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La piqûre des guêpes communes!

Sans doute êtes-vous plusieurs lecteurs à avoir, tout comme moi, la piqûre des insectes. Il y a deux semaines, mon conjoint a eu la piqûre d’une guêpe commune… littéralement!

Vespula vulgaris 2

Vue latérale de la guêpe qui a piqué mon conjoint

Vespula vulgaris 3

Vue dorsale du même individu

Ce matin-là, ce n’est pas le réveille-matin qui me sortit de mon sommeil, mais bien mon conjoint, un pot Masson à la main. Il souhaitait que j’identifie la bête qu’il venait d’attraper et qui l’avait piqué trois fois plutôt qu’une. Il s’agissait d’une guêpe commune (Vespula vulgaris).

Comment en était-il arrivé à se faire piquer? Alors qu’il était sorti à l’extérieur pour nourrir les poissons (si vous ne le savez pas encore, nous avons un étang à poissons dans lequel j’observe toutes sortes de bestioles), il sentit un insecte le frapper de plein fouet. Pensant que l’insecte était reparti, il revint dans la maison pour éventuellement sentir que la bête en question s’était retrouvée coincée sous son polo et tentait désespérément d’en sortir – en le piquant à plusieurs reprises.

Les guêpes peuvent piquer plus d’une fois, car elles ne perdent pas leur dard contrairement aux abeilles. Pour une abeille, piquer un humain s’avère fatal, puisque son dard est pourvu de barbules qui l’empêchent de ressortir de la peau. En revanche, le dard de la guêpe est lisse.

Pour parvenir à identifier l’espèce de guêpe qui a piqué mon conjoint, je pris plusieurs photos d’angles divers afin d’avoir une bonne vue frontale, dorsale et latérale de l’insecte. Comme les guêpes sont de gros individus, il est assez facile de les identifier à partir de bonnes photographies sans avoir à les préserver dans une collection. Si vous avez des guêpes à identifier, vous pouvez recourir comme moi à l’Atlas électronique d’identification des Vespidae (famille à laquelle appartiennent les guêpes) du Canadian Journal of Arthropod Identification (voir la section « Pour en savoir plus » ci-dessous). Comme certaines espèces possèdent des attributs très similaires, il est préférable d’examiner plusieurs critères avant de confirmer l’identité du spécimen en question.

L’aire de distribution de la guêpe commune est très étendue. Elle est rencontrée dans toutes les provinces canadiennes hormis le Nunavut. On la retrouve aussi ailleurs en Amérique du Nord (États-Unis et Mexique), dans plusieurs pays d’Europe et d’Asie, ainsi qu’en Nouvelle-Zélande et en Australie.

Vespula vulgaris 1

Cette autre guêpe commune s’est laissé manipuler sans piqûres!

Vespula vulgaris 4

Vue frontale d’une guêpe commune retrouvée morte

Elle est d’assez bonne taille, les ouvrières mesurant de 12 à 17 millimètres, alors que la reine peut atteindre les 20 millimètres de long. Cet insecte est un omnivore et se nourrit non seulement de nectar et de fruits, mais aussi de divers arthropodes qu’ils soient morts ou vifs. Les insectes capturés sont fréquemment rapportés au nid afin de nourrir les larves en développement.

D’ailleurs, la guêpe commune vit au sein d’une colonie fondée par une reine. La reine choisit un endroit propice pour démarrer sa colonie. Il peut s’agir d’un creux dans le tronc d’un arbre, d’un trou au sol (comme un ancien terrier) ou de tout espace convenable associé à des constructions humaines (un creux entre deux murs, par exemple). Les nids peuvent également être aériens (accrochés à des arbres ou à des bâtiments).

L’érection du nid est amorcée par la reine, puis poursuivie par les ouvrières au fur et à mesure qu’elles atteignent le stade adulte. C’est alors que la reine se dévoue uniquement à la ponte et à l’élevage, alors que les ouvrières s’occupent de nourrir les larves, ainsi que de nettoyer et de réparer le nid. Fait intrigant, après tout ce travail – et en particulier après que de nouvelles reines aient été conçues –, la reine meurt pour laisser derrière elle un nid désorganisé. Les ouvrières s’adonnent progressivement au cannibalisme, abandonnent le nid ou meurent simplement gelées en demeurant dans un nid déserté.

Pour terminer, il semble que les capacités d’adaptation de cette espèce de guêpe fassent d’elle un insecte qui côtoie de près les humains et qui est reconnu pour des piqûres fréquentes un peu partout dans le monde. Mon conjoint n’aura donc pas été le seul à avoir la piqûre pour cette jolie guêpe!

 

Pour en savoir plus

 

Un été chargé en insectes!

Ceux qui me connaissent le savent bien, j’ai de la difficulté à me contenir depuis quelques semaines tant il y a d’insectes à photographier. Comme je ne sais plus où donner de la tête pour ma prochaine chronique, je vous offre de choisir le sujet que j’aborderai!

