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Capsule : Le cactus!

Certains invertébrés ont du piquant… littéralement!

Cette semaine, votre défi est d’identifier à quel grand groupe appartient l’individu pris en photo. Et, non, il ne s’agit pas d’un cactus, mais bien d’un invertébré!

Aussi, si vous voulez vous risquer, je vous laisse deviner à quoi servent toutes ces belles petites épines!

Vous êtes invités à répondre à cette devinette en vous joignant à la Page Facebook DocBébitte ou en inscrivant vos réponses dans la section « Commentaires » de la présente chronique.

Cactus_2015-03-02

Quel invertébré pourrait bien vouloir se prendre pour un cactus?

Un trichoptère libre et sans attaches!

La semaine dernière, je vous parlais d’une petite chenille – la mite des vêtements porte-case – qui s’avère être une savante fabricante de fourreaux. Bien que quelques lépidoptères soient en mesure de construire des fourreaux à partir de fibres de tissu ou de matière végétale, ce sont généralement les trichoptères qui sont des maîtres dans l’art.

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Individu du genre Rhyacophila

Rhyacophila_1

Même Rhyacophila, autre angle

J’avais déjà écrit au sujet de certaines larves de trichoptères qui construisent des fourreaux de formes multiples et à l’aide de matériaux divers (cette chronique). Bien que la quasi-totalité des familles de trichoptères comporte des larves qui fabriquent de petites maisons portables ou fixées à un substrat, une famille retrouvée sous nos latitudes défie cette règle. Il s’agit des Rhyacophilidae, qui vivent sans attaches. Leur nom anglais « Free-living caddisflies » reflète bien ce mode de vie.

Selon les ouvrages consultés, on retrouve les larves de ces trichoptères principalement dans de petits cours d’eau frais et bien oxygénés, quoique certaines espèces puissent être observées dans des milieux un peu plus chauds et ouverts. Pour ma part, j’en trouve régulièrement lorsque je m’amuse à examiner les roches de petits cours d’eau frais quand nous faisons de la randonnée en forêt. Par ailleurs, j’en avais récolté lors de mes études dans des rivières d’assez grande taille peu ou modérément affectées par les activités humaines. Bref, mes observations personnelles semblent assez bien correspondre à ce qui est véhiculé dans la littérature.

Habituellement, on retrouve les larves surtout sous les galets et les roches des sections des cours d’eau où le courant est plus rapide. Afin d’éviter de se faire emporter par le courant lorsqu’elles se déplacent, elles tissent un petit fil de soie auquel elles peuvent s’accrocher, telle une bouée. Les griffes aiguisées des fausses pattes situées tout au bout de leur abdomen les aident aussi à garder une bonne prise alors qu’elles se meuvent en quête de nourriture.

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Habitat typique dans lequel vous pouvez retrouver des Rhyacophilidae au Québec

Pupe Rhyacophila

Pupe de Rhyacophila; la pupe est à gauche (on voit ses yeux) et les « restes » de la larve sont à l’extrême droite

La majorité des larves sont prédatrices et se nourrissent d’autres invertébrés, incluant larves de mouches noires et petits trichoptères. Elles ne font pas la fine bouche, pourvu que les proies soient d’une taille qu’elles sont capables de maîtriser. Même les œufs de poissons constituent une source intéressante de protéines. En revanche, quelques espèces préfèrent déchiqueter la matière végétale ou brouter les algues qui poussent sur le substrat rocheux.

Lorsque j’étais aux études, j’avais évalué la position trophique (ce qui signifie la position dans la chaîne alimentaire) de plusieurs invertébrés dans les rivières québécoises. Comme nous avions capturé un bon nombre de Rhyacophilidae (43 échantillons provenant de sites variés), nous avions calculé leur position dans les chaînes alimentaires. Il en ressortait que, en moyenne, les individus se retrouvaient effectivement à la position « carnivore », certains d’entre eux étant même des prédateurs de carnivores! Pas mal pour un organisme qui atteint à peine les 30 millimètres à maturité (généralement entre 11-23 mm pour le genre Rhyacophila)!

