Pour en apprendre plus sur les invertébrés!
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Je veux pour Noël un livre sur les invertébrés! Partie 3.

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Trois livres à découvrir pour Noël!

En 2013, j’écrivais deux chroniques dans le cadre desquelles je me prenais pour une critique littéraire. J’avais fait le portrait de neuf livres portant sur les insectes et autres invertébrés, question de vous aider à faire le choix entre différents ouvrages d’intérêt. Pour en savoir plus, suivre ces liens :

Je récidive, trois années plus tard, avec quelques nouveaux documents en main. Bien sûr, j’ai également quelques bouquins que je n’ai pas encore eu le temps de lire – Madame est occupée – et qui pourront faire l’objet de suggestions futures. Entretemps, je vous entretiens au sujet de trois ouvrages que j’apprécie vivement. À noter que vous pouvez aussi lire cette chronique au sujet d’une nouvelle clé québécoise d’identification des naïades et exuvies de libellules – un autre volume qui s’achète bien pour Noël!

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Anecdotes croustillantes vous attendent dans le livre de Stewart (2011)

Le premier ouvrage s’intitule « Wicked Bugs » (Traduction maison : Bibittes malignes!) par Amy Stewart (2011). Il s’agit d’un recueil relatant de nombreuses histoires et anecdotes au sujet d’invertébrés étonnants, dérangeants, voire, selon l’auteure, « diaboliques »! Ainsi, vous apprendrez comment des coquerelles ont contaminé par l’hépatite les habitants d’un développement immobilier entier dans les années 1940 ou encore comment des bombes bourrées de puces transmettant la peste ont été conçues par les Japonais lors de la seconde Guerre mondiale et testées sur des communautés locales! Il y est aussi question des phobies : une quinzaine de phobies liées aux insectes y sont nommées dont la « Cnidophobie », la peur des piqûres d’insectes, ou encore la « Helminthophobie », qui est la peur maladive d’être infesté par des vers parasites! Qui aurait cru que cette phobie était courante au point de lui attribuer un nom?

Outre les invertébrés qui nous font frissonner, le livre en question porte aussi un regard sur d’autres individus qui génèrent des dommages à nos propriétés matérielles. Un portrait des invertébrés qui se nourrissent de nos précieux livres y est effectué, de même que celui d’une sorte de coléoptère qui gruge le bois dans les murs des demeures et qui laisse connaître sa présence par des « clics » nocturnes continus… de quoi à rendre fou tout insomniaque.

Ce livre n’est pas fait pour les lecteurs qui éprouvent déjà une certaine crainte des invertébrés. Si, toutefois, vous êtes capables de prendre le tout avec un grain de sel, vous vous amuserez sans aucun doute à savourer les anecdotes tantôt morbides, tantôt cocasses offertes par l’auteure.

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3. Planches (haut) et descriptions (bas) du guide de Handfield (2011)

Le second livre que je vous suggère est rédigé par un auteur québécois : « Les papillons du Québec » par Louis Handfield (2011). Cet ouvrage constitue une vraie mine d’or d’information tant au sujet des papillons diurnes que nocturnes retrouvés au Québec. Vous cherchez à identifier un papillon que vous avez collecté ou pris en photo? Les planches disposées à la fin du livre présentent 1521 espèces retrouvées au Québec. Presque tout ce qui reste du bouquin est réservé à la description des espèces : nom latin et français (s’il y a lieu), observations par mois et par région du Québec, habitats fréquentés, espèces semblables et notes pertinentes.

L’auteur se permet même plusieurs anecdotes. À titre d’exemple, c’est grâce à ce document que j’appris que la chenille de la livrée des forêts, lors d’une épidémie en Abitibi, était devenue abondante à un point tel qu’elle avait causé des accidents de la route! En effet, les chenilles se retrouvaient écrasées par millier sur les routes, rendant ces dernières glissantes pour les véhicules s’y aventurant!

La première partie du guide fournit maints renseignements pertinents sur la capture et la conservation des papillons, allant des méthodes à utiliser pour les attraper jusqu’au matériel nécessaire pour les épingler et les préserver. En outre, que vous vous intéressiez aux papillons diurnes ou nocturnes du Québec, ce livre s’avère un incontournable!

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Jolies images côtoient des descriptions utiles dans Evans (2014)

Le dernier ouvrage dont je veux vous entretenir s’intitule « Beetles of Eastern North America » publié en 2014 par Arthur V. Evans (un auteur dont j’avais déjà parlé ici). Vous aimez les jolis coléoptères et souhaitez en apprendre davantage à leur sujet? Le livre de Evans compte 1406 espèces de ces insectes retrouvés dans l’est de l’Amérique du Nord. Il comporte des photographies couleur à couper le souffle, lesquelles sont accompagnées de descriptions sur les comportements, caractéristiques morphologiques et habitats des espèces croquées sur le vif.

Comme la plupart des guides de ce genre, la première partie se consacre à expliquer la morphologie des coléoptères, ainsi que leur mode de vie (incluant la métamorphose, les comportements alimentaires et les soins parentaux). Elle présente également une clé d’identification des familles vulgarisée facilitant la navigation : on parvient souvent à mieux cerner à quelle famille on fait affaire (plus facile lorsqu’on parle de spécimens conservés, mais cela est aussi possible pour les photographies lorsque de nombreux angles sont couverts).

Il en demeure que ce qui ressort le plus de cet ouvrage, ce sont les très belles photos qu’il contient. L’amateur en sera enchanté et devrait également apprécier la quantité relativement importante (par rapport à d’autres écrits similaires) d’espèces qu’il contient!