J’en profite par le même fait pour signaler que j’opterai pour un horaire d’été flexible dans le cadre des prochaines parutions, qui se résumera à des publications au fur et à mesure que j’en serai capable – plutôt qu’à chaque début de semaine. L’été s’avérant chargé en activités, cela me donnera un peu plus de latitude pour concocter des chroniques sympathiques sans pour autant manquer d’énergie!

Je vous remercie pour votre compréhension et je vous invite à voter pour la prochaine publication! Faire part de vos préférences en vous joignant à la Page Facebook DocBébitte ou en les inscrivant dans la section « Commentaires » du présent blogue.

 
#1. Rencontre avec une araignée sauteuse géanteSalticidae géante 2
#2. Piqué par une guêpe commune! (Histoire vraie vécue par mon conjoint la semaine dernière!)Vespula vulgaris 1
#3. Un amour de coccinelle! La coccinelle à sept points.Coccinelle à sept points
#4. Le Gomphe-cobra : loin d’être une vipère!Gomphe-cobra 1

Une mare à moustiques

Devinette 2015-06-15

Notre insecte-mystère de la semaine passée était une larve de maringouin (Culicidae)

Larve Culex sp.

Le premier segment suivant la tête est renflé et l’on voit bien le siphon respiratoire

Larves Culicidae

Ces larves tiennent leur siphon respiratoire érigé vers la surface de l’eau

Bien que beaucoup de larves d’insectes aquatiques soient méconnues, plusieurs d’entre vous ont reconnu la larve de notre insecte-mystère de la semaine dernière : un maringouin – moustique pour les non-Québécois – en devenir!

Les maringouins forment la famille des Culicidae et appartiennent à l’ordre des diptères. Vous ne serez peut-être pas surpris d’apprendre que d’autres illustres insectes piqueurs (mouches à chevreuil, mouches noires et brûlots) font également partie de cet ordre. J’en ai d’ailleurs parlé dans cette chronique. De plus, tous ces insectes passent leurs premiers stades de vie sous l’eau.

Les jeunes moustiques, donc, prennent vie sous l’eau. La femelle, gorgée d’œufs, part à la quête d’un repas sanglant afin de donner à sa progéniture toutes les chances de survie. Cette quête peut parfois terminer de façon brutale sous un claquement de main! Si, toutefois, la femelle s’en sort indemne, elle sélectionnera ensuite un milieu aquatique approprié qui peut s’avérer être un simple trou d’eau dans un pneu délaissé ou un tronc d’arbre! Les maringouins ne sont pas difficiles et peuvent se satisfaire de n’importe quel habitat où l’eau est stagnante.

Les œufs éclosent éventuellement en de petites larves qui croissent jusqu’à en devenir les redoutables adultes que nous connaissons. Avant d’en arriver à cette fin, la plupart des larves entreprennent leur croissance en aspirant des algues, bactéries et particules de toutes sortes qu’elles trouvent à leur portée. Quelques espèces sont prédatrices, se nourrissant souvent d’autres larves de moustiques.

Les larves peuvent peupler rapidement le milieu où elles se trouvent. C’est d’ailleurs en jetant un coup d’œil dans mon étang, avant d’entreprendre le nettoyage printanier annuel (voir cette chronique pour quelques anecdotes des années dernières), que je réalisai que mon étang était littéralement bourré de larves et de pupes de maringouins. Habituellement, je n’en voyais pas autant. Cela me permit d’examiner quelques larves et pupes sous la loupe de mon stéréomicroscope et de vous présenter les images et les vidéos accompagnant la présente chronique!

Les larves de Culicidae sont particulièrement faciles à identifier. Les segments thoraciques, situés immédiatement après la capsule céphalique (la « tête »), sont fusionnés en un seul segment renflé, ce qui n’est pas le cas des autres larves de diptères. De plus, remarquez-vous d’autres particularités? Est-ce que la larve ressemble à l’adulte?

À moins que vous ne soyez myopes, la réponse à cette question est « non »! Afin d’atteindre le stade adulte, la larve doit franchir une étape intermédiaire. À l’instar de la chenille qui forme une chrysalide avant de se transformer en papillon, le maringouin doit lui aussi subir ce que l’on appelle une métamorphose complète – métamorphose qui fait en sorte que le rejeton subit une transformation majeure modifiant considérablement sa morphologie.

Pupes Culicidae

Les pupes ont de petites « cornes » qui servent à respirer, ainsi que des « palmes » qui leur permettent de se mouvoir sous l’eau

Pupe Culicidae facial

Reconnaissez-vous le redoutable maringouin sous cette peau de pupe?

