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Joyeuse Halloween 2015!

Plusieurs insectes se sont parés de couleurs dignes de l’Halloween. Les laisseriez-vous entrer dans votre demeure s’ils cognaient à votre porte pour obtenir des friandises?

Peu importe! Ces charmantes bêtes dotées de pics et de poils, ainsi que moi-même, vous souhaitons Joyeuse Halloween 2015!

Coccinelle asiatique larve 3

Larve de coccinelle asiatique

Arctiide asclépiade

Arctiide de l’asclépiade

Sympetrum femelle

Sympetrum vicinum femelle

 

Capsule : Chenille ou pas?

Depuis quelques années, il m’est arrivée à plusieurs reprises de voir des amateurs de photographie demander de l’aide afin d’identifier une chenille… qui n’en était pas une! Il faut dire que plusieurs larves appartenant à d’autres ordres d’insectes ressemblent en effet à nos jeunes papillons en devenir.

Dans le cadre de la prochaine chronique, je compte vous parler de quelques insectes qui ressemblent à des chenilles et vous donner des conseils d’identification. Comme vous êtes très bons dans les devinettes, j’en profite pour vous soumettre plusieurs photographies d’insectes. Sur certaines d’entre elles figurent de « vraies » chenilles, alors que les autres présentent des « sosies » qui n’en sont pas!

Votre tâche : identifier qui est une chenille (un lépidoptère) et qui ne l’est pas! Simple, n’est-ce pas?

Pour ce faire, vous êtes invités à répondre à cette devinette en vous joignant à la Page Facebook DocBébitte ou en inscrivant vos réponses dans la section « Commentaires » de la présente chronique. La réponse sera fournie lors de la prochaine publication DocBébitte!

PS – Cliquer sur les images pour les agrandir!

 

Qui est une chenille et qui ne l’est pas?
#1.Devinette 1_2015-10-24 #2.Devinette 2_2015-10-24 #3.Devinette 3_2015-10-24
#4.Devinette 4_2015-10-24 #5.Devinette 5_2015-10-24 #6.Devinette 6b_2015-10-24
#7.Devinette 7_2015-10-24 #8.Devinette 8_2015-10-24 #9.Devinette 9_2015-10-24
#10.Devinette 10_2015-10-24 #11.Devinette 11_2015-10-24 #12.Devinette 12_2015-10-24

Lisse ou rugueux, ton osmoderme?

Il y a quelques étés, j’eus la chance d’observer de près un fort joli coléoptère déambulant nonchalamment sur le pavé de ma cour. Ladite bête était d’une taille appréciable, ce qui attisa ma curiosité. Pensant faire affaire à un carabe (voir cette chronique),  je m’approchai de l’individu pour l’examiner et fus surprise de voir qu’il s’agissait d’un nouvel insecte que je ne connaissais pas encore.

Osmoderme rugueux

Joli osmoderme rugueux dont j’ai fait la connaissance il y a trois étés

Osmoderma eremicola

Osmoderme ermite dans ma main : il fait 30 mm de long

L’insecte en question était loin d’être farouche et me laissa le photographier allègrement sous tous ses angles. Je pris également quelques vidéos, dont une que vous pourrez visionner à la fin de la présente chronique. Photos en main, je commençai à feuilleter le livre Les insectes du Québec (Dubuc, 2007) et trouvai rapidement une correspondance : mon mignon coléoptère était en fait un osmoderme rugueux (Osmoderma scabra).

Dans la chronique de la semaine dernière, je vous faisais deviner quelle était l’identité d’un autre gros coléoptère de ce genre : il s’agissait d’un osmoderme ermite (Osmoderma eremicola). J’avais trouvé ce dernier mort dans un sentier et l’avais ramené à la maison afin de l’identifier et de l’épingler (ajout à ma collection « écorespectueuse » faite d’invertébrés déjà retrouvés morts).

À eux deux, les individus précités constituent les représentants du genre osmoderme retrouvés au Québec. En effet, selon Hardy (2014), deux espèces ont été récoltées à ce jour au Québec : O. scabra et O. eremicola.

Les osmodermes sont des scarabées (famille : Scarabaeidae) et, plus particulièrement, des cétoines (sous-famille Cetoniinae). Leur aire de distribution couvre la côte est de l’Amérique du Nord. Au Québec, on les retrouve dans tout le sud de la province.

