Pour en apprendre plus sur les invertébrés!
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Concours amical de photographie: Passons aux votes!

Plusieurs photographes en herbe ont répondu à l’appel en ce qui concerne ce tout premier concours de photographies d’invertébrés sur Docbebitte.com! Leurs chefs-d’œuvre sont affichés un peu plus bas dans la présente chronique, par ordre alphabétique d’invertébré impliqué.

Je souhaite personnellement remercier ces participants pour leurs contributions!

C’est maintenant à votre tour, chers lecteurs, de travailler un peu. Vous avez la difficile tâche de voter pour votre coup de cœur! Comment procéder? C’est simple! Vous avez deux options:

  • Vous connecter sur https://www.facebook.com/Docbebitte et me transmettre un message indiquant le numéro de la photographie pour laquelle vous votez, ainsi que le nom de l’auteur.
  • Me transmettre un courriel à info@docbebitte.com indiquant le numéro de la photographie pour laquelle vous votez et le nom de son auteur. Dans ce second cas, vous devez aussi m’indiquer votre nom. Cela est dû au fait que les adresses courriels n’indiquent pas toujours les noms réels et que je dois compiler qui vote afin d’éviter qu’une personne vote deux fois!

Tout le monde peut voter, même ceux qui m’ont transmis des photographies. En fait, je suis la seule qui n’a pas le droit de vote! Cela dit, vous n’avez le droit de voter qu’une seule fois!

Les votes sont possibles jusqu’au lundi 14 octobre inclusivement.

N’hésitez pas à inviter vos parents et amis à venir voir les photos et à voter pour leur coup de cœur!

Sur ce, je vous souhaite bonne chance (pour les participants) et bon visionnement (pour les juges)!

 

Photographies en nomination

Cliquez sur les photos si vous souhaitez les voir « plein écran »… mais n’oubliez pas d’appuyer sur la flèche de retour pour revenir sur le présent site!

Belle Dame_CB

Photo #1. Belle-Dame (papillon), Salaberry-de-Valleyfield (Québec). Céline Benoit Anderson.

 

Criquet_CB

Photo #2. Criquet (mélanople sp.), Salaberry-de-Valleyfield (Québec). Céline Benoit Anderson.

 

Demoiselle_SB

Photo #3. Demoiselle bistrée, Parc de la Mauricie (Québec). Sylvie Benoit.

 

Demoiselle Enallagma sp_MLT1

Photo #4. Demoiselle bleue (Enallagma sp.), Québec (Québec). Marie-Laure Tremblay.

 

Diplopode_SB

Photo #5. Diplopode, Thetford (Québec). Sylvie Benoit.

 

Escargot_MLT

Photo #6. Escargot, Québec (Québec). Marie-Laure Tremblay.

 

Libellule lydienne_CA

Photo #7. Libellule lydienne, Salaberry-de-Valleyfield (Québec). Christian Anderson.

 

Mante_EB

Photo #8. Mante religieuse, Sainte-Sophie (Québec). Emmy Benoit.

 

Monarque_BL

Photo #9. Monarque (papillon), Montréal (Québec). Brigitte Laberge.

 

Punaises bimaculées_MLT

Photo #10. Punaises bimaculées, Québec (Québec). Marie-Laure Tremblay.

 

Scarabée vigne_CB

Photo #11. Scarabée de la vigne, Salaberry-de-Valleyfield (Québec). Céline Benoit Anderson.

 

Sphinx colibri_SB

Photo #12. Sphinx colibri, Louisbourg (Nouvelle-Écosse). Sylvie Benoit.

Un piège mortel

Araneus diadematus 2

Épeire diadème et sa proie

Si je vous dis les mots « invertébré prédateur », à quoi pensez-vous? Le mot « araignée » vous est-il venu en tête?

Les araignées sont effectivement passées maîtres dans l’art de capturer diverses proies, parfois aussi grosses quelles-mêmes! Plusieurs d’entre elles disposent de l’arme parfaite du crime : la toile!

La capacité des araignées de tisser des toiles de toutes sortes est admirable. Elles utilisent, pour ce faire, une soie qu’elles produisent dans leur abdomen et qui est presque entièrement composée de protéines. Dans le corps des araignées, cette soie se retrouve sous forme liquide. Elle se solidifie toutefois rapidement aussitôt qu’elle est extraite de l’abdomen. Elle forme alors une fibre solide, mais élastique.

