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Qui est la belle… dame?

L’hiver est à nos portes et le temps gris nous donne envie de rêver aux insectes colorés qui ont agrémenté notre été! Quoi de mieux que de vous parler d’un joli papillon qui a fait la une alors que l’été 2017 tirait à sa fin?

La belle dame (Vanessa cardui) a effectivement fait couler de l’encre, apparaissant par dizaines dans les jardins québécois aux mois d’août et de septembre. Ce lépidoptère, de la famille des Nymphalidae, est un cousin du vulcain dont je vous ai récemment parlé.

Belle dame

Belle dame

Belle dame, vue dorsale

Belle dame, vue dorsale

À nos latitudes, nous avons le loisir d’observer deux générations de belles dames par année : une première du mois de mai à la mi-juillet et une seconde de la troisième semaine de juillet jusqu’à la mi-octobre. L’abondance de la belle dame est cyclique : certaines années, elle se fait rare, alors qu’à d’autres, elle est observée en très grand nombre. Cette année était la bonne!

J’en ai moi-même observé à la pelletée en allant prendre mes marches régulières autour du parlement à Québec… et ce, jusqu’à tard au mois d’octobre. Chaque fois, je n’étais malheureusement munie que de mon iPhone, mais les bêtes étaient si abondantes que je pus tout de même capturer une poignée de clichés potables. Les individus semblaient particulièrement attirés par des fleurs orangées très vivement colorées, ce qui nous donne un petit « punch » de couleur supplémentaire pour contrer toute la présente grisaille!

À cet effet, le papillon belle dame se délecte du nectar d’une très grande variété de fleurs : centaurées, achillées, rudbeckies, phlox, myosotis, sedum, chardon et j’en passe! La chenille, quant à elle, ne fait pas la fine bouche non plus et se retrouverait sur au-delà d’une centaine de plantes-hôtes différentes – dont plusieurs astéracées incluant le chardon. Il s’agit d’une espèce qui affectionne tout particulièrement les milieux ouverts (jardins, champs, abords de routes) et il n’est donc pas étonnant de la surprendre dans des herbacées – ce qu’on appelle « mauvaises herbes » –, propres à ce type de milieu.

La chenille est plutôt poilue et épineuse. Sa coloration est variable et sa robe peut passer du jaune verdâtre au noir (voir cette page tirée de Bug Guide). Toutefois, sa tête est toujours noire. Elle produit de la soie et se concocte un petit nid douillet dans les plantes qu’elle affectionne, à l’instar du vulcain dont je vous avais déjà parlé (cette photo de Sylvie Benoit). Lors de pics de forte abondance, la chenille peut devenir une peste et dévorer les plants bien-aimés des cultivateurs et des jardiniers.

Photographie soumise dans le cadre du premier concours de photographie DocBébitte en 2013 et représentant une belle dame

Photographie soumise dans le cadre du premier concours de photographie DocBébitte en 2013 et représentant une belle dame

La belle dame est reconnue pour son puissant vol. Elle est une migratrice par excellence. Elle aurait été rencontrée jusqu’au Groenland et en Islande, rien de moins (je l’envie d’ailleurs, car j’ai déjà visité l’Islande et c’est une superbe contrée où se retrouver!). L’aire d’hivernage des individus rencontrés au Québec se situe au Mexique ou au sud des États-Unis. C’est habituellement en septembre qu’ils entreprennent leur périple vers des cieux plus cléments. Cependant, leur départ aurait été tardif en 2017 à cause de vents migratoires moins favorables liés à la belle période de chaleur que nous avons eue.

Il s’agirait par ailleurs du papillon diurne le plus connu mondialement, ce qui lui aurait valu le nom de « papillon cosmopolite ». Cette jolie bête s’est, par conséquent, retrouvée sur des timbres de quelques pays parsemés autour du globe : Îles Féroé, Arabie saoudite et Hongrie. Avis aux entomologistes qui s’avèrent aussi philatélistes à leurs heures (ou vice versa)!

Cela dit, il semble que tout pic d’abondance de la belle dame soit suivi d’une année de rareté. Il faudra donc peut-être patienter quelques années avant de pouvoir apprécier de nouveau cette belle connue!

 

Vidéo 1. Belle dame observée dans les jardins du parlement à Québec à la fin du mois d’août 2017.

