Pour en apprendre plus sur les invertébrés!
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Gagnants du concours de photographie 2014 : Les lecteurs ont opté pour plus d’une photo!

Toute une surprise m’attendait cette année dans le cadre du concours amical de photographie d’invertébrés. Ce n’est pas une photo, ni deux, mais trois photos qui se sont retrouvées ex æquo!

Il faut dire que les lecteurs avaient le choix entre vingt-six photographies, fort différentes et aussi belles les unes que les autres. Ils auront eu de la difficulté jusqu’à la toute fin pour trancher pour leur coup de cœur.

Comme une chose promise est une chose due, je n’écrirai pas une chronique, mais bien trois chroniques mettant en vedette, tour à tour, la photographie d’un des gagnants. Ces chroniques dépeindront également le portrait des insectes croqués sur le vif.

Les trois coups de cœur choisis par les lecteurs de DocBébitte sont :

  • Mélanople birayé par France St-Aubin
  • Mouche Lauxaniidae par Sylvie Benoit
  • Duo d’hémiptères (Stenottus binotatus et Homaemus aenifrons) par Jean Soucy

C’est donc un rendez-vous au courant des prochaines semaines pour plus de détails sur chacun de ces insectes!

F. St-Aubin_2

Mélanople birayé par France St-Aubin

 

S. Benoit_1

Mouche jaune (famille Lauxaniidae) par Sylvie Benoit

 

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Duo d’hémiptères (Stenottus binotatus et Homaemus aenifrons) par Jean Soucy

Colorée, cette cicadelle!

Graphocephala sp.

Joli agencement de couleurs sur cette cicadelle

L’ordre des hémiptères, groupe qui inclut notamment les sympathiques punaises terrestres et les cigales, est composé de plusieurs autres familles au sujet desquelles je n’avais pas encore eu l’occasion d’écrire.

Graphocephala sp. 2

Les cicadelles du genre Graphocephala sont communes dans nos plates-bandes

Une de ces familles est celle des cicadelles (Cicadellidae), de petits insectes sauteurs mesurant généralement moins d’un centimètre. Elle comporte environ 2 500 espèces en Amérique du Nord, dont un individu à la robe colorée que j’ai eu la chance de photographier cet été et qui appartient au genre Graphocephala. Ce genre inclut une espèce nommée « Cicadelle multicolore » (Graphocephala coccinea, non retrouvée au Québec selon le site « Les hémiptères du Québec ») qui porte très bien son nom!

Comme de nombreux hémiptères, les cicadelles se nourrissent des fluides de diverses plantes à l’aide de leur rostre, qui leur sert de « paille ». Ce dernier comporte deux canaux : un premier servant à injecter la salive dans la plante et un second servant à aspirer la nourriture. L’injection de salive peut engendrer des dommages, allant d’une simple décoloration des plantes jusqu’à la mort. D’ailleurs, les habitudes alimentaires des cicadelles peuvent s’avérer être un vecteur de maladies. À l’instar d’une seringue non désinfectée, elles charrient en effet des pathogènes d’une plante à l’autre lorsqu’elles y plongent leur rostre.

Les cicadelles du genre Graphocephala seraient particulièrement attirées – selon l’espèce – par les framboisiers, les rosiers, les rhododendrons, ainsi que d’autres plantes ornementales qui bordent nos maisons. Ce n’est donc pas une surprise d’observer des individus de ce groupe près de nos demeures.

Osbornellus sp.

Les pattes postérieures de cette cicadelle (Osbornellus sp.) sont visibles et munies de rangées d’épines

Cercope aphrophora quadrinotata

Les pattes postérieures de ce cercope (Aphrophora sp.) sont bien cachées sous ses ailes

Les cicadelles et les cercopes (j’ai parlé des nymphes de cercopes dans cette précédente chronique) se ressemblent beaucoup. Une façon de les distinguer est d’examiner leurs pattes. Les pattes des cercopes sont plus discrètes et partiellement cachées sous leurs ailes, alors que celles des cicadelles sont plus apparentes. De plus, les tibias des pattes postérieures des cicadelles sont munis de rangées d’épines bien visibles. En revanche, ceux des cercopes ne possèdent qu’un amas d’épines à leur extrémité.

De même, les cicadelles arborent fréquemment des couleurs vives, par opposition aux cercopes qui portent une robe plus sobre. C’est le cas de notre cicadelle en vedette, dont les bandes vertes et rouges des ailes se marient avec  la couleur jaune de la tête et des pattes. Joli agencement de couleurs, n’est-ce pas?

Fait intéressant, les cicadelles, tout comme les cercopes, n’utilisent que leurs deux premières paires de pattes pour marcher. Elles maintiennent leurs pattes postérieures rangées le long du corps et s’en servent uniquement pour bondir lorsque venu le temps de s’envoler. D’ailleurs, le nom commun anglais des cicadelles est « leafhopper », un nom représentatif de leur propension à bondir à la dernière minute lorsque l’on tente de les approcher… ou de les prendre en photo!