Je parle de soie « extraite » de l’abdomen, car cette dernière n’est effectivement pas « projetée » hors du corps de l’araignée. Celle-ci doit soit l’extraire elle-même de façon manuelle, avec ses pattes, ou encore attacher (ou coller) sa soie à un point donné et s’en éloigner. Soulignons toutefois que certaines araignées ont développé une tactique fort étonnante qui consiste à projeter leur soie, et ce, non pas par derrière, mais par leur bouche! Il n’en demeure pas moins que la majorité des araignées ont tout de même adopté la première méthode mentionnée!

Araneus diadematus 1

Toile orbiculaire verticale (Épeire diadème)

Orbiculaire

Toile orbiculaire horizontale (Tetragnatha sp.)

Différents types de soie, présentant des propriétés variées, peuvent être produits par les araignées, selon le besoin visé (voir cet article). Ainsi, certaines araignées tissent un fil unique qui les suit partout. Il s’agit en quelque sorte d’une corde de sécurité qui leur permet de se ressaisir si elles perdent pied! Elles peuvent s’en servir aussi si elles sont perturbées : il leur suffit de se jeter en bas de leur promontoire pour échapper à tout danger. Leur corde de sécurité les retiendra! Les araignées se servent également de leur soie pour produire des cocons, soit pour s’y cacher ou encore pour protéger leurs œufs.

Les toiles, quant à elles, correspondent à l’usage le plus spectaculaire que font les araignées de leur soie. Quatre grandes catégories de toiles peuvent être distinguées et chacune est caractéristique d’un ou de quelques groupes d’araignées : toile orbiculaire, toile en entonnoir, toile en hamac et toile-échafaudage.

La toile orbiculaire est la classique toile ronde, composée de rayons, de cercles concentriques et d’une partie centrale où repose l’araignée. Alors que les rayons et la partie centrale sont composés de soie non collante, les cercles, eux, sont humides et collants. Ce sont donc ces derniers qui jouent le rôle principal dans la capture des proies. Comme leur efficacité diminue lorsqu’ils sèchent, les araignées vont détruire et recommencer leur toile sur une base régulière. Cependant, afin d’éviter de perdre toutes ces précieuses protéines, les araignées vont manger leur toile et recycler les protéines qu’elle contient. Même les araignées ont compris que le recyclage était une bonne idée!

Entonnoir

Toile en entonnoir

Toile hamac

Toile en hamac

La toile en entonnoir est également facilement reconnaissable. Pour ceux qui ont des haies de thuyas (je pense à mes parents en particulier!), vous n’êtes pas sans connaître ce type d’araignée! Ces toiles sont généralement composées d’une partie plate horizontale qui conduit à une cachette en forme d’entonnoir. Lorsqu’une proie se retrouve coincée dans la toile, l’araignée sort de sa cachette en un clin d’œil pour s’en emparer.

La toile en hamac peut ressembler à la première partie de la toile en entonnoir, sauf qu’elle ne conduit pas à une cachette. Elle peut se présenter sous différentes formes : plate, en forme de cuvette ou en forme de dôme. L’araignée se tient habituellement sous la toile, tête en bas, prête à saisir toute proie qui s’y collera.

Finalement, la toile-échafaudage ressemble à un amas de fils qui auraient été tissés au hasard. Malgré leur apparence peu soignée, ces toiles sont, en fait, minutieusement construites. Elles constituent un labyrinthe qui est généralement fatal pour toute proie qui s’y aventure. L’araignée profite du fait que les proies sont désorientées pour s’en emparer.

Les toiles d’araignées font l’envie des ingénieurs. Elles sont élastiques et très résistantes – 5 fois plus que l’acier. Imaginez si l’on pouvait concevoir un produit de ce genre à l’échelle humaine!

Malgré leur extraordinaire résistance, elles ne sont toutefois pas à l’abri des différents perturbateurs environnementaux. Certaines études en laboratoire visaient à exposer les araignées à différents composés chimiques. Il en est ressorti que les araignées se mettaient à tisser des toiles anarchiques lorsqu’elles étaient sous l’influence de la caféine, de la marijuana, ainsi que d’autres composés (voir cet article). Cela a de quoi à nous faire réfléchir sur nos propres habitudes de consommation!