 

Pour en savoir plus

Des chenilles de toutes les couleurs!

C’est une branche! Non, c’est une chenille (B. betularia)!

C’est une branche! Non, c’est une chenille (B. betularia)!

Jolie chenille bariolée (Hétérocampe verdâtre)

Jolie chenille bariolée (Hétérocampe verdâtre)

Quelle observation inusitée (pour moi, du moins) : l’acronicte spatulée!

Quelle observation inusitée (pour moi, du moins) : l’acronicte spatulée!

Au début du mois de septembre, j’eus la chance de faire une randonnée riche en couleurs le long de la rivière Jacques-Cartier. Je ne parle pas de la couleur du feuillage des arbres – il était encore un brin trop tôt à ce moment –, mais plutôt des insectes que j’y ai rencontrés. En particulier, je fus surprise par l’abondance de chenilles de formes et de couleurs variées.

Tout au long de leur évolution, les chenilles ont adopté une myriade de stratégies pour survivre. Certaines ont opté pour le camouflage parfait. Lors de ma randonnée, j’observai notamment quelques membres de la famille Geometridae qui ressemblent à s’y méprendre à de petites branches d’arbres. Armée de Wagner (2005), j’ai identifié les spécimens comme étant le phalène du bouleau ou l’arpenteuse cornue (Biston betularia), le nom français variant selon les sources. Il s’agit d’une chenille qui se distingue par sa tête fendue en son centre, ainsi que par la présence de protubérances sur le cinquième segment abdominal. Les individus observés étaient plutôt brunâtres et tentaient de se fondre à des végétaux verdâtres. C’est ce qui me permit de les apercevoir, sans quoi je les aurais complètement ratés!

Une autre espèce, quant à elle, prenait plutôt l’allure d’une déjection d’oiseau. Arborant un mélange de vert, de blanc et de jaune, elle passait également inaperçue contre le feuillage vert. Encore une fois, si je me fie à Wagner (2005), il s’agirait de l’hétérocampe verdâtre (Heterocampa biundata). Dans ce cas, c’est le « X » vert visible au centre de l’abdomen (vue dorsale) qui sert de critère pour déterminer l’espèce. Il s’agissait d’une chenille d’une bonne grosseur, que je trouvais particulièrement jolie. Il commençait cependant à faire sombre dans le sous-bois – il était plus tard en après-midi – et les photos que j’ai prises ne rendent pas entièrement justice à la belle bête… J’espère tout de même que vous les apprécierez!

Une des chenilles observées était loin de se fondre au décor. Toute de noir vêtue, ornée de protubérances blanches et jaunes, elle contrastait avec le feuillage vert sur lequel elle avait pris place. Son nom latin Acronicta funeralis réfère sans doute à la coloration sombre de la chenille et de l’adulte qui fait penser à un accoutrement digne de funérailles. Son nom français « acronicte spatulée », quant à lui, fait plutôt référence aux étranges poils en forme de spatules qui décorent les différents segments de l’abdomen. Je dois avouer m’être fortement exclamée lorsque mes yeux se sont portés sur cet individu hors du commun. Je n’avais jamais rien vu de tel! D’ailleurs, les sources consultées suggèrent qu’il s’agit d’une espèce pas si commune que cela. Je peux donc me compter chanceuse d’avoir effectué cette observation. Quelle splendide et surprenante chenille, ne trouvez-vous pas?

Acronicta superans : une belle grosse chenille épatante!

Acronicta superans : une belle grosse chenille épatante!

La chenille à tente estivale était omniprésente le long du sentier

La chenille à tente estivale était omniprésente le long du sentier

L’halysidote maculée

L’halysidote maculée

Cela dit, les sources consultées ne m’ont pas permis de savoir hors de tout doute si l’étonnante coloration de l’acronicte spatulée lui sert à signaler aux prédateurs qu’elle n’est pas comestible ou encore si cela lui donne l’apparence d’un excrément d’oiseau. Wagner (2005) mentionne que des études documentant la toxicité des chenilles du genre Acronicta sont nécessaires avant d’effectuer toute conclusion à cet effet.

