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Joyeuses fêtes!

Les fêtes de Noël approchent à grands pas! En ces temps très achalandés, DocBébitte prendra un peu de temps de repos… Ce qui ne m’empêchera pas de publier quelques jeux, question de vous divertir! Gardez donc l’œil ouvert!

Aussi, j’en profite pour vous souhaiter un merveilleux temps des fêtes en compagnie de vos êtres chers – petits ou grands!

Prenez bien soin de vous et l’on se revoit pour de nouvelles chroniques toutes fraîches en 2015!

Sympétrum Noël_Neige

Ho ho ho, le Sympétrum de Noël porte déjà son habit rouge, prêt pour la fête!

100e publication de DocBébitte : La libellule gracieuse

Qui aurait cru, lorsque j’ai amorcé l’écriture du blogue DocBébitte, que je me rendrais à 100 publications? Aujourd’hui, ceci est chose faite. Je ne peux passer sous silence le fait que ce sont vos commentaires intéressés et constructifs qui me donnent la motivation de poursuivre!

Afin de vous remercier pour votre fidélité, je souhaitais que la 100e publication porte sur un sujet que vous avez choisi. Je vous avais offert quelques choix et la majorité d’entre vous a opté pour la libellule gracieuse.

Libellule gracieuse

Libellule gracieuse mâle (Libellula pulchella)

 

Toutes les libellules sont gracieuses, me direz-vous! Vous avez bien raison : ce sont des êtres fabuleux! D’ailleurs, vous êtes quelques-uns à m’avoir indiqué vouloir en savoir plus sur ce groupe comme un tout. Toutefois, dans le cadre de la présente chronique, je vais vous entretenir spécifiquement sur la libellule gracieuse (libellula pulchella). Pour ceux d’entre vous qui veulent en connaitre davantage sur les libellules en général, je vous recommande ces précédents articles (simplement cliquer sur le titre pour accéder aux chroniques en question) :

Comme pour plusieurs autres espèces de libellules, la libellule gracieuse semble mieux porter son nom anglophone : « Twelve-spotted skimmer ». En effet, on la reconnaît aisément par la présence de trois taches foncées équidistantes sur chacune de ses quatre ailes… pour un total de douze, vous avez bien compté! Les ailes du mâle mature – et, semble-t-il, d’un petit pourcentage des femelles – comportent aussi des taches plus pâles (bleu gris) qui s’insèrent entre les taches sombres. Le résultat est superbe… et facile à reconnaître!

Bien que l’abdomen du mâle mature soit également coloré (d’un bleu gris pâle similaire aux taches alaires), celui de la femelle est plus sobre, quoique bordé de lignes jaunes (voir cette photo). On pourrait la confondre avec la femelle de la libellule lydienne dont j’ai parlé récemment (cette photo). Cependant, les lignes jaunes de la libellule gracieuse femelle sont continues, comme une ligne que l’on aurait peinte à l’aide d’un petit pinceau. En revanche, celles de la libellule lydienne femelle sont discontinues et s’apparentent davantage à une série de points allongés. Il s’agit d’une des façons de les distinguer. Si vous voulez être sûrs de votre coup, vous pouvez aussi comparer les bandes jaunâtres sur le côté de leur thorax. Les libellules lydiennes possèdent un « point » de plus tout au bout de l’une de ces bandes (voir cette photo comparative). Encore une fois, donc, si vous prenez des photos de libellules – ou de tout autre invertébré – tâchez de couvrir le maximum d’angles possibles. Non seulement c’est amusant de prendre un million de clichés d’une bête (c’est ce que je fais, moi, au désespoir des gens qui m’accompagnent lors de ballades), mais cela pourrait vous garantir une identification fructueuse une fois de retour à la maison!

Libellule gracieuse 2

Libellule gracieuse dévorant un insecte (restes jaune-orangé)

Les habitats de prédilection de cette jolie libellule sont les étangs et les lacs où la végétation aquatique est abondante. C’est d’ailleurs aux abords d’un étang appartenant à un cousin de mon conjoint que j’ai eu l’occasion de prendre plusieurs clichés de cette espèce. En particulier, j’ai eu une interaction fort sympathique avec un de ces individus. Alors qu’il était perché sur un conifère, au repos, je m’approchai de plus en plus d’un mâle pour le photographier. Malheureusement, j’étais harcelée par tout un tas de mouches à chevreuil (Tabanidae; voir cette chronique) qui menaçaient de jeter ma séance de photo à l’eau. Quelle ne fut pas ma chance de réaliser que mon nouvel ami, lui, avait faim. Il faut dire que les Odonates, ordre auquel les libellules et les demoiselles appartiennent, sont de voraces prédateurs. Ainsi, « ma » libellule se mit à faire des rondes d’inspections autour de ma tête, quittant sa branche de façon sporadique, dans l’espoir d’y capturer un repas. Je pris ce comportement en vidéo, que vous pourrez visionner ci-dessous.