Bien que les larves ne vivent pas dans un abri, elles en construisent un lorsque vient le temps de se métamorphoser en pupe (stade de développement entre la larve et l’adulte). Les trichoptères optent pour ce que l’on appelle la métamorphose complète. À l’instar des papillons, ils doivent donc passer par un stade moins mobile, la pupe (que l’on appelle chrysalide chez le papillon), avant d’émerger en adulte ailé et terrestre. Ainsi, la larve formera un amas de petites pierres qu’elle agglutinera les unes aux autres. Au sein de cet amas, elle se tissera un cocon de soie rigide et de couleur brunâtre. Lorsque l’on brasse les roches sur lesquelles ces amas sont construits, on peut facilement déloger ces cocons, qui ressemblent à de petites capsules.

Ces cocons sont passablement translucides et l’on peut y voir la pupe qui se transforme progressivement. Fait intéressant, il est même possible de voir la pupe, d’un côté, et les restants de la « vieille peau » de la larve, de l’autre. Cela semble étrange pour nous, de voir un insecte se métamorphoser et se débarrasser des membres dont il ne se servira plus! Une fois à maturité, la pupe utilise ses mandibules pour se tailler une sortie hors de son cocon. Elle nage jusqu’à la surface où s’ensuit la transformation finale vers l’adulte.

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Comment identifier une larve de Rhyacophila

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Larve d’Hydropsychidae (genre Macrostemum), facile à distinguer du genre Rhyacophila

Les larves de Rhyacophilidae sont considérées comme étant sensibles à la pollution. Elles ont d’ailleurs une cote de tolérance de 0 sur 10, ce qui signifie qu’elles sont très sensibles (voir cette chronique où j’explique davantage comment ces cotes fonctionnent). Voshell (2002) suggère que ce serait notamment l’absence d’un fourreau ou d’un abri qui les rendrait plus vulnérables aux pressions environnementales. Compte tenu de cette sensibilité, mais aussi du fait qu’il s’agit de prédateurs, les Rhyacophilidae sont considérés comme un maillon important dans les chaînes alimentaires aquatiques et un indicateur de la santé du milieu.

Si vous avez envie d’examiner quelques roches à la recherche de larves de Rhyacophilidae, ces dernières sont faciles à identifier. À noter qu’au Québec, on ne retrouve que le genre Rhyacophila. Les larves de Rhyacophila sont souvent très vertes et d’une taille appréciable (plus de 1 cm). Contrairement aux larves d’Hydropsychidae, une autre famille de trichoptères très commune et souvent verdâtre, les larves de Rhyacophila ne possèdent pas de branchies sur leur abdomen. Les différents segments de leur abdomen sont aussi séparés par des sillons assez creux. Finalement, la larve ne possède pas de plaques thoraciques (près de la tête), mais est munie d’une plaque apparente sur le 9e segment de son abdomen, juste avant la dernière paire de pattes, qui sont des fausses pattes.

Si ces détails ne vous sont pas suffisants, je vous propose de m’inviter lors de votre prochaine excursion pour une séance d’identification! Sinon, bonne observation!

 

Pour en savoir plus

  • Anderson, C. et G. Cabana. 2007. Estimating the trophic position of aquatic consumers in river food webs using stable nitrogen isotopes. Journal of the North American Benthological Society 26(2): 273-285.
  • Marshall, S.A. 2009. Insects. Their natural history and diversity. 732 p.
  • Merritt, R.W. et K.W. Cummins. 1996. Aquatic insects of North America. 862 p.
  • Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.
  • Bug Guide. Family Rhyacophilidae – Free-living caddisflies. http://bugguide.net/node/view/74941

Des tricoteuses miniatures!

Beau petit tricot tendance fait à la main en laine jaune, rouge et bleue. On se croirait dans un défilé de haute couture. Détrompez-vous! La fine tricoteuse qui a fabriqué ce joli pull n’est pas humaine… Il s’agit plutôt d’une petite chenille dont le nom fait frémir : la mite des vêtements porte-case (Tinea pellionella).

T. pellionella_fourreau

Ce joli fourreau est une gracieuseté d’une mite des vêtements porte-case

C’est en décembre 2013 que nous avons découvert le pot aux roses. Il faut dire que nous soupçonnions déjà avoir affaire à un problème de mites des vêtements, mais ne trouvions aucune larve dans nos garde-robes.