Toutefois, contrairement à la chrysalide du papillon qui demeure attachée à un substrat et qui bouge peu, la pupe du maringouin est munie de petites « palmes » qui lui permettent de se déplacer sous l’eau. On peut d’ailleurs facilement les observer se mouvoir dans les milieux qu’elles habitent. Elles tendent à se sauver, nageant vers le fond de l’eau, lorsqu’on les approche. Il en est de même pour les larves, qui fuient toute perturbation.

La raison pour laquelle les larves et les pupes se tiennent près de la surface de l’eau est qu’elles y respirent (les larves y mangent aussi). Les larves de nombreuses espèces (mais pas toutes!) possèdent un siphon respiratoire au bout de leur abdomen qu’elles gardent le plus possible en contact avec la surface de l’eau. Les pupes, quant à elles, sont munies de petites « cornes » à l’arrière de leur céphalothorax, nommées « trompettes respiratoires », qui servent aux mêmes fins.

Le développement des larves dure typiquement de sept à dix jours si les conditions sont favorables, alors que celui des pupes est de trois à quatre jours. Ce délai est particulièrement rapide et fait des maringouins des insectes très prolifiques… au grand malheur des humains qui les apprécient un peu moins!

 

Pour en savoir plus

  • Merritt, R.W. et K.W. Cummins. 1996. Aquatic insects of North America. 862 p.
  • Thorp, J.H., et A.P. Covich. 2001. Ecology and Classification of North American Freshwater Invertebrates. 1056 p.
  • Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.
  • Wikipédia. Culicidae. https://fr.wikipedia.org/wiki/Culicidae

 

Vidéo : Larves de maringouins dans mon étang.

 

Vidéo : Deux pupes provenant de mon étang. On voit à quel point elles sont mobiles.

 

Dans l’œil de mon microscope : le petit diable!

Beaucoup d’insectes sont mieux connus sous leur forme adulte que sous celle larvaire. C’est le cas de notre insecte mis en vedette cette semaine, dont la larve ressemble à un petit diable avec ses deux antennes recourbées.

Il s’agit d’un illustre insecte que petits et grands connaissent bien… De qui s’agit-il?

Vous êtes invités à répondre à cette devinette sur la Page Facebook DocBébitte ou en inscrivant vos réponses dans la section « Commentaires » de la présente chronique. La réponse sera fournie lors de la prochaine chronique!

Devinette 2015-06-15

Quel petit diable!

 

Concours amical de photographie d’invertébrés 2015

Caro photographie corydale

Photographes amateurs, sortez vos appareils photo et faites comme DocBébitte!

Pour une troisième année, voici venu le temps de dépoussiérer vos appareils photo et de prendre des clichés des jolis insectes et autres invertébrés qui parcourent vos plates-bandes, bois avoisinants ou autres lieux que vous fréquentez.

Comme toujours, l’objectif est de célébrer la grâce ou parfois l’étrangeté de ces petits êtres en encourageant les photographes amateurs comme vous et moi à partager leurs découvertes entomologiques.

Le concours en est un amical notamment parce que ce sont les lecteurs de DocBébitte qui seront invités à voter pour leur coup de cœur. Le « prix » en est également un fort simple : la photo élue favorite se verra mise en vedette dans le cadre d’une de mes chroniques qui portera aussi, pour les besoins de la cause, sur l’invertébré en question.

Vous pouvez jeter un coup d’œil aux gagnants des années passées :

 

Comment participer?

1) Transmettre vos photographies en résolution originale à info@docbebitte.com d’ici le 21 août 2015. Veuillez transmettre un maximum de trois (3) photos par personne. Si vous possédez déjà une signature personnalisée, l’apposer sur vos photos avant de me les transmettre. Sinon, je me chargerai d’ajouter votre nom sur les photos.

2) Me fournir, pour chaque photo soumise, les informations suivantes :

  • Prénom et nom de l’auteur de la photographie;
  • Endroit où la photo a été prise (exemple : Trois-Rivières, Québec);
  • Si vous connaissez déjà le nom de l’invertébré en question, l’indiquer.

Les photographies n’ont pas besoin d’avoir été prises à l’été 2015. Vous pouvez fouiller dans vos archives!

3) Enfin, s’il y a des personnes que l’on peut reconnaître sur vos photographies, assurez-vous d’avoir leur accord avant de me transmettre ces dernières, car elles se retrouveront sur Internet.

 

Photographies soumises

Votre photo a reçu le plus de votes? Je m’engage à publier une chronique entière consacrée à l’invertébré « croqué » sur le vif, incluant bien sûr la photographie gagnante en tête de chronique (et crédits photos associés). Bref, vous serez mis en vedette!

Pour ce qui est des autres photos soumises, elles se retrouveront dans ma banque de photos et pourraient, qui sait, être utilisées dans le cadre de futures chroniques (également accompagnées des crédits photos)!

On se retrouve pour le vote à la fin de l’été!