 

Galerie vidéo

Épeire diadème en train de « momifier » un bourdon. Notez la largeur de la soie, qui ressemble à un ruban.

 

Autre Épeire diadème qui accroche un bourdon au bout de son abdomen pour le ramener vers sa cachette.

 

Troisième Épeire diadème (oui, ce sont des araignées très communes!), cette fois-ci en train de tisser les rayons composant sa toile.

 

Araignées tisseuses de toile en entonnoir le long de ma maison.

 

 

Pour en savoir plus

 

Et la lumière fût! L’histoire d’une mouche qui n’en est pas une!

Les mouches à feu font partie des insectes dont on nous parle dès notre plus tendre enfance. On en retrouve dans les livres et les dessins animés. Elles sont souvent représentées par un genre de mouche, dont la base de l’abdomen est d’un brillant jaune vif. Tapez « firefly cartoon » sur google et vous verrez une myriade d’exemples de ce type.

Lampyridae 1

Lampyride à bordure orange (Ellychnia corrusca)

Or, les mouches à feu ne sont pas des mouches (ordre des diptères). Ce sont des coléoptères, de la famille des Lampyridae. De plus, elles portent habituellement des couleurs un peu plus sombres, quoique la base de l’abdomen de certaines espèces soit tout de même jaunâtre.

Autre fait étonnant : ce ne sont pas toutes les espèces de lampyrides (certains écrivent aussi « lampyres ») ou de lucioles qui produisent de la lumière! Du moins, pas chez les adultes. Une espèce très commune – Ellychnia corrusca ou lampyride à bordure orange – est en fait diurne et ne produit pas de lumière. Elle est si commune que vous en avez probablement déjà vu voleter autour de vous, et même se poser sur vous, lors de belles journées printanières ou estivales.

Lampyridae 2

Lampyride à bordure orange

Les lampyrides sont des prédateurs, et ce, tant sous forme adulte que sous forme larvaire (quoique qu’il semblerait que certains adultes ne se nourrissent pas, ou se nourrissent d’autres types d’aliments; la littérature que j’ai consultée n’est pas unanime à ce sujet). On retrouve d’ailleurs fréquemment les larves dans le compost, où elles se nourrissent d’autres petits organismes.

Les larves ont une allure très particulière. On dirait des dragons miniatures, tout droit sortis d’un livre de science fiction! Alors que leur « carapace » est brunâtre, leur abdomen présente une coloration jaunâtre qui trahie le fait qu’elles sont fluorescentes lorsqu’il fait noir. De fait, on peut voir ces couleurs, ainsi que l’allure générale de la larve, sur la vidéo que j’ai insérée à la toute fin de la chronique.

Aussi, les femelles appartenant à certaines espèces ont perdu la capacité de voler avec le temps. Elles ont perdu leurs ailes et sont, par conséquent, souvent confondues avec les larves. Toutefois, contrairement à ces dernières, la tête et les yeux des femelles sont bien visibles (voir cette photo en exemple). Comme elles ont préservé la capacité d’émettre de la lumière, on les qualifie souvent de « vers luisants », terme qui fait également référence aux femelles d’un groupe apparenté, de la famille des Phengodidae (à ne pas confondre avec les lucioles ou les lampyrides proprement dites).

Bien que ce ne soient pas toutes les espèces qui, une fois adultes, produisent de la lumière le soir venu, les larves, elles, sont toujours fluorescentes. Les œufs de certaines espèces sont également lumineux. Dans ces cas, l’objectif premier serait d’indiquer aux prédateurs que les œufs et larves ne sont pas comestibles, soit parce qu’ils goûtent mauvais, soit parce qu’ils sont carrément toxiques.

Larve lampyridae 2

Larve de lampyride

La production de lumière chez les adultes, quant à elle, a un autre but : attirer un compagnon ou une compagne! Les différentes espèces de lucioles ont un signal différent, question d’éviter d’attirer le mauvais partenaire. Ainsi, chacune des quelques 2 000 espèces de mouches à feu aurait un « code Morse » qui lui est propre. Or, il semblerait que les femelles appartenant à certaines espèces plus grosses aient appris à trafiquer leur signal afin d’attirer des mâles de plus petites espèces pour… les manger!