O. scabra côté

Osmoderme rugueux, vu de côté

Les deux familles observées au Québec sont étroitement associées à des habitats forestiers : les larves se développent dans le bois pourri et les troncs creux des arbres. Les adultes, de leur côté, s’observent également sous ou sur le bois et peuvent notamment être attirés par des écoulements de sève dont ils se nourrissent. À ce qu’il semble, ils ne causeraient pas de dommage aux arbres sains. Plus spécifiquement, l’osmoderme rugueux est associé aux forêts décidues comprenant de vieux érables et des peupliers faux-trembles, alors que l’osmoderme ermite vivrait davantage dans les forêts peuplées de chênes.

D’autres caractéristiques permettent de différencier ces deux espèces. Par exemple, comme son nom l’indique, les élytres (ailes postérieures durcies) de l’osmoderme rugueux sont striés, alors que la tête et le pronotum (segment situé entre la tête et les élytres) sont ponctués. Bref, le corps de cette espèce est plutôt… rugueux! En revanche, le corps de l’osmoderme ermite est plus luisant. Son pronotum est peu ponctué et ses élytres sont faiblement striés de sorte qu’ils semblent lisses.

Un autre attribut qui m’a rassurée quant à l’identification de l’osmoderme que j’avais trouvé mort cet été est l’apparence du pronotum : celui de l’osmoderme ermite est formé d’une dépression en son centre. Ce n’est pas le cas chez les osmodermes rugueux, quoique les mâles soient munis de deux à quatre carènes (arêtes) faisait en sorte qu’il faut les regarder attentivement pour ne pas prendre le creux entre ces dernières pour une dépression. Vous pouvez voir une photographie d’un mâle osmoderme rugueux dont les carènes sont apparentes sur Bug Guide en cliquant sur ce lien. J’affiche aussi, dans la présente chronique, des photos côte à côte de nos deux espèces pour vous permettre de les comparer.

Osmodermes comparaison_Détails

Comparaison entre l’osmoderme rugueux (O. scabra) et l’osmoderme ermite (O. eremicola); cliquer sur la photo pour l’agrandir

De plus, l’osmoderme ermite atteint une taille supérieure (environ 21 à 32 centimètres) à celle de l’osmoderme rugueux (environ 15 à 26 centimètres); les très gros individus risquent donc d’appartenir davantage à la première espèce qu’à la seconde. Néanmoins, dans les deux cas, il s’agit tout de même de gros insectes, comme en témoignent mes photographies. Malgré leur grande taille, ces scarabées sont pacifiques et ne semblent pas portés à mordre. Vous pouvez vous laisser aller à les manipuler!

Bien que la documentation consultée indique que ces coléoptères sont plus actifs la nuit, les quelques individus vivants que j’ai croisés jusqu’à maintenant étaient actifs pendant la journée. Cela dit, il semblerait qu’ils soient attirés par les lumières le soir, faisant en sorte que vous pourriez les apercevoir lors de soirées d’été près de vos demeures (si des boisés sont situés à proximité, bien sûr)!

Pour terminer, un fait intriguant que j’ai appris en effectuant mes recherches pour la présente chronique est que nos deux espèces d’osmodermes québécoises émettraient une odeur de cuir lorsqu’elles sont manipulées. Étrangement, cela cadre bien avec leur apparence cuirassée!

 

Vidéo. Sympathique osmoderme rugueux se promenant sur ma main.

 

Pour en savoir plus

  • Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
  • Evans, A.V. 2008. Field guide to insects and spiders of North America. 497 p.
  • Evans, A.V. 2014. Beetles of Eastern North America. 560 p.
  • Hardy, M. 2014. Guide d’identification des Scarabées du Québec (Coleoptera: Scarabaeoidae). Entomofaune du Québec (EQ) inc., Saguenay. 166 pages.
  • Bug Guide. Genus Osmoderma. http://bugguide.net/node/view/9890
  • Bug Guide. Species Osmoderma eremicola. http://bugguide.net/node/view/9891
  • Bug Guide. Species Osmoderma scabra. http://bugguide.net/node/view/15974

 

Dans l’œil de mon microscope : le cuirassé

Certains insectes sont vêtus d’habits coriaces et semblent prêts à affronter toute menace. C’est le cas d’un gros individu que j’ai retrouvé mort au sol l’été dernier et qui figure sur la photographie ci-dessous.

