Pour en apprendre plus sur les invertébrés!
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Trois ans pour DocBébitte!

Qui aurait cru, lorsque j’ai amorcé l’écriture du blogue DocBébitte en janvier 2013, que je serais toujours motivée à vous concocter une publication chaque semaine (ou presque) après trois ans? 163 publications plus tard, je continue à m’amuser tout autant à vous divertir.

Comme à l’habitude, je tiens à vous remercier pour votre fidélité et vos commentaires toujours pertinents. N’oubliez pas que vous pouvez en tout temps me faire part de vos suggestions pour des chroniques. DocBébitte, c’est pour vous aussi!

Sympetrum vicinum_Fête

Prête pour la fête!

Asticotée… par des asticots!

Asticots larves et pupe

Asticots (Calliphoridae) vus au stéréomicroscope (incluant une pupe)

Les insectes provoquent différentes réactions chez les humains : certains nous émerveillent, d’autres nous font peur… et quelques-uns d’entre eux nous dégoûtent! Cela tend à être le cas des asticots – ces larves de diptères que l’on retrouve proliférant et se gavant dans les excréments et les cadavres.

Le terme « asticot » (maggot en anglais) ne semble pas toujours désigner les mêmes groupes en fonction de la source consultée. Parfois, on l’utilise de façon générale pour désigner toute larve de diptère (ordre Diptera). Parfois, il est utilisé plus spécifiquement pour des individus appartenant au sous-ordre des brachycères comme les mouches domestiques (Muscidae) et les mouches vertes (Calliphoridae), c’est-à-dire celles habituellement associées à la matière organique en décomposition.

Quoi qu’il en soit, nous sommes sans doute nombreux à avoir des anecdotes à raconter au sujet de rencontres – généralement imprévues – avec les asticots. J’en ai moi-même quelques-unes à mon actif à vous relater.

Un premier exemple qui me vient à l’esprit remonte à de nombreuses années, lorsque je gardais mon cousin et ma cousine. C’est en jouant avec eux dans leur cour que je vis une crotte de chien sur le terrain, que je jugeai bon de ramasser. Ladite crotte – que je ramassai bien sûr à l’aide d’un sac – se défit en morceaux dans ma main pour laisser sortir des dizaines d’asticots se tortillant. Il y avait nettement plus d’asticots que de matière fécale et je dois avouer que cette vue inattendue eut quelques répercussions sur l’état de stabilité de mon estomac! Il faut dire que la seule connaissance que j’avais de ce phénomène provenait de documentaires vus à la télévision ou encore de certains segments du vidéoclip de la célèbre pièce Hurt du groupe Nine Inch Nails… pour ceux qui connaissent le genre!

Hermine_asticots 1

Toute une surprise m’attendait dans ma remise au printemps 2015

Hermine_asticots 2

Corps de l’hermine : les trous créés par les asticots y sont visibles

Asticots

Échantillon des très nombreux asticots retrouvés dans ma remise

Heureusement, je n’eus pas d’autres rencontres du genre avant les années 2014 et 2015. C’est à l’automne 2014 que je vis un énorme champignon prendre forme et persister sur mon terrain. Un jour, piquée par la curiosité, je décidai de tenter de défaire le champignon qui semblait commencer à moisir sur place. Ce dernier se déchira pour laisser sortir – en plus d’une odeur nauséabonde – une dizaine d’asticots. C’était à la brunante, mais je tentai tout de même de prendre quelques vidéos et photographies, dont une qui agrémente la présente chronique. Intéressante découverte, vous ne trouvez pas?

Mais j’ai encore mieux.

Au printemps 2015, alors que j’effectuais le ménage printanier de notre remise, je fis une découverte quelque peu macabre. Ce qu’il faut dire, c’est que notre remise est assiégée systématiquement tous les hivers par de petites souris sylvestres qui laissent des graines, des excréments et autres saletés dans tous les recoins. Je m’attendais donc à retrouver ce genre de débris. Mais pas ce qui suivit.

Sous une bâche pliée dans un coin de la remise, je retrouvai une hermine, qui s’y était sans doute faufilée à la poursuite de jolies souris à croquer. Pour une raison que j’ignore, elle choisit de mourir dans cet endroit isolé. Bien sûr, au moment où je la découvris, les asticots avaient déjà commencé leur travail. Non seulement le côté de l’hermine qui reposait contre le sol était jonché de petits trous d’entrée et de sortie d’asticots, mais tout le sol de la remise situé sous cette dernière était souillé de sang (ou autres fluides que je ne saurais nommer) et grouillait de petits asticots. J’imagine que, pour une personne qui n’aime pas les insectes, cette vue doit être tout simplement horrible. Dans mon cas, je courus plutôt dans la maison pour agripper mon appareil photo et je pris des vidéos et des clichés des asticots et de l’hermine. Qui plus est, je me permis de préserver quelques asticots pour les observer sous la loupe de mon stéréomicroscope. Vous pouvez voir quelques vidéos concernant cette anecdote à la fin de la chronique… Cœurs sensibles s’abstenir!