Les autres chenilles rencontrées étaient munies d’un plus ou moins grand nombre de poils. Il s’agit d’une autre tactique visant à repousser les prédateurs. Qui voudrait d’un hors-d’œuvre aussi piquant? C’est le cas notamment de la superbe chenille Acronicta superans (je n’ai pas trouvé de nom commun français), parsemée de poils de longueurs variées. J’étais bien heureuse de tomber sur un aussi beau (et gros) spécimen! Celui-ci était solitaire, contrairement à une autre espèce définitivement grégaire que je retrouvai par centaines le long du sentier emprunté. Cette seconde espèce s’avérait probablement être la chenille à tente estivale Hyphantria cunea. Mon doute est à l’effet que la livrée de cette chenille semble fort variable si je me fie aux sources consultées. En effet, ladite chenille arborerait tant le jaune pâle que le gris foncé! Néanmoins, les différentes caractéristiques permettant l’identification semblaient tout de même conduire à cette espèce.

Finalement, certaines chenilles allient les couleurs vives – qui suggèrent une toxicité réelle ou trompeuse – et les poils. Quoi de mieux pour éviter de se faire gober tout rond? Une espèce que j’ai observée en très grande quantité lors de ma randonnée correspond à cette description : l’halysidote maculée (Lophocampa maculata). Si mignonne, ressemblant à une peluche, je n’ai pu m’empêcher d’en prendre plusieurs dans mes mains. Sa coloration et l’agencement des poils la rendent par ailleurs très facile à identifier.

Voilà qui termine un petit tour d’horizon de quelques sympathiques espèces de chenilles récemment rencontrées. J’ai tenté de mon mieux d’identifier les individus concernés – je le répète, je partage mes apprentissages avec vous au fur et à mesure que j’avance moi-même dans ce fabuleux domaine, et je n’ai pas la prétention de tout connaître. Si jamais vous jugez que j’ai effectué une erreur d’identification, n’hésitez pas à m’écrire et me guider quant aux critères à utiliser. Autrement, j’espère que vous apprécierez les photos qui agrémentent la présente chronique – que du plaisir pour les yeux!

 

Le « X » dorsal est l’un des critères utilisés pour identifier l’hétérocampe verdâtre

Le « X » dorsal est l’un des critères utilisés pour identifier l’hétérocampe verdâtre

L’acronicte spatulée tire son nom des étranges « poils » qu’elle porte

L’acronicte spatulée tire son nom des étranges « poils » qu’elle porte

Agréable à manipuler, l’halydisote maculée!

Agréable à manipuler, l’halydisote maculée!

Pour en savoir plus

Concours de photo 2017 – Partie 1 : Le Vulcain qui émerge dans une maison, par Sylvie Benoit

Photographie gagnante représentant un Vulcain

Photographie gagnante représentant un Vulcain

C’est avec plaisir que je vous diffuse la première de deux chroniques au sujet des photographies gagnantes ex aequo du concours amical de photographie DocBébitte 2017. Comme je le mentionnais lors de la chronique révélant nos gagnants – et tel que promis chaque année – je me suis affairée à vous concocter la petite histoire derrière les clichés élus.

Cocon et exuvies des chenilles retrouvés au sous-sol

Cocon et exuvies des chenilles retrouvés au sous-sol

Chenille, également retrouvée dans la maison chez Sylvie

Chenille, également retrouvée dans la maison chez Sylvie

La chenille se tisse un nid douillet

La chenille se tisse un nid douillet

La photo transmise par Sylvie Benoit relate justement une rencontre inopinée avec un joli papillon commun nommé « Vulcain » (Vanessa atalanta). Ce lépidoptère appartient à la grande famille des nymphalidés. C’est un cousin du papillon Belle dame (Vanessa cardui) que vous connaissez sans doute, car il a fait les manchettes en septembre dernier, étant aperçu en vastes hardes un peu partout au Québec.

Le Vulcain se reconnait facilement par ses ailes sombres flanquées d’une bande orangée surmontée de taches blanches. Son nom scientifique, Vanessa atalanta, référerait à une héroïne grecque « Atalanta » ou « Atalante » qui, selon la légende, était une coureuse fort rapide. Le Vulcain aurait vraisemblablement hérité de ce nom à cause de son vol, reconnu pour être rapide.