Au Québec, on retrouve la libellule gracieuse principalement dans le sud de la province. Son aire de répartition, selon Paulson (2011), se situe un peu au nord du fleuve Saint-Laurent. Sous nos latitudes, on peut communément l’observer du mois de juin jusqu’en septembre. Les mâles s’affairent alors à effectuer des patrouilles sur un territoire qui peut changer d’une journée à l’autre et s’étaler sur une superficie d’environ 100 mètres carrés. Les femelles fécondées, quant à elles, se chargent de déposer leurs œufs près de la végétation aquatique. S’ensuivra la naissance de jolies larves qui se métamorphoseront quelques années plus tard en de gracieuses libellules. Ou en des libellules gracieuses? Qu’importe! Pourvu qu’elles demeurent aussi agréables à observer!

Bonne fin de 100e lecture, chers lecteurs. J’espère avoir l’énergie pour me rendre, qui sait, à une 200e publication!

 

Vidéo. Libellule gracieuse mâle qui tente gentiment de me débarrasser d’un nuage de mouches à chevreuil! Observez bien : 1) les mouches qui passent devant l’objectif; 2) le bruit des ailes de la libellule lorsqu’elle passe près de ma tête.

 

 

Pour en savoir plus

  • Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
  • Evans, A.V. 2008. Field guide to insects and spiders of North America. 497 p.
  • Marshall, S.A. 2009. Insects. Their natural history and diversity. 732 p.
  • Paulson, D. 2011. Dragonflies and damselflies of the East. 538 p.
  • Bug Guide. Species Libellula pulchella – Twelve-spotted Skimmer. http://bugguide.net/node/view/3407
  • Wikipédia. Libellule gracieuse. http://fr.wikipedia.org/wiki/Libellule_gracieuse

Un chef-d’œuvre sur six pattes

Il s’agit d’un fait bien connu : nous n’avons rien inventé! Les couleurs, les formes, les textures… La nature n’a rien laissé pour compte! C’est le cas d’une jolie chenille qui semble avoir fait l’objet d’un concours de peinture : la chenille du Cuculie de l’aster (Cucullia convexipennis).

Cucullia convexipennis 2

Sympathique découverte dans un plant d’asters

Cette chenille, de la famille Noctuidae, porte effectivement de fort jolies couleurs : bandes rouges, noires, jaunes et blanches se côtoient à merveille! Ce n’est pas tout : ladite chenille est luisante, comme si on l’avait vernie!

L’adulte, quant à lui, se fait beaucoup plus discret et porte des tons de crèmes et de bruns (voir cette photo). Il s’agit d’un papillon nocturne.

Cette chenille spectaculaire est fréquemment la proie de mouches parasitoïdes de la famille Tachnidae. Ces mouches pondent leurs œufs sur les Cuculies. Les larves qui éclosent se nourrissent, en un premier temps, des tissus moins essentiels de la chenille, mais finissent par s’attaquer aux autres tissus ce qui  – de toute évidence – s’avère fatal pour la pauvre bête.

Cucullia convexipennis 3

Le Cuculie de l’aster se laisse manipuler

Cucullia convexipennis

Quelle jolie bête!

Wagner (2005) précise que les plantes-hôtes par prédilection de cet insecte sont les asters (Asters spp.) et les verges d’or (Solidago spp.). C’est d’ailleurs sur un plan d’asters que j’ai pu observer le spécimen pris en photo. Je me baladais tranquillement dans un sentier pédestre situé le long de la rivière du Cap-Rouge, à Québec, lorsque j’aperçus un objet un peu plus gros dans un bouquet d’asters. Quelle ne fut pas ma surprise de voir cette reluisante et colorée chenille – que je ne connaissais pas encore! Celle-ci se laissa nonchalamment photographier – raison pour laquelle j’aime bien les chenilles, car elles font habituellement de bons sujets pour les photos!

Toujours selon Wagner, il semble que cette chenille ne soit pas abondante au point qu’il vaille la peine d’examiner systématiquement les plantes-hôtes branche par branche (ce que j’ai tenté de faire à l’occasion depuis ma découverte dans l’espoir de tomber sur un autre individu, mais en vain). Il indique tout de même que quelques coups de filet par-ci, par-là, pourraient permettre de capturer un ou deux individus. Bref, ce ne serait pas la plus commune des espèces, mais le fait de garder un œil ouvert quand vous passez près d’un bosquet d’asters ou de verges d’or pourrait s’avérer fructueux!