Vus sous le stéréomicroscope, les asticots présentent des caractéristiques intéressantes. Tout d’abord, ils ne possèdent aucune patte, attribut qui est aidant pour confirmer que l’on fait face à une larve de diptère. De plus, leur tête est très simple. La capsule céphalique est extrêmement réduite, ne laissant pratiquement que deux crochets visibles. Finalement, leur arrière-train est intrigant : l’on y voit très bien les deux stigmates qui servent à la respiration et qui sont bordés de quelques appendices de chair. J’ai d’ailleurs appris que les motifs formés par les stigmates servent à l’identification des asticots à la famille et, par conséquent, que les asticots qui peuplaient l’hermine étaient des larves de calliphoridés – les fameuses mouches de couleur vert ou bleu métallique que l’on surnomme affectueusement les « mouches à merde ».

Devinette_2016-01-24

Capsule céphalique d’un asticot (Calliphoridae)

Calliphoridae larve_postérieur

Partie postérieure d’un asticot, incluant les deux stigmates (Calliphoridae)

Les asticots se nourrissent de différents matériaux, qui varient en fonction de l’espèce en cause. Rappelons effectivement que le terme asticots peut inclure différents groupes taxonomiques de mouches!  Les aliments ingérés incluent la chair en décomposition, les matières fécales ou encore la matière végétale en décomposition. Appétissant, n’est-ce pas? Néanmoins, il faut le dire, ce mode de vie comporte des effets bénéfiques : ces diptères contribuent au recyclage de la matière organique et jouent par conséquent un rôle important dans les écosystèmes qu’ils peuplent.

À ce qu’il semble, certains asticots seraient aussi carnivores et se nourriraient notamment de larves d’autres insectes occupées à se gaver de matière organique en décomposition. Autre fait moins ragoûtant : quelques asticots préféreraient la matière vivante… et évolueraient dans les plaies d’animaux bien vivants! À titre d’exemple, une espèce de calliphoridé, Lucilia sericata, pond sur la laine des moutons. Les larves s’y enfoncent ensuite pour vivre dans la chair.

De plus, en effectuant mes recherches sur Internet pour les fins de la présente chronique, je suis tombée sur des photographies qui ont de quoi à faire frissonner : des cas d’humains possédant des plaies où semblaient vivre des asticots. Plus étrange encore, Marshall (2009) relate le fait que les soldats blessés lors de la Première Guerre mondiale dont les plaies étaient envahies par des larves de calliphoridés guérissaient mieux que leurs confrères dont la plaie finissait par devenir infectée. Les asticots se nourrissaient des tissus nécrosés et sécrétaient un fluide qui favorisait la guérison. Qui l’eut cru?

De toute évidence, les stratégies adoptées par les asticots pour se perpétuer sont aussi diversifiées que les groupes auxquels ils appartiennent. Nous avons encore beaucoup à apprendre à leur sujet… Espérons cependant que cela ne se fera pas de façon trop macabre!

 

Vidéo 1. Partie de l’hermine retrouvée dans ma remise qui se retrouvait contre le sol. On voit les trous créés par les asticots dans la chair.

Vidéo 2. Sol de la remise où reposait l’hermine. Les asticots y grouillent!

Vidéo 3. Champignon dans lequel j’ai observé quelques larves de diptères.

Pour en savoir plus

  • Borror, D.J. et R.E. White. 1970. Peterson Field Guides – Insects. 404 p.
  • Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
  • Evans, A.V. 2008. Field guide to insects and spiders of North America. 497 p.
  • Marshall, S.A. 2009. Insects. Their natural history and diversity. 732 p.
  • McGavin, G. 2000. Insectes – Araignées et autres arthropodes terrestres. 255p.
  • Wikipédia. Asticot. https://fr.wikipedia.org/wiki/Asticot
  • Wikipedia. Maggot. https://en.wikipedia.org/wiki/Maggot

L’araignée qui se prend pour une fourmi

Aviez-vous deviné ce qui figurait sur la photographie-mystère de la semaine dernière? Un abdomen de fourmi, certains diront-ils? Si tel est le cas, vous avez été dupés par une araignée qui appartient à une famille habile dans les déguisements : les Corinnidae.

C. cingulata

Castianeira cingulata femelle sous la loupe de mon stéréomicroscope

C. cingulata_2

C. cingulata que j’avais retrouvé dans mon sous-sol; je l’ai libéré dans ma cour

En particulier, l’araignée en question est dite myrmécomorphe, c’est-à-dire qu’elle adopte une apparence qui ressemble à une fourmi. Comme l’indique Paquin et Dupérré (2003), c’est le cas des Corinnidae du genre Castianeira, dont fait partie l’invertébré examiné cette semaine.