Aux printemps 2011 et 2012, nous avions observé quelques très petits papillons (10 à 15 millimètres) brun-beige qui se promenaient dans la maison, sans plus. À l’été 2013, surprise, nous nous sommes retrouvés avec 5 à 7 papillons par jour pendant deux ou trois mois. Nous avons scruté tapis, dessous de meubles et autres recoins sans réussir à trouver la source. Or, en décembre 2013, je tombai sur une toute petite chenille enveloppée d’un fourreau laineux qui grimpait le long du mur de la salle de bain (voir la première vidéo à la fin de la chronique). En l’examinant sous le microscope je compris 1) qu’il s’agissait d’une mite des vêtements porte-case (on la nomme aussi « teigne ») et 2) que son joli fourreau arborait des couleurs que l’on retrouvait… dans les couvertes de notre lit! C’est à ce moment que nous eûmes l’idée de tirer le lit et d’examiner en dessous. Ouf! Quel spectacle nous eûmes, voyant tout un tas de petites chenilles entrelacées avec brindilles de tissus et de poussière!

Mite vêtements

Les teignes adultes sont toutes petites

T. pellionella

Première larve de teigne porte-case observée… avant de trouver le pot aux roses!

À partir de mon stéréomicroscope, je pris quelques vidéos des amas de fourreaux entremêlés, incluant les chenilles bien vivantes qui s’y cachaient. Vous pouvez les visionner à la toute fin de la présente chronique. J’en entends déjà certains d’entre vous dire « ouache »! Oui, ces belles petites bêtes étaient bien sous mon lit!

À partir de ce moment, nous avons commencé à trouver des larves de ces mites un peu partout au sol dans la chambre. Par chance, aucune ne semblait s’intéresser à nos vêtements, qu’ils soient suspendus ou dans des tiroirs.

Évidemment, bien que je n’aime pas maltraiter les insectes, nous avons dû prendre des mesures pour nous en débarrasser. Malheureusement, ces teignes peuvent avoir des impacts négatifs lorsqu’elles se faufilent dans nos demeures. Les larves peuvent ronger les vêtements et les tissus (couvertes, par exemple), de même que les tapis. Il s’agit d’une espèce nuisible.

Elles ne sont pas, non plus, appréciées des établissements muséologiques, car elles affectionnent tout ce qui contient de la kératine (poils, peaux, fourrures, plumes et cornes), ainsi que les tissus, tapisseries et tapis (attention objets et meubles anciens!).

Ces teignes font partie de la famille Tineidae, qui compte de nombreuses espèces dont les larves se nourrissent principalement de fongus, de lichens et de détritus. Outre la mite porte-case, deux autres espèces de teignes envahissent nos demeures : la teigne commune des vêtements et la teigne du tapis. Ce ne sont cependant que les larves de Tinea pellionella qui tissent de jolis petits fourreaux.

Bref, il me fut facile de confirmer à quoi nous faisions face. C’est un expert en extermination qui nous indiqua quoi faire pour nous débarrasser de ces insectes dont les populations étaient visiblement en train d’exploser dans notre demeure. La solution : un produit à vaporiser tout le long des murs et du lit et qui tue tout ce qui rampe. Malheureusement, ce produit n’était pas spécifique et je craignais bien que d’autres petites bêtes que j’aime et que je laisse promener dans ma maison – des poissons d’argent et des araignées – allaient aussi être affectées. Ce fut le cas, car je retrouverai beaucoup de poissons d’argent morts le long des murs de la chambre dans les jours qui suivirent. Toutefois, l’effet fut concluant pour les teignes également et nous permit de réduire les populations à un point tel que nous n’avons vu qu’un très faible nombre d’adultes (4 ou 5) se promener au printemps dernier.

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Mites des vêtements qui s’agitent sous la loupe de mon stéréomicroscope

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Deux autres larves que j’ai préservées dans l’alcool

Selon les conseils de l’expert en extermination, nous avions aussi suspendu un piège à phéromones destiné à attirer et capturer les mâles de sorte à éviter tout accouplement. Nous n’avons capturé aucun individu, mais compte tenu du très faible nombre d’adultes observés cette année, je ne saurais dire s’il s’agit d’un échec.

En plus de ces stratégies, nous nettoyons beaucoup plus souvent qu’avant le dessous du lit! Par ailleurs, nous nettoyons aussi plus fréquemment les couvertes, car j’avais lu que les larves de ces teignes ont un faible pour les vêtements un peu défraîchis (elles aiment l’odeur de sueur, à ce qu’il paraît!). Nous nous assurons aussi d’une certaine rotation des vêtements à laver – j’étais du genre à porter un chandail de laine plusieurs fois avant de le mettre au lavage (je n’aime pas gaspiller l’eau!). Il s’agit d’une seconde stratégie : en effet, si des œufs ou des larves de teignes se retrouvaient sur ces vêtements, ils seraient éliminés.