Cela dit, comment ces insectes produisent-ils de la lumière? Le processus mis en cause s’appelle la bioluminescence. Il s’agit d’une réaction chimique, impliquant différents types d’enzymes, qui se produit dans l’abdomen des lucioles. Fait intéressant, il semblerait que l’exosquelette (coquille externe de l’insecte) au niveau de l’abdomen de certaines lucioles soit configuré de sorte à diffuser davantage la lumière. Le procédé de production lumineuse de ces dernières est si efficace que même les scientifiques s’en inspirent pour améliorer la luminosité des DEL et diminuer les coûts énergétiques (voir cet article qui en parle en détail). Quelle brillante idée!

 

Ci-dessous, une vidéo mettant en vedette une larve de lampyride.

 

Pour en savoir plus

C’est un criquet, c’est un grillon… Non! C’est une camelline!

Dans la chronique de la semaine dernière, vous deviez tenter de deviner à qui appartenait les longues jambes figurant sur la photographie. Avez-vous réussi?

Camelline femelle

Camelline femelle

Peut-être avez-vous pensé qu’il s’agissait d’un criquet, d’un grillon ou d’une sauterelle? Vous n’étiez pas bien loin de la bonne réponse! Il s’agit d’une camelline, qui fait partie de l’ordre des orthoptères, tout comme les trois individus précités!

Les camellines font plus spécifiquement partie de la famille des Rhaphidophoridae (essayez de le dire à voix haute plusieurs fois de suite sans vous tromper!). Elles se distinguent de leurs cousins orthoptères par leur dos fortement recourbé. Elles portent d’ailleurs les noms anglais de camel cricket ou camelback cricket (criquet à dos de chameau), bien qu’il ne s’agisse pas à proprement dit d’un criquet. Elles sont aussi caractérisées par de longues antennes, l’absence d’ailes et une coloration brune, plutôt « moustachée ».

Ces insectes affectionnent les milieux sombres et humides tels les cavernes, les troncs d’arbres creux, les puits, etc. Chez moi, j’en retrouve en grande quantité dans mon bac à compost. Cela n’est pas surprenant, quand l’on sait qu’elles ont un goût prononcé pour les champignons et les matières végétales en décomposition. Selon leur appétit, elles peuvent même se satisfaire de quelques invertébrés morts ou vifs.

Microscope_2013-09_2 (camelline)

Les camellines possèdent de longues et solides pattes de derrière

Pour ce qui est de leurs longues pattes très développées, elles servent bien sûr à sauter! Les camellines seraient d’ailleurs capables de sauter jusqu’à quelques pieds de hauteur. Bien que plusieurs espèces d’orthoptères utilisent également leurs pattes pour produire des stridulations, les camellines ne sont pas reconnues comme étant des insectes chanteurs.

Il est facile de distinguer les mâles des femelles chez les adultes. Les femelles matures sont effectivement munies d’un long ovipositeur, qui ressemble en quelque sorte à une longue épine proéminente située tout au bout de leur abdomen (voir cette photo).

Les camellines constituent-elles une espèce nuisible? Il semble qu’elles puissent se retrouver à l’occasion dans nos demeures, en particulier si ces dernières abritent de petits recoins sombres et humides pouvant leur servir de nid douillet. Toutefois, contrairement à certaines « pestes », il semble relativement facile de se débarrasser de ce type d’insecte. Il suffirait d’identifier les coins sombres et humides et de les éliminer. Une maison sèche ne revêt aucun intérêt pour les camellines!

Cela dit, les camellines ne mordent ni ne piquent les humains (j’ai encore tous mes doigts, à ma connaissance!). Si vous êtes assez rapides – elles bondissent et se faufilent assez rapidement – vous pouvez les attraper et les manipuler sans inquiétude. Vous pourrez ainsi observer leurs caractéristiques et leurs longues jambes… presque comme si vous les observiez à travers l’œil d’un microscope!

Camelline mâle 2

Camelline mâle, vue de dos

 

Pour en savoir plus

Dans l’œil de mon microscope : 2) Belles jambes!

Cette semaine, vous devez devinez qui possède ces jolies longues jambes qui feraient rêver d’envie n’importe quelle vedette hollywoodienne… ou presque! Si ce n’était des longues épines qui parcourent lesdites jambes!

Alors selon vous, de quel invertébré s’agit-il?

La réponse dans la chronique de la semaine prochaine!

Microscope_2013-09

À qui ces longues jambes?