L’individu observé sous la loupe de mon stéréomicroscope s’avère plus spécifiquement être une femelle de l’espèce Castianeira cingulata que j’ai trouvée morte dans ma piscine. Cette espèce peut également se reconnaître facilement à partir de photographies, sans examen détaillé sous le microscope. En effet, la première partie de son abdomen, située immédiatement après le céphalothorax, est munie de deux bandes blanches, alors que les autres espèces en portent plus de deux ou aucune. Son nom anglais est d’ailleurs le Twobanded antmimic, soit l’imitateur de fourmis à deux bandes (traduction maison)! C’est ainsi que j’ai pu confirmer que j’avais aussi quelques clichés de spécimens de C. cingulata dans ma banque – tous observés également dans ma cour. Visiblement, il semble que ma cour soit un environnement d’intérêt pour cette espèce!

Cela n’est pas surprenant pour deux raisons : la première concerne l’habitat et la seconde, le fait que j’ai beaucoup de fourmis sur mon terrain… l’une n’excluant sans doute pas l’autre!

Côté habitat, la documentation que j’ai consultée indique que les Castianeira se retrouvent au sol, dans les forêts et les champs, arpentant la litière de feuilles et les pierres. Étant donné que nous avons un boisé dans notre cour et que les parois de nos plates-bandes sont faites de centaines de pierres naturelles empilées les unes sur les autres, il semble que cet habitat soit tout à fait convenable pour nos jolies araignées.

C. cingulata_3

C. cingulata rescapé de ma piscine – dans ma main, pour un ordre de grandeur

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Autre vue sur C. cingulata rescapé de ma piscine

Par ailleurs, nous retrouverons beaucoup de nids de fourmis dans nos plates-bandes et notre terrain est constamment sillonné par ces dernières. Difficile de se faire dorer au soleil, couchés au sol, sans se faire chatouiller par d’innombrables petites fourmis! Selon Paquin et Dupérré (2003), les Castianeira sont fréquemment observés en compagnie de fourmis. Ils ne se contentent pas de les imiter sur le plan morphologique : ils adoptent aussi un comportement faisant penser à des fourmis. En effet, nos arachnides imitent même les faits et gestes des fourmis : ils effectuent des déplacements rapides et saccadés, en changeant brusquement de direction, à la manière d’une fourmi. De plus, ils poussent la ruse jusqu’à étirer et onduler leurs pattes au-dessus de leur tête, de sorte qu’elles ressemblent à des antennes!

Pourquoi, vous demandez-vous sans doute, est-ce que ces araignées ont « choisi » de ressembler à des fourmis? L’hypothèse la plus probable, selon Paquin et Dupérré (2003), est que les araignées diminuent ainsi le risque de prédation. Selon l’espèce en cause, les fourmis peuvent mordre, piquer ou encore éjecter un acide – appelé acide formique – qui n’a pas particulièrement bon goût. Bref, c’est une bonne idée de ressembler à une fourmi si l’on ne veut pas se retrouver sur le menu d’un prédateur!

En regardant les photographies que j’ai prises de ce groupe d’araignées, je n’ai pas l’impression qu’elles ressemblent tant à des fourmis. Toutefois, en effectuant des recherches sur Internet, je suis tombée sur quelques clichés de Corinnidae (pas nécessairement C. cingulata, cependant) qui étaient plutôt éloquents. Voir notamment cette photographie tirée de PBase. L’araignée se mêle fort bien aux fourmis, ne trouvez-vous pas?

Dernier fait intéressant : en 2003, Paquin et Dupérré écrivaient que C. cingulata était une espèce connue seulement de l’extrême sud de la province de Québec. Je ne sais pas si « l’extrême sud » signifiait aussi loin que la région de Québec, mais je peux confirmer que, en 2014 (date de collecte et de prise de mes photos), il y avait déjà plusieurs individus sillonnant une cour boisée dans le secteur ouest de la ville de Québec! Peut-être, après la lecture de la présente chronique, réaliserez-vous également que vous avez observé, près de chez vous, cette jolie araignée qui se prend pour une fourmi!

 

Vidéo 1. Courte vidéo d’un individu C. cingulata que j’ai rescapé de ma piscine. Si vous êtes fins observateurs, vous noterez que la vidéo s’arrête brusquement lorsque je réalise que l’araignée court très vite pour remonter le long de mon bras vers mon cou. Je l’avoue, bien que j’aime manipuler ces bêtes, je souffre d’une arachnophobie modérée et je les préfère quand je suis en mesure de les voir!

