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Pas farouche, cette leucorrhine!

Les libellules constituent généralement de bons sujets pour ceux qui aiment prendre des clichés de divers invertébrés. Peu farouches, il est souvent possible de les observer, perchées sur des supports variables, en train de surveiller leur territoire de chasse et de reproduction.

L. proxima

Leucorrhine apprivoisée mâle photographiée près d’un étang

La libellule qui fait l’objet de la chronique de cette semaine porte d’ailleurs un nom évocateur : la leucorrhine apprivoisée (Leucorrhinia proxima).

Cette libellule, de la famille Libellulidae, semble être bien répartie au Québec, si je me fie à l’édition de l’Atlas préliminaire des libellules du Québec que j’ai entre les mains (Savard 2011). Son territoire couvre l’ensemble du Québec méridional, de l’Outaouais jusqu’en Gaspésie, et certaines observations ont été effectuées jusqu’à la hauteur de la Baie-James. Cela correspond également aux précisions de Paulson (2011), où la leucorrhine apprivoisée recouvre toute la moitié sud du Québec.

C’est à l’été 2014 que j’ai eu la chance de photographier deux mâles distincts au même endroit, soit autour d’un étang situé sur un terrain en banlieue de Sherbrooke. Ce type d’habitat est caractéristique de l’espèce, qui affectionne les milieux lentiques (à faible courant) comme les lacs et les étangs où la végétation aquatique abonde. De plus, il semble que les étangs entourés de végétation plus mature – comme un boisé ou même une forêt – constituent davantage l’habitat favorisé par cette leucorrhine.

L. proxima 2

Second mâle L. proxima

L. proxima 3

Autre vue du second mâle

Les mâles aiment se percher sur les plantes herbacées et les branches basses d’arbustes situés près de l’eau, d’où ils surveillent leur petit territoire. Une fois qu’ils ont détecté une femelle intéressée, ils fuient les abords de leur précieux étang pour s’accoupler, à l’abri, dans les strates arbustives et arborescentes avoisinantes.

Au Québec, on peut rencontrer les adultes entre les mois de mai et d’août. Les mâles se distinguent assez aisément par la combinaison de quelques caractéristiques, dont leur visage qui est tout de blanc. Il s’agit d’ailleurs d’une caractéristique propre au genre Leucorrhinia, dont le nom anglais « whiteface » est fort évocateur! J’avais justement parlé d’un membre de cette famille qui possède également cet attribut dans cette précédente chronique.

En plus du visage blanc, les mâles sont munis d’un thorax où le rouge est dominant et persiste jusque sur les premiers segments de l’abdomen. Cette couleur devient moins éclatante avec l’âge, mais perdurerait tout de même entre les ailes des plus vieux individus. De plus, la base de l’abdomen est plus pâle (blanchâtre) chez les spécimens de nos régions (pas nécessairement le cas pour ceux de l’ouest du Canada), pâleur qui recouvre une plus grande proportion de l’abdomen des individus au fur et à mesure qu’ils gagnent en maturité. Autre détail : la base des ailes comporte une petite tache de cette même couleur pâle.

Chez les femelles, l’identification est moins aisée. Selon Paulson (2011), il y a différentes formes chez les femelles (polymorphisme) : certaines ressemblent aux mâles, alors que d’autres sont dotées de jaune sur le thorax (voir cette photo tirée de Bug Guide en exemple). Ces dernières ressemblent à d’autres espèces de leucorrhines, de sorte qu’un examen plus attentif des pièces génitales est requis pour les distinguer. Néanmoins, étant donné que notre jolie libellule semble vouloir se laisser apprivoiser, vous devriez être en mesure d’en prendre de suffisamment bons clichés pour l’identifier!

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