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Joyeuses Pâques 2017!

Le printemps pointe tranquillement le bout du nez et avec lui reviennent nos insectes et invertébrés bien-aimés! Pâques marque souvent ce moment où la neige se retire pour faire place aux plates-bandes et aux fleurs qui les composent… et qui dit fleurs dit, bien sûr, pollinisateurs et prédateurs associés!

C’est donc sur quelques photos printanières que je vous souhaite de passer de très joyeuses Pâques 2017!

Caroline, alias DocBébitte!

Morio printemps

Les Morios sont parmi les premiers insectes à sortir de leur abri hivernal

Zelus luridus_2016

Réveil printanier pour ce réduve qui a passé l’hiver sous la couverture de feuilles

Coccinelle à sept points 3

Coccinelle à sept points sur un bourgeon de lilas

Bombylius_4

Les bombyles peuvent être observés assez tôt en avril-mai

Comme un poisson dans l’eau!

Notonecte

Cette notonecte se sent comme un poisson dans l’eau!

C’est le Poisson d’avril! Moi qui cherchais justement une autre raison pour vous entretenir au sujet des insectes aquatiques! Me voilà servie! En cette journée thématique, pourquoi ne pas vous parler de quelques stratégies utilisées par nos fameux arthropodes pour se mouvoir sous l’eau? Le tout, bien sûr, agrémenté de plusieurs vidéos!

Première méthode au menu : les rames! Plusieurs insectes possèdent des pattes bordées de longs poils dont ils se servent telles des rames. C’est le cas notamment des notonectes et des dytiques. Dans la vidéo ci-dessous, on peut observer un dytique adulte à l’œuvre. Voyez comment il se propulse en donnant de vigoureux coups de ses pattes postérieures!

 

Deuxième mode de déplacement : le jet d’eau! Les naïades de libellules du sous-ordre Anisoptera ont une façon bien originale de se déplacer rapidement. Elles possèdent une cavité abdominale qui sert de chambre pour protéger leurs branchies (qui sont, de toute évidence, internes!). Elles pompent l’eau du milieu environnant dans cette chambre par le biais de leur rectum, rien de moins… L’oxygène présent dans l’eau est diffusé vers les branchies; dans un second temps, l’eau dépouillée d’oxygène est expulsée par le même orifice, générant un jet d’eau. Fait intéressant, la naïade se sert de ce jet, qu’elle éjecte avec plus ou moins de vigueur, pour se propulser sous l’eau.

 

Troisième cas : le poisson! À l’instar des poissons qui les entourent, certains insectes se déplacent sous l’eau en donnant des « coups de queue ». C’est le cas de certaines naïades d’éphémères qui utilisent leur abdomen, qu’elles plient et déplient vivement, à cette fin. Aidées de leur longue « queue » (cerques et filament médian), ce mouvement les propulse efficacement à travers la colonne d’eau. Certains de ces taxons sont d’ailleurs appelés « Minnow mayfly » – soit « éphémère-méné » (traduction libre DocBébitte!). On peut voir ce mouvement effectué par un des individus au début de la courte vidéo ci-dessous.

 

Quatrième mode : le tortillement! Parfois, il n’est pas nécessaire de nager de façon très gracieuse pour se déplacer. Certains insectes gigotent et se tortillent si rapidement qu’ils parviennent à changer de localisation, voire s’échapper de quelque prédateur qui serait à leur trousse. Les larves de chironomes en sont un bon exemple : elles s’agitent tellement qu’elles parviennent à s’élever et se mouvoir dans la colonne d’eau. J’avais pris une vidéo, il y a quelques années, alors que ma piscine était brisée et qu’elle s’était retrouvée colonisée par plusieurs espèces d’invertébrés aquatiques. On peut y voir des chironomes (et quelques autres diptères) y nager en très grande quantité. Les voyez-vous se tortiller?

 

Cinquième cas : les piètres nageurs! Certains insectes vivant sous l’eau ne seront jamais des champions olympiques. Il s’agit souvent de prédateurs qui peuvent chasser immobiles, à l’affut, et qui n’ont pas besoin de fuir rapidement. Un bon exemple est la ranatre, dont les longues pattes effilées ne sont pas adaptées à la nage. Elle préfère de loin se déplacer lentement parmi les débris végétaux, comme en témoigne cette dernière vidéo.

 

Cette chronique ne se voulait pas exhaustive quant à l’ensemble des moyens utilisés par les insectes pour se déplacer sous l’eau. J’ose espérer qu’elle vous aura tout de même permis d’en savoir un peu plus au sujet de ces sympathiques arthropodes qui, dans nos lacs et rivières, se sentent comme un poisson dans l’eau!

 

Pour en savoir plus

  • Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
  • Evans, A.V. 2008. Field guide to insects and spiders of North America. 497 p.
  • Hauer, F.R., et G.A. Lamberti. 2007. Methods in stream ecology. 877 p.
  • Marshall, S.A. 2009. Insects. Their natural history and diversity. 732 p.
  • Merritt, R.W. et K.W. Cummins. 1996. Aquatic insects of North America. 862 p.
  • Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.