Je vous parlerai plus amplement de cet insecte lors de la prochaine chronique, mais, entre temps, je vous laisse le plaisir de tenter de deviner à quel groupe il appartient!

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Devinette 2015-10-11

Quel insecte ou quel groupe d’insectes est muni d’une cuirasse comme celui-ci?

Un autographe SVP, Monsieur le papillon!

Cette semaine, je vous raconte l’histoire d’une photo! Vous avez sans doute remarqué que je vous recommande souvent, lorsque vous prenez des clichés d’invertébrés, de les photographier de tous bords, tous côtés, afin de permettre une identification réussie des individus. Il arrive toutefois que certains insectes présentent des caractéristiques singulières, permettant de les reconnaître à partir d’une simple photo. C’est le cas de notre invertébré de la semaine.

Il faut dire qu’il n’y avait pas de risque que je rate ladite photo. Celle-ci me fut transmise à trois reprises en cinq minutes par mon père (Ah, les parents et la technologie!). Cela dit, le papillon de nuit qui y figurait présentait plusieurs attributs inusités, incluant ce que je pourrais qualifier de « houppes », ainsi qu’une marque pâle de forme particulière sur l’aile. Cette marque était constituée d’une partie supérieure ovale jointe à ce qui ressemblait à un « V » inversé. Selon les individus, ces deux formes ne sont pas toujours liées (voir cette photo tirée de Bug Guide en exemple). En outre, ces caractéristiques me permirent de confirmer l’espèce photographiée : un autographe commun (Autographa precationis).

Autographe commun_1

L’autographe commun observé par mon père

L’autographe commun appartient à la grande famille des noctuelles (Noctuidae), des papillons de nuit dont plusieurs espèces sont bien connues, car elles sont attirées par les lumières les soirs d’été. C’est le cas de notre papillon, que l’on rencontre habituellement dans les champs, les jardins et tout autre endroit ouvert où poussent des herbacées variées. Comme leur période de vol s’étale de l’été au début de l’automne et qu’ils nous côtoient de près, il n’est donc pas inusité que mon père ait observé un individu de cette espèce en ville à ce temps-ci de l’année.

Ce n’est sans doute pas une surprise de rencontrer l’adulte près de lieux où poussent toutes sortes de « mauvaises » herbes : la chenille se délecte d’une vaste variété de plantes herbacées, incluant les pissenlits, les chardons, les plantains, certaines espèces de malvacées, les trèfles et les tournesols. Celle-ci est d’ailleurs très jolie et marie le vert et le noir à perfection (voir cette photographie – les pattes noires et la bande noire englobant les yeux sont deux critères aidant à l’identification).

Autographe commun_détails

Quelques détails pour vous aider à l’identification de cette noctuelle

Quelques adultes d’autres espèces de noctuelles appartenant à la même sous-famille que l’autographe commun (Plusiinae) pourraient être confondus avec ce dernier. C’est cependant la combinaison de la marque pâle sur l’aile avec une tache roussâtre à l’arrière de cette dernière, ainsi qu’une fine ligne blanchâtre dont la base touche pratiquement celle du V inversé, qui permet de le différencier de ses consœurs noctuelles – notamment la fausse-arpenteuse du chou (Trichoplusia ni) qui ne possède pas de ligne pâle (voir ici) ou la chenille arpenteuse du soja (Chrysodeixis includens) dont la ligne est située plus loin vers l’avant (cette photo).

Ce joli papillon de taille moyenne (18 à 20 millimètres de long; envergure des ailes atteignant 38 millimètres) peut produire au moins trois générations par année selon la latitude – Wagner (2005) parle plus précisément de deux générations dans les environs du Connecticut et trois plus au sud. Cette productivité, associée au fait que notre autographe vit près de nos maisons, en fait un papillon de nuit que vous risquez fort d’observer! Avec les froids automnaux qui s’amorcent, c’est toutefois une partie remise pour l’été prochain!

 

Pour en savoir plus

  • Beadle, D. et S. Leckie. 2012. Peterson field guide to moths of Northeastern North America. 611 p.
  • Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
  • Evans, A.V. 2008. Field guide to insects and spiders of North America. 497 p.
  • Wagner, D.L. 2005. Caterpillars of Eastern North America. 512 p.
  • Bug Guide. Species Autographa precationis – Common Looper Moth. http://bugguide.net/node/view/7238
  • Wikipedia. Autographa precationis. https://en.wikipedia.org/wiki/Autographa_precationis