J’aimerais terminer par l’épineuse question : comment peut-on se retrouver avec des mites des vêtements dans notre maison? Bien que je ne saurai jamais exactement quelle est la source d’introduction, je soupçonne que les coussins de nos chaises de patio, qui passent l’été dans notre remise et que l’on entrepose dans la maison pour l’hiver, pourraient être un vecteur. Autrement, des vêtements, couvertes ou  matériaux de ce genre achetés dans des magasins pourraient, à l’occasion, contribuer à introduire des individus. À titre d’exemple, en allant acheter des articles de Noël à un Dollarama cette année, j’observai un tout petit papillon brun-beige de ce type qui passa à un mètre de moi. D’où venait-il? Y avait-il des larves cachées dans un objet quelque part? L’histoire ne le dira pas!

Pour conclure, si vous observez de petits papillons dans votre maison, il serait pertinent que vous tentiez de les identifier avant que les populations n’explosent. Il pourrait s’agir de teignes des vêtements, mais aussi d’autres microlépidoptères qui, pire encore, s’attaquent aux denrées alimentaires. Habituellement, les spécialistes en extermination pourront vous aider à l’identification des spécimens et aux solutions associées.

 

Vidéo 1. La toute première teigne aperçue, grimpant le long du mur de ma salle de bain.

 

 

Vidéo 2. Teignes porte-case qui s’agitent sous mon stéréomicroscope.

 

 

Vidéo 3. Deux autres teignes porte-case en mouvement.

 

 

 

Pour en savoir plus

Joyeuse Saint-Valentin!

Que nous soyons vertébrés ou non, l’amour – ou disons, de façon moins romantique, la quête pour se reproduire et assurer la survie de nos gènes – joue un rôle déterminant dans nos vies.

Je profite donc de l’occasion pour vous souhaiter une très belle Saint-Valentin.

Si les stratégies de reproduction chez les invertébrés vous intéressent, je vous propose cet article que j’avais écrit pour la Saint-Valentin l’an dernier : cliquer sur ce lien!

Bonne lecture!

Coccinelles sept points reproduction

Les coccinelles aussi le font!

 

Marcher à cent pattes

Marcher à quatre pattes, nous avons tous déjà fait cela. Bien que beaucoup d’invertébrés, de leur côté, se traînent sur six pattes (les insectes), plusieurs portent un plus grand nombre de ces très pratiques appendices.

C’est le cas des individus appartenant au grand groupe (super-classe) des myriapodes (lire myriade de pattes!), que l’on tend à appeler communément des « mille-pattes ». Or, ce groupe se compose non seulement des mille-pattes en tant que tels (classe Diplopoda), mais comprend aussi des « cent-pattes » (classe Chilopoda).

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Chilopode de l’ordre Lithobiomorpha (ordre communément observé), rescapé de ma piscine

C’est de cette deuxième classe que je veux vous entretenir! Il s’agit par ailleurs de l’invertébré-mystère de la semaine dernière. Aviez-vous deviné qu’il s’agissait d’un cent-pattes?

Première question qui vous vient sans doute à l’esprit : les chilopodes possèdent-ils bel et bien cent pattes? En fait, les centipèdes adultes retrouvés en Amérique du Nord peuvent compter de 15 à plus de 50 paires de pattes (selon les ouvrages consultés, certaines espèces peuvent dépasser largement la centaine de pattes pour atteindre quelque 350 pattes). Ce qui les distingue des mille-pattes, c’est le nombre de pattes observées par segment. Les centipèdes ne possèdent qu’une seule paire de pattes par segment, alors que les millipèdes en ont deux. De plus, les premiers présentent une forme aplatie. Les millipèdes, en revanche, sont plutôt cylindriques.

Autre différence entre ces deux classes : la dernière paire de pattes des chilopodes est plus longue et donne l’impression qu’elle traîne à l’arrière du corps. Elle ne sert pas à la locomotion, mais plutôt, selon l’espèce, à maîtriser des proies, à projeter des matériaux gluants à des prédateurs ou encore en guise de « pinces » aiguisées pour se défendre!

Myriapodes

Chilopode (à droite) et diplopode (à gauche) qui étaient cachés sous la litière de feuille du printemps

Devinnette_2015-02-02

Ces appendices (vue ventrale) sont des pattes modifiées qui injectent du venin!