 

Pour en savoir plus

  • Bradley, R.A. 2013. Common spiders of North America. 271 p.
  • Bug Guide. Species Castianeira cingulata – Twobanded Antmimic. http://bugguide.net/node/view/39889
  • Evans, A.V. 2008. Field guide to insects and spiders of North America. 497 p.
  • Paquin, P. et N. Dupérré. 2003. Guide d’identification des araignées (Araneae) du Québec. 251 p.
  • Wikipédia. Castianeirahttps://fr.wikipedia.org/wiki/Castianeira

Dans l’œil de mon microscope : la patate!

Cette semaine, je me suis affairée à classer quelques photographies d’invertébrés prises au courant des dernières années (oui, j’ai un peu de retard dans mon classement!). Je suis tombée sur un fascinant individu pour lequel il me semblait avoir déjà collecté un spécimen qui s’était noyé dans ma piscine. Il ne m’en fallut pas plus pour examiner ce dernier au stéréomicroscope afin de correctement l’identifier… et réaliser qu’une partie de son anatomie ressemblait à une grosse pomme de terre.

Je ne vous en dis pas plus, vous laissant le loisir de deviner de quelle sorte d’invertébré il peut bien s’agir!

Pour répondre à cette devinette, joignez-vous à la Page Facebook DocBébitte ou inscrivez votre réponse dans la section « Commentaires » de la présente chronique. L’invertébré-mystère vous sera dévoilé lors de la prochaine publication DocBébitte!

Devinette 2016-01-09

Une belle grosse patate pour souper, ça vous dirait?

Une tipule dans ma demeure… en janvier!

La fin de semaine dernière, ma mère me transmettait par courriel une photographie d’une tipule bien vivante qui s’affairait à voleter dans sa maison. Elle souhaitait confirmer la provenance de cet individu que nous ne sommes pas habitués d’observer en plein mois de janvier.

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Tipule photographiée récemment par ma mère

Tipule Janvier 2015

Tipule observée dans ma demeure en janvier 2015

Étrangement, l’an dernier, j’avais moi aussi observé une jolie tipule dans ma demeure au même temps de l’année (mi-janvier). De même, une lectrice m’avait déjà écrit afin de savoir d’où pouvaient provenir les nombreuses tipules retrouvées dans sa maison depuis quelques hivers. Le nombre n’était pas mentionné, mais il semblait s’agir d’un assez grand nombre d’individus.

En outre, la présence de tipules dans nos demeures pendant les mois hivernaux ne semble pas être une chose rare. Mais d’où peuvent-elles bien venir?

Je vous avais précédemment parlé des tipules dans cette première chronique. Pour ma part, je connaissais déjà les larves des tipules, puisqu’on en retrouve communément dans les milieux aquatiques. En particulier, j’en avais récolté dans plusieurs de nos rivières québécoises. Toutefois, les larves de nombreuses espèces se développent également en milieu terrestre. Ces dernières ont un faible pour les endroits humides, comme la litière de feuilles jonchant le sol ou les troncs d’arbres pourris.

Par conséquent, un pot de fleurs qu’on laisse dehors pendant l’été ou encore le bois mort utilisé pour alimenter un foyer constituent de bons habitats pour ces larves. Vous aurez donc compris que c’est quand on entre nos pots de fleurs ou le bois de chauffage à l’intérieur qu’on y fait aussi entrer les larves de tipules. Si on ne les détecte pas – ce qui arrive habituellement –, celles-ci continuent leur cycle de vie au chaud. Elles émergent donc en tant qu’adultes en plein hiver, alors qu’elles auraient normalement dû ralentir leur développement pendant les mois plus froids et émerger seulement au printemps si elles étaient demeurées à l’extérieur.

Que faire avec ces tipules qui émergent dans nos maisons? Je serais portée à vous dire de les laisser tranquilles, simplement! Incapables de se nourrir convenablement ou de se reproduire – à moins d’en avoir vraiment beaucoup en même temps –, elles mourront après quelques jours et le problème se réglera par lui-même. Si leur nombre est élevé, je ne saurais vous dire si elles pourraient réussir à se reproduire et à pondre dans vos plantes d’intérieur. Vous pouvez toujours les capturer et en disposer comme cela vous convient. Il faut savoir que ces insectes sont inoffensifs pour les humains : ils ne mordent pas et ne piquent pas. Vous pouvez donc les manipuler sans subir d’inconvénients. Naturellement, je prêche toujours pour ne pas blesser d’insectes, mais cette décision vous appartient!

Devinette 6b_2015-10-24

Plusieurs larves de tipules vivent sous la litière au sol – comme celle-ci recueillie alors que je ramassais les feuilles mortes dans mes plates-bandes

Pour terminer, si le problème est récurrent d’année en année, le plus simple est d’identifier la source d’introduction et de l’éliminer. Autrement, il faut accepter le risque d’introduire quelques « amis » indésirables!

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