 

Pour en savoir plus

  • Beadle, D. et S. Leckie. 2012. Peterson Field Guide to Moths of Northeastern North America. 611 p.
  • Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
  • Marshall, S.A. 2009. Insects. Their natural history and diversity. 732 p.
  • Wagner, D.L. 2005. Caterpillars of Eastern North America. 512 p.
  • Bug Guide. Species Cucullia convexipennis. http://bugguide.net/node/view/6725
  • Lynn Scott’s Lpidoptera Images. Cucullia convexipennis. http://www.acleris.com/dls/10202.html

Une mouche tout en peluche

Bombylius_1

Bombylius major se réchauffant au soleil

Les invertébrés en général suscitent fréquemment la crainte et le dédain. Or, quelques individus défient cette tendance lourde et sont tout simplement mignons – même vus de l’œil d’un profane. C’est le cas de certains insectes appartenant à une famille de l’ordre des diptères : Les bombyles (Bombyliidae).

Plusieurs de ces mouches (en particulier le genre bombylius) ressemblent effectivement à des peluches : velues, peu menaçantes, elles revêtent un air fort sympathique! Elles sont munies d’un rostre dont elles se servent pour siroter le nectar des fleurs. Bien que l’appendice en question soit impressionnant (certains pourraient croire qu’ils s’en servent pour piquer, comme les maringouins), il n’en est rien! Ces jolies mouches sont inoffensives!

Bombylius_3

On peut manipuler les bombyles sans crainte (ici sur ma main)

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Autre B. major profitant des rayons du soleil

La meilleure façon de les observer, c’est d’examiner vos plates-bandes lors de journées printanières ensoleillées. Comme les bombyles se délectent de nectar, les plates-bandes constituent en effet une destination de choix. Aussi, ils aiment se faire « dorer » au soleil, au repos sur la litière de feuille! Autre fait intéressant : ces derniers survolent souvent les fleurs de façon stationnaire, à l’instar des colibris. Il s’agit d’un bon indice pour les reconnaître, quoique les syrphes, une autre famille de mouches (voir cette chronique), soient également reconnus pour ce type de vol.

Étrangement, bien que l’adulte soit tout à fait inoffensif, les larves, elles, sont de dangereux parasitoïdes à craindre – du moins si vous êtes un autre insecte! En particulier, les larves du genre Bombylius se nourrissent des larves et des réserves alimentaires de certaines espèces d’abeilles. Dans Marshall 2009, on les compare à de petits vampires, qui sucent les fluides de leurs proies sans laisser de traces. Elles ne laissent derrière elles qu’une carcasse un peu dégonflée! Qui aurait cru que d’aussi sympathiques mouches avaient un passé si noir?

Afin que leurs rejetons aient à leur disposition une source adéquate de nourriture, les femelles du genre Bombylius suivent les abeilles vers leur nid – généralement un trou dans le sol. Une fois le repère identifié, les femelles pondent leurs œufs, tout juste à l’entrée. Les larves trouvent ensuite leur chemin vers un appétissant repas!

Ces dernières émergent au printemps ou au début de l’été. D’ailleurs, en préparant la présente chronique, j’ai réalisé que toutes mes photos de bombyles (prises pendant les années 2008 à 2014, à Québec) avaient été prises au même moment de l’année, presque dans l’intervalle d’un seul mois : du 28 avril au 6 juin. Quelle prévisibilité! C’est donc dire que, au prochain printemps (oui, nous avons un hiver à traverser avant de nous y rendre!), il faudra ouvrir l’œil à nouveau pour ces jolies petites mouches!

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Vue de profil, B. major

 

Pour en savoir plus

 

Faites votre choix pour la 100e publication de DocBébitte

Dans quelques semaines, j’en serai à ma centième publication sur le blogue DocBébitte. Pour souligner cet « exploit », je comptais rédiger une chronique sur un invertébré que vous, chers lecteurs, aurez choisi.

Je vous offre ci-dessous quelques choix. Votre devoir : voter pour le sujet dont vous souhaitez me voir parler pour la 100e chronique. Comment voter? C’est simple! Vous pouvez faire part de vos préférences:

La date limite pour me transmettre votre vote est le 30 novembre.

Au plaisir de connaître votre choix!

 

Choix de sujets pour la 100e publication de DocBébitte :

(Cliquer sur la photo afin de l’agrandir)

 
#1. Les scarabées

Osmoderme rugueux

#2. Les coccinellesCoccinelle à sept points
#3. Les araignées tisseuses de toiles en entonnoir (Agelinidae)A. potteri mâle 1
#4. Le papillon belle-dameBelle Dame_CB
#5. La libellule gracieuseLibellule gracieuse