Aussi, pour ceux qui ont participé à la devinette de la semaine dernière, à quoi peuvent bien servir les drôles d’appendices que l’on retrouve à l’avant de la tête des chilopodes? Il s’agit en fait d’une paire de pattes modifiées qui servent à… injecter du venin dans des proies! On les appelle « forcipules ». Plus précisément, ce sont des glandes, situées à la base de ces pattes, qui produisent du venin. Ce dernier trouve son chemin jusqu’aux « griffes », qui sont utilisées pour faire pénétrer le venin dans les tissus des proies! Vous aurez donc compris que les chilopodes sont de voraces prédateurs! Ils se nourrissent habituellement d’autres invertébrés, quoique les espèces de plus grande taille puissent également s’attaquer à de petits rongeurs, reptiles et oiseaux. Dans les régions plus au sud de l’Amérique du Nord et en région tropicale, on retrouve des chilopodes géants (16-17 centimètres) dont le venin est assez puissant pour causer de fâcheuses réactions chez les humains (enflure, douleur pouvant durer plusieurs heures, fièvre et vomissements, selon les individus). Doigts curieux s’abstenir!

Ici, au Québec, vous n’avez pas à vous inquiéter, mais devez être prudents si vous souffrez d’allergies aux piqûres d’abeilles. À ce qu’il semble, vous seriez davantage susceptibles de présenter une réaction si vous êtes mordus. Par ailleurs, bien que les centipèdes puissent techniquement nous mordre, ils le font très rarement et cherchent d’abord à fuir. Finalement, il semblerait que les petites espèces de centipèdes ne sont pas assez puissantes pour rompre la peau en mordant. Pour ma part, j’en ai manipulé à plusieurs reprises (espèces québécoises) et je ne me suis pas fait mordre jusqu’à maintenant!

Les centipèdes sont des chasseurs de nuit et vont préférer les lieux sombres et humides. En plein jour, on peut donc les retrouver sous des roches et des troncs, ou encore sous la litière de feuilles. C’est d’ailleurs une joie pour moi de nettoyer mes plates-bandes au printemps. Lorsque je soulève l’épaisse couche de feuilles (j’ai un bois dans ma cour!), j’y observe notamment beaucoup de chilopodes qui ont vite fait de se sauver et de se cacher dans un interstice à proximité. Il faut dire qu’ils sont des champions coureurs et se défilent très rapidement! Plusieurs se cachent également dans mon compost, dans doute à l’affut de proies.

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Chilopode de l’ordre Lithobiomorpha, autre prise de vue

Comme ils affectionnent les lieux humides, ils peuvent parfois se retrouver dans nos habitations, en particulier dans nos sous-sols. Bien que cela ne soit pas nécessairement agréable, ils ne constituent pas une menace réelle. Si vous bouchez les trous par lesquels ils peuvent s’infiltrer et enrayez les sources d’humidité (ex. : une infiltration d’eau dans votre demeure) et de nourriture (autres insectes, qui eux, sont généralement nuisibles!), le milieu ne les intéressera guère.

Une sorte de chilopode qui peut s’infiltrer dans nos demeures et qui, je dois l’avouer, est fort impressionnant en apparence est la scutigère. Vous verrez des photos de cet individu en suivant ce lien sur le site de « Espace pour la vie ». Malgré son allure digne d’un film d’Indiana Jones (vous vous rappelez sans doute la caverne tapissée de gros invertébrés effrayants – voir cette séquence sur YouTube), la scutigère est un invertébré bénéfique!

Je termine avec un fait intéressant en cette semaine de la Saint-Valentin : la reproduction chez les chilopodes n’implique pas de copulation. Plutôt, lorsque vient le temps de se reproduire, les mâles chilopodes présentent leur spermatophore (un « paquet » de sperme, si l’on veut) en guise de cadeau aux femelles. Elles peuvent ensuite décider de prendre ce petit cadeau afin de se féconder. Mesdames, espérons que ce ne soit pas le genre de cadeau que nos conjoints comptent nous offrir pour la Saint-Valentin!

 

Vidéo : Chilopode (ordre Lithobiomorpha) rescapé de ma piscine et se faisant sécher. Habituellement, ils courent vite et se laissent peu prendre en photo. Pensez à mettre la vidéo en haute résolution pour une meilleure qualité!

 

Pour en savoir plus