Le cliché gagnant a été effectué à l’intérieur d’une demeure. Trois papillons de cette espèce y ont été retrouvés par surprise! Quelques recherches effectuées par les propriétaires des lieux leur ont permis de résoudre le mystère : les restes de chrysalides et d’exuvies de chenilles furent découverts au sous-sol. Des chenilles avaient été introduites à l’intérieur de la maison par le biais de plants d’orties, qui y avaient été amenés pour sécher. À cet effet, Sylvie me transmit gracieusement quelques photographies supplémentaires appuyant ces observations. Elles complètent la présente chronique.

La livrée de la chenille du Vulcain est variable. Selon Wagner (2005), certains individus sont plus pâles (couleur blanchâtre à jaune verdâtre), alors que d’autres arborent une robe nettement plus sombre. Les individus croqués sur le vif par notre gagnante représentent des spécimens foncés, également caractérisés par la présence de lignes blanchâtres parcourant les flancs. De plus, les chenilles sont munies de poils et d’épines acérés, s’élevant d’une protubérance orangée, ce qui leur donne une apparence très piquante! Qui osera y mettre les doigts?

Sans grande surprise, les chenilles se délectent de plantes appartenant à la famille Urticaceae, dont – eh oui – les orties! Elles se tissent un nid douillet dans le repli des feuilles, comme en témoigne une des photographies qui agrémentent la présente chronique.

Vulcain que j’avais pris en photo il y a quelques années

Vulcain que j’avais pris en photo il y a quelques années

Les adultes, quant à eux, sirotent le nectar de multiples espèces de fleurs; ils s’alimentent également de fruits et de détritus en décomposition. Comme ce sont de bons butineurs, il est facile de les voir dans nos jardins, particulièrement lors des mois de mi-mai à juillet (première génération) ou encore de mi-juillet à mi-septembre (deuxième génération). Les Vulcains aiment aussi se prélasser au soleil sur tout support situé au ras du sol (roche, tronc d’arbre, etc.), où l’on peut prendre le temps de les observer. C’est ainsi que j’avais pris quelques clichés de ce sympathique papillon, m’approchant peu à peu du sujet. Le Vulcain, pas trop nerveux, se laisse d’ailleurs approcher pour être admiré. La photographie de Sylvie en est un bel exemple! Bravo à notre première gagnante!

 

Pour en savoir plus

  • Bug Guide. Species Vanessa atalanta – Red Admiral – Hodges#4437. http://bugguide.net/node/view/448
  • Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
  • Espace pour la vie. Vulcain. http://espacepourlavie.ca/insectes-arthropodes/vulcain
  • Handfield, L. 2011. Guide d’identification – Les papillons du Québec. 672 p.
  • Leboeuf, M. et S. Le Tirant. 2012. Papillons et chenilles du Québec et des Maritimes. 391 p.
  • Wagner, D.L. 2005. Caterpillars of Eastern North America. 512 p.

Deux gagnantes ex æquo pour le concours amical de photos d’invertébrés 2017

Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous laisse, chaque année, l’ingrate tâche de voter pour vos photographies préférées? Et bien, le résultat de cette année offre une bonne explication. Les deux clichés gagnants ont été croqués sur le vif par deux sœurs… en l’occurrence ma tante et ma mère! Y a-t-il eu une conspiration familiale au sein des électeurs? Quoi qu’il en soit, je suis bien heureuse d’avoir préservé mon chapeau d’impartialité et de ne pas m’en être mêlée!

Chose promise, chose due, je m’affairerai dans les prochaines semaines à dresser le portrait plus complet de nos deux arthropodes qui ont fait fureur. Le premier cliché par Sylvie Benoit nous racontera l’histoire d’un Vulcain qui a émergé dans une maison, par hasard. Le second, pris par Céline Benoit Anderson, mettra en vedette le joli thomise variable – un invertébré que j’affectionne particulièrement!

Cela dit, je souhaite remercier vivement tous les participants au concours de cette année. Plusieurs photographies se sont retrouvées dans le peloton de tête et nous avons même failli avoir trois photos ex æquo! Vos photos n’ont pas remporté le concours? Qu’à cela ne tienne! Elles ont sans aucun doute constitué un plaisir pour les yeux des lecteurs DocBébitte! Bravo et merci à tous!

Deux photos gagnantes ex æquo cette année, prises par deux sœurs!