Voilà qui termine ma troisième critique littéraire! En espérant que cette dernière vous sera utile pour choisir des cadeaux de Noël à des entomologistes amateurs que vous aimez… Ou encore pour proposer de petits présents pour vous-mêmes!

 

Pour en savoir plus

  • Evans, A.V. 2014. Beetles of Eastern North America. 560 p.
  • Handfield, L. 2011. Guide d’identification – Les papillons du Québec. 672 p.
  • Stewart, A. 2011. Wicked Bugs. 272 p.

Petite, cette punaise de l’asclépiade!

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Quelle surprise! Une petite punaise de l’asclépiade… sur une feuille d’asclépiade!

Vous êtes plusieurs lecteurs à m’avoir répondu au sujet de la dernière devinette : eh oui, il s’agissait bien de la petite punaise de l’asclépiade (Lygaeus kalmii), un insecte que nombreux d’entre vous ont observé cet été.

En effet, cette sympathique punaise orange et noire n’est pas demeurée inaperçue cette année! Vous êtes notamment deux lecteurs à m’avoir transmis des photographies de cet insecte dans le cadre du concours annuel de photographie d’insectes DocBébitte (cette chronique). Par ailleurs, mes parents en ont trouvé trois noyées dans leur piscine, que j’ai pu récupérer pour ma collection. J’en ai observé moi-même à deux reprises… à mon grand bonheur, puisque je n’avais pas encore de photographies de cette espèce dans ma banque personnelle. C’est dire que je n’en avais pas observé les années dernières. En outre, il semble que cet été en était un où la petite punaise de l’asclépiade abondait.

Cet hémiptère appartient à la famille Lygaeidae, qui comprend également une espèce nommée la grande punaise de l’asclépiade (Oncopeltus fasciatus). Cette dernière, comme son nom le suggère, est de taille un peu plus grande (13-18 mm) que la petite punaise de l’asclépiade (10-12 mm). Bien que colorées de noir et d’orange, les deux espèces se distinguent aisément : les ailes antérieures de la petite punaise de l’asclépiade sont marquées d’un X orange bien visible. Ce n’est pas le cas de la grande punaise de l’asclépiade (voir cette photographie tirée de Bug Guide). Par ailleurs, la petite punaise de l’asclépiade peut s’observer plus au nord que sa consœur, cette dernière n’étant pas en mesure de survivre aux rigueurs de l’hiver. Cela explique peut-être pourquoi aucun individu d’O. fasciatus n’avait été répertorié au Québec par Bug Guide au moment de la rédaction du présent billet, bien que Dubuc (2007) indique bel et bien sa présence dans son guide « Les insectes du Québec ».

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La petite punaise de l’asclépiade se retrouve sur d’autres herbacées

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Photo soumise lors du concours de photo 2016

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Autre photo soumise lors du concours de photo 2016

Les deux espèces de punaises marient l’orange (voire le rouge) et le noir, tout comme d’autres espèces se nourrissant de l’asclépiade : le monarque, la chrysomèle de l’asclépiade et le longicorne de l’asclépiade. Cela n’est pas un hasard! En effet, l’asclépiade confère aux espèces qui s’en nourrissent un goût désagréable. Par conséquent, les insectes adoptent un « code de couleurs » qui permet d’indiquer à tout prédateur en un coup d’œil que ce n’est pas une bonne idée de les croquer! Il s’agit d’une stratégie évolutive faisant en sorte que nos jolies punaises diminuent considérablement les risques de figurer au menu. Néanmoins, Marshall (2009) indique que certains individus ne se nourrissent pas d’asclépiade – ils préfèrent d’autres herbacées – et que ce ne sont ainsi pas toutes les petites punaises qui ont mauvais goût. Les prédateurs, eux, ne le savent cependant pas!

D’ailleurs, on peut lire que les adultes aiment bien déguster le nectar des fleurs appartenant à différentes variétés de plantes herbacées. Il semblerait même qu’ils apprécient, par moment, siroter les fluides d’autres insectes morts ou vifs. Ils peuvent donc être charognards ou même prédateurs à leurs heures!

En préparant la présente chronique, je suis tombée sur des photographies de nymphes de la petite punaise de l’asclépiade sur Bug Guide. À ce qu’il semble, ces dernières seraient assez facilement reconnaissables (quoiqu’il faille faire attention à la nymphe de la grande punaise de l’asclépiade qui présente plusieurs traits similaires). C’est en voyant cette photo en particulier que je réalisai que j’en avais déjà vu de similaires à la plage Jacques-Cartier, à Québec. Étant donné que j’ai beaucoup de retard dans l’identification et le classement de mes photos, je passai plus d’une heure à tenter de retrouver les photographies en question… pour réaliser qu’il était incertain qu’il s’agisse de L. kalmii. En effet, Bug Guide précise que le pronotum (face dorsale du premier segment situé immédiatement après la tête) est majoritairement rouge et ponctué de deux marques noires diagonales. Mon spécimen n’en possède pas, suggérant que ce ne serait pas L. kalmii. Toutefois, je n’étais pas en mesure lors de l’écriture du présent article de confirmer hors de tout doute quelle espèce, au juste, j’avais photographiée. Si vous en avez une idée, prière de me le signaler!

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Nymphe d’hémiptère qui porte le rouge et le noir, mais il ne s’agirait pas de L. kalmii si je me fie aux critères de Bug Guide

Pour terminer, certains se demanderont si cette jolie punaise colorée est un insecte bénéfique ou néfaste. Une des sources consultées la décrit comme un « phytophage des mauvaises herbes ». C’est donc dire que cette punaise peut s’avérer une alliée… à condition que vous ne cherchiez pas à cultiver des plantes herbacées habituellement identifiées comme étant des mauvaises herbes!

 

Pour en savoir plus