 

Pour en savoir plus

 

Une punaise pas si verte que ça!

Connaissez-vous la punaise verte (Chinavia hilaris ou, plus anciennement, Acrosternum hilare)? Il est fort à parier que vous avez déjà vu cette belle grosse punaise terrestre, facilement reconnaissable par sa couleur vert flamboyant.

Punaise verte

La punaise verte porte bien son nom lorsque au stade adulte

En revanche, avez-vous déjà observé des nymphes (stade juvénile) de punaise verte? Si oui, ou bien vous ne saviez tout simplement pas de quoi il s’agissait ou bien vous avez fait comme moi et vous avez cherché pendant une bonne demi-heure avant de trouver de quelle espèce il était question! La raison est la suivante : la nymphe de la punaise verte est… tout sauf verte! Elle arbore effectivement de jolies taches de couleur jaune (ou carrément blanche chez les toutes jeunes nymphes, comme sur cette photo) et orange sur fond noir. Les nymphes des stades plus avancés présentent toutefois des teintes de plus en plus vertes sur l’abdomen. C’est le cas de la photographie-mystère de la semaine dernière. Il s’agissait du dos d’une nymphe de punaise verte. Très jolie, mais aussi fort différente de l’adulte.

Punaise verte_nymphe 2

Jeune punaise verte (nymphe)

Punaise verte_nymphe 3

Nymphe de punaise verte – on voit bien son rostre

La punaise verte est très commune au Québec. On la retrouve couramment dans nos jardins. Elle se délecte de végétaux de toutes sortes : tiges et feuilles de diverses plantes, incluant des arbres fruitiers (pommiers, pêchers), graines en développement (soja, fèves, maïs) et légumes du jardin (tomates, aubergines, etc.). C’est à l’aide de son rostre (long appendice ressemblant à une trompe) qu’elle sirote les fluides de ses aliments préférés. Son comportement alimentaire fait d’elle un insecte pas toujours très apprécié des cultivateurs et des jardiniers.

On me demandait récemment comment je faisais pour savoir si une punaise observée était une nymphe ou un adulte. La réponse est simple : il suffit de regarder son dos! Si celui-ci est muni d’ailes bien développées, il s’agit d’un adulte. En revanche, les nymphes possèdent des ailes peu développées et repliées dans ce que l’on appelle un fourreau allaire. Ce fourreau est noir chez la jeune punaise verte et on peut reconnaître les ailes en devenir en l’examinant de plus près.

Les punaises vertes font partie de la famille Pentatomidae, un groupe riche en individus colorés dont plusieurs espèces sont considérées comme étant bénéfiques (elles ne s’attaquent pas toutes aux plantes). Vous pouvez compter sur moi pour vous en parler à nouveau dans une future chronique! En anglais, le nom commun des punaises appartenant à cette famille est « stink bug ». Celui de la punaise verte en particulier est « green stink bug ». Pourquoi ce nom? À ce qu’il semble, les pentatomidés sont capables d’émettre une odeur désagréable et nauséabonde. Quoi de mieux pour faire fuir les prédateurs qu’un repas qui sent mauvais? Plus précisément, chez la plupart des punaises adultes, ces « mauvaises odeurs » proviendraient de glandes odoriférantes situées sur le thorax. Les nymphes, quant à elles, posséderaient des glandes différentes s’ouvrant sur leur abdomen, mais dont la résultante est la même : puer!

Punaise verte_nymphe 1

Nymphe de punaise verte à un stade plus avancé : on devine la coloration de plus en plus verte de l’abdomen

Bien que j’aie manipulé un bon nombre de pentatomidés, il ne m’est jamais arrivée de sentir une odeur déplaisante. Je n’ai pas encore résolu le mystère à savoir si c’est moi qui suis incapable de sentir les composés chimiques qu’ils émettent ou si ils ne me perçoivent simplement pas suffisamment comme une menace pour expulser leurs effluves sous mon nez. Et vous, avez-vous déjà croisé une punaise qui sentait mauvais?

 

Pour en savoir plus

 

Dans l’œil de mon microscope : drôle de carapace!

Certains invertébrés arborent des couleurs et des motifs qui savent plaire à nos yeux d’amateurs! C’est le cas de l’insecte mis en vedette dans la photographie ci-dessous. Il s’agit plus spécifiquement de la face dorsale de son abdomen. Ne vous fait-elle pas penser, en quelque sorte, à une carapace de tortue?

Qui est cet insecte? Serez-vous surpris de savoir qu’il s’agit d’un individu bien connu?

Comme à l’habitude, vous êtes invités à inscrire vos réponses à cette devinette sur la page Facebook Docbébitte. Pour ceux qui ne possèdent pas de compte Facebook, vous pouvez aussi répondre dans la section commentaire de la présente page Internet!

