-vous les nombreuses mites accrochées à l’abdomen du mâle?

Plusieurs mites parasites étaient fixées sur cette punaise

Plusieurs mites parasites étaient fixées sur cette punaise

Le parasitisme associé aux mites d’eau semble jouer un rôle important dans la régulation des populations de divers organismes aquatiques. Dans les milieux où elles sont foisonnantes, elles contribueraient à diminuer de façon notable l’abondance de leurs proies préférées. Aussi, les larves d’insectes fortement touchées peuvent, une fois émergées en tant que femelles, être suffisamment affaiblies de sorte à pondre un moins grand nombre d’œufs. Naturellement, le taux de survie des individus vivement assaillis diminue au fur et à mesure qu’augmente l’intensité du parasitisme.

Les mites d’eau sont retrouvées dans des milieux aquatiques fort variés où elles prolifèrent en grande abondance. Selon Thorp et Covich (2001), un seul mètre carré de substrat localisé dans la zone littorale bien fournie en végétation aquatique d’un lac eutrophe (état de santé d’un lac qui s’avère enrichi par la matière organique, les algues et les plantes) peut soutenir jusqu’à quelque 2000 individus – un minimum de 25 genres et de 75 espèces! C’est en nageant parmi les herbiers poussant à un mètre de profondeur aux abords d’un petit lac l’été dernier que je pus en effet filmer quelques individus en action et les capturer pour mieux les examiner (tous ont ensuite été relâchés sans dommage!). C’était vraiment étonnant de voir de petites taches rouges se déplacer rapidement autour de moi sous l’eau.

Les rivières ne sont pas en reste : toujours selon Thorp et Covich (2001), le substrat rocheux des ruisseaux et des rivières à courant rapide s’avère, lui aussi, un habitat de choix. Un mètre carré de ce substrat peut comprendre 5000 spécimens appartenant à plus de 30 genres et 50 espèces. C’est donc dire que ces petites bêtes sont omniprésentes!

La capacité des invertébrés à respirer sous l’eau constitue un sujet qui m’a toujours fascinée (voir cette chronique). Les tactiques employées par les invertébrés aquatiques (quels qu’ils soient), sont multiples, incluant l’utilisation de tubes respiratoires, de branchies externes et de branchies cachées dans une chambre où l’eau peut circuler. Chez les hydracariens, la respiration s’effectue simplement par diffusion de l’oxygène contenu dans l’eau à travers les parois de l’exosquelette. Chez les individus munis d’un exosquelette plus rigide, on peut noter la présence de pores dispersés au travers des « plaques » qui facilitent davantage la diffusion des gaz.

Bien que l’été nous ait déjà quittés depuis un petit moment, j’ai une suggestion d’activité que vous pourriez mettre à votre agenda lorsque la chaleur sera de retour (ouf, je ne passerai pas l’hiver si j’ai déjà hâte à l’été prochain!). En effet, je vous propose de vous munir de lunettes de plongée et d’un tuba afin de sillonner les herbiers de plantes aquatiques qui jonchent le littoral d’un lac que vous aurez choisi (pour des suggestions, vous pouvez toujours communiquer avec moi!). En ouvrant l’œil attentivement, vous devriez pouvoir observer quelques hydracariens se déplaçant habilement dans la colonne d’eau… et peut-être même plus!

 

Vidéo 1. Cet été, je me suis amusée à donner quelques coups de filet dans un lac des Laurentides (lac Bonny). On peut d’abord voir une mite d’eau rouge nager dans un petit contenant. Ensuite, je vous transporte vers un bol plus gros contenant de nombreuses mites qui se déplacent vivement. Le bol représente le contenu de quelques coups de filet donnés en zone littorale du lac.

 

Vidéo 2. Mite d’eau capturée dans le lac Cromwell à l’été 2017, sur le territoire de la Station de Biologie des Laurentides. Celle-ci est brune.

 

Vidéo 3. Lors d’une petite sortie en apnée, j’ai pu filmer ces deux mites rouges à la nage, au fond du lac. La mise au point n’est pas idéale (difficile de garder sa stabilité dans une masse d’eau en mouvement!), mais l’on peut bien voir les deux « points » rouges se mouvoir.

 

Pour en savoir plus

  • Bug Guide. Hydrachnidia – Water Mites. https://bugguide.net/node/view/729566
  • Moisan, J. 2010. Guide d’identification des principaux macroinvertébrés benthiques d’eau douce du Québec, 2010 – Surveillance volontaire des cours d’eau peu profonds. 82 p. Disponible en ligne : http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/macroinvertebre/guide.pdf
  • Thorp, J.H., et A.P. Covich. 2001. Ecology and Classification of North American Freshwater Invertebrates. 1056 p.
  • Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.