Deux photos gagnantes ex æquo cette année, prises par deux sœurs!

Des punaises débusquées!

Accouplement de punaises embusquées

Accouplement de punaises embusquées

Même couple

Même couple

Autre couple – on voit ici la face dorsale de la femelle

Autre couple – on voit ici la face dorsale de la femelle

Certains insectes sont passés maîtres dans l’art de se cacher. C’est le cas de la punaise embusquée (genre Phymata), un petit hémiptère qui, comme son nom le suggère, excelle au jeu de cache-cache! Cette jolie punaise se confond à merveille aux fleurs jaunes des verges d’or et des rudbeckies où elle attend patiemment le passage d’une proie.

L’an dernier, j’avais découvert qu’on pouvait débusquer cet insecte en observant attentivement les grappes de verges d’or (Solidago canadensis) en fleur – lorsque celles-ci en sont à leur pic de floraison. C’est donc armée de deux appareils photo que je partis, il y a quelques semaines de cela, à la « chasse »! Les verges d’or sont faciles à trouver : il s’agit de « mauvaises herbes » qui croissent en forte abondance le long des routes et des sentiers. Bref, la journée où j’ai effectué ma tournée, de nombreux automobilistes ont dû apercevoir une personne un peu bizarre accroupie dans de denses talles de mauvaises herbes, en train de prendre des tas de clichés!

L’attente valut la peine! Je fus récompensée : je pus observer plusieurs mâles et femelles, respectivement, ainsi que des couples en phase d’accouplement. Il faut dire que les mâles sont plus faciles à repérer que les femelles : le thorax des premiers est noir et ressort davantage que la robe jaune plus uniforme des femelles. Néanmoins, un œil attentif et averti sera en mesure de dégoter l’un ou l’autre des deux genres!

Comme mentionné d’entrée de jeu, les punaises embusquées constituent d’excellents prédateurs. Elles appartiennent à la grande famille des punaises assassines – famille Reduviidae (noter que les sources consultées moins à jour parlent encore de Phymatidae). J’avais écrit au sujet d’une espèce de réduve dans l’une de mes premières chroniques DocBébittes (celle-ci). Tous les membres de cette famille se délectent d’autres invertébrés qui sont parfois nettement plus gros qu’eux! On peut donc dire qu’il s’agit d’organismes bénéfiques qui aident le jardinier à garder ses plates-bandes exemptes de pestes! Fait étonnant: dans le cas de la punaise embusquée, sa petite taille (12 mm) ne l’empêche pas de se mesurer à des individus aussi gros que des bourdons!

Femelle sur le bout de mon doigt – il s’agit d’un petit insecte

Femelle sur le bout de mon doigt – il s’agit d’un petit insecte

Mâle en position pour capturer une proie

Mâle en position pour capturer une proie

D’ailleurs, si vous examinez attentivement les pattes antérieures de ces punaises, vous verrez qu’elles ressemblent à celles d’un raptor! À l’instar des mantes religieuses ou encore des ranatres, ces pattes repliées ont la forme parfaite pour saisir et maîtriser rapidement une proie. Une fois le dîner capturé, la punaise injecte une substance qui tue la victime; elle la pique ensuite à plusieurs reprises afin de liquéfier les tissus. Il ne reste plus, au final, qu’à siroter les délicieux fluides!

Dans le cadre de la présente chronique, je parle du genre Phymata de façon générale. Si je me fie à ce que j’ai pu lire sur Bug Guide, ainsi que sur le site Les insectes du Québec (voir section « Pour en savoir plus »), nous aurions deux espèces de punaises embusquées au Québec. Ces dernières seraient difficiles à distinguer, bien qu’il semblerait que l’espèce Phymata americana americana soit plus commune que sa consœur P. pennsylvanica.

Dans les ouvrages que j’ai à la maison, je n’ai pu obtenir plus de détails sur la façon de séparer convenablement les deux espèces. Si vous avez des publications à proposer à cet effet, n’hésitez pas à me le signaler! Entre temps, gardez l’œil ouvert et tentez de repérer ce petit arthropode discret qui a une sympathique tronche de dragon – ne trouvez-vous pas?

 

Vidéo 1. Couple de punaises embusquées. Le mâle, plus petit et plus sombre, est sur le dessus.

 

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