Devinette 2014-09-08

Qui suis-je? Non, je ne suis pas une tortue!

Concours amical de photographie 2014 : l’heure du vote!

Vous êtes nombreux à avoir participé au concours amical de photographie d’invertébrés 2014! Parmi les participants, on retrouve des jeunes (deux qui ont moins de 18 ans – bravo la relève!) et des moins jeunes (dont je tairai l’âge!), des entomologistes aguerris, ainsi que des néophytes. Une chose les rassemble: de superbes photographies témoignant de leur fascination pour les petites bêtes de ce monde!

Un concours amical signifie un jugement amical. C’est pourquoi je vous convie, chers lecteurs, à me transmettre votre vote quant à votre photo « coup de cœur ».

La façon de procéder est simple : il vous suffit de me transmettre le numéro de la photographie pour laquelle vous votez, ainsi que le nom de l’auteur de la photo concernée. Aussi, chaque personne a droit à un vote. Si vous avez soumis une photographie au concours, vous avez également droit de vote!

Vous pouvez me faire parvenir vos votes de deux façons :

  • 1) Transmettez-moi un courriel à info@docbebitte.com. Dans ce cas, comme les adresses courriel n’indiquent pas toujours le nom, SVP m’indiquer votre prénom et votre nom, afin de je compile qui a voté (simplement pour éviter qu’une même personne vote deux fois);
  • 2) Écrivez-moi un message privé sur Facebook, à partir de la page Docbébitte.

Voilà, c’est maintenant à vous de jouer! Il ne vous reste plus qu’à admirer les photographies ci-dessous et à me transmettre votre vote. Vous avez jusqu’au 21 septembre pour voter. Que le meilleur gagne!

PS – Les photographies sont affichées en ordre alphabétique d’ordre d’invertébrés (De Araneida à Orthoptera). De plus, il faut cliquer sur ces dernières pour les afficher en version « plein écran ». N’oubliez pas ensuite de peser sur la flèche « retour arrière » pour revenir sur le site DocBébitte!

 

Photographies en candidature
#1. Claudine Dussault. Épeire diadème, Les Saules.C.Dussault_3

#2. France St-Aubin. Épeire diadème, Rivière-Beaudette.F. St-Aubin_1 #3. Sylvie Benoit. Calligraphe du bident, Salaberry-de-Valleyfield.S. Benoit_3
#4. Jean Soucy. Charançon de la pomme, Notre-Dame du Portage.OLYMPUS DIGITAL CAMERA #5. Jean Soucy. Charançon vert pâle, Rivière-du-Loup.OLYMPUS DIGITAL CAMERA  #6. Ludovic Leclerc. Chrysomèle de l’asclépiade, Québec.L. Leclerc_1
#7. Emmy Benoit. Longicorne, Sainte-Sophie.E. Benoit_2 #8. Martin Benoit. Longicorne, Riviera Maya (Mexique).MatinBenoit_1 #9. Emmy Benoit. Scarabée ponctué de la vigne, Sainte-Sophie.E. Benoit_1
#10. Céline Benoit Anderson. Chironome, Salaberry-de-Valleyfield.CélineAnderson_1 #11. Sylvie Benoit. Mouche Lauxaniidae, Salaberry-de-Valleyfield.S. Benoit_1 #12. Marie-Laure Tremblay. Limace, Limoilou.ML. Tremblay_1
#13. Jean Soucy. Duo d’hémiptères (Stenottus binotatus et Homaemus aenifrons), Notre-Dame du Portage.OLYMPUS DIGITAL CAMERA #14. Céline Benoit Anderson. Punaise Euschistus sp. (nymphe), Salaberry-de-Valleyfield.CélineAnderson_2 #15. Marie-Laure Tremblay. Punaise sp., Limoilou.ML. Tremblay_2
#16. Claudine Dussault. Diprion importé du pin, Saint-Jean-Port-Joli.C.Dussault_1 #17. Christian Anderson. Pélécinide, Salaberry-de-Valleyfield.ChristianAnderson_2 #18. Christian Anderson. Diacrisie de Virginie, Salaberry-de-Valleyfield.Christian Anderson_1
#19. Claudine Dussault. Monarque, Ancienne-Lorette.C.Dussault_2 #20. France St-Aubin. Monarque, Rivière-Beaudette.F. St-Aubin_3 #21. Ludovic Leclerc. Monarque, Québec.L. Leclerc_2
#22. Sylvie Benoit. Papillon du céleri, Salaberry-de-Valleyfield.S. Benoit_2 #23. Emmy Benoit. Papillon Morpho, Riviera Maya (Mexique).E. Benoit_3 #24. Dave Clermont. Macromie brune (didymops transversa), Granby.D. Clermont_1
#25. France St-Aubin. Mélanople birayé, Rivière-Beaudette.F. St-Aubin_2 #26. Céline Benoit Anderson. Mélanople birayé, Salaberry-de-Valleyfield.CélineAnderson_3