Pour en apprendre plus sur les invertébrés!
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Des arachnides sous l’eau

Plus tôt cet été, je vous avais brièvement relaté un fantastique épisode dans le cadre duquel j’avais pu patauger à volonté dans quelques lacs et rivières de la région des Laurentides (cette capsule). Je vous avais alors promis de vous parler plus en détail de quelques-uns des invertébrés rencontrés.

Chose promise, chose due, je compte aujourd’hui vous entretenir au sujet d’un tout petit arachnide aquatique peu connu de la population générale. Si vous êtes toutefois amateur de la photographie d’insectes, vous avez peut-être déjà vu cette bête accrochée à quelques spécimens d’envergure comme des libellules. Notre invertébré vedette est, en fait, une « mite d’eau » – nommée Hydrachnidia ou Hydracarina. À noter que, selon Voshell (2002), ces deux termes ne représentent pas un groupe taxonomique précis et ont été conçus par des entomologistes afin de pouvoir mieux désigner ce vaste groupe composé d’individus aux mœurs variées. En outre, ils regroupent l’ensemble des acariformes aquatiques.

Les hydracariens peuvent être très petits

Les hydracariens peuvent être très petits

Ce spécimen, plus gros, était un bon nageur (voir la vidéo 1 ci-dessous)

Ce spécimen, plus gros, était un bon nageur (voir la vidéo 1 ci-dessous)

Les mites d’eau sont très abondantes dans les milieux d’eau douce. Or, leur taille généralement petite (moins de 1 mm à 7 mm) fait en sorte qu’elles passent inaperçues. Ces minuscules arachnides peuvent se mouvoir avec aise dans la colonne d’eau, certaines espèces étant plus habiles à la nage que d’autres. Avec huit pattes pour se propulser, plusieurs sont en mesure de se déplacer rapidement, comme en témoignent les vidéos que j’ai prises et qui accompagnent le présent billet. Les espèces moins « sportives », quant à elles, déambulent paisiblement sur le substrat au fond des lacs et rivières, ainsi que le long des plantes submergées… ou encore se creusent un nid douillet sous les sédiments déposés au fond de l’eau.

Ces organismes se reconnaissent facilement, pourvu qu’ils se laissent observer! Leur corps est majoritairement constitué d’un gros abdomen bien rond, le céphalothorax étant pratiquement imperceptible. Huit pattes sont visibles (six seulement chez les larves), ainsi que deux pédipalpes protubérants situés à l’avant de la tête. Ils peuvent être de coloration variable. Certains portent le brun ou le noir pour bien se fondre à leur environnement. D’autres arborent des couleurs plus vives comme le rouge, l’orange, le jaune, le vert ou le bleu. Les sources consultées suggèrent que le rouge vif serait synonyme d’un goût désagréable, faisant en sorte que les individus portant cette couleur seraient moins sujets à la prédation par les poissons.

Comme tout arachnide digne de ce nom, nos mites sont munies de chélicères armées de crocs, qui servent à percer les tissus et siroter les fluides de divers animaux et plantes. Les différentes espèces d’hydracariens présentent un comportement alimentaire fort varié : herbivores, prédateurs, collecteurs-filtreurs, charognards, toute méthode est bonne! Certaines constituent des parasites externes d’autres insectes. Fait intéressant, quel que soit le mode d’alimentation des adultes, toutes les larves s’avèrent être des parasites d’invertébrés aquatiques. Ces dernières s’accrochent à une pléiade d’insectes, notamment les libellules, les punaises d’eau géantes, les plécoptères, les corises et les dytiques, que l’on peut plus facilement observer. Elles s’attaquent aussi à maintes larves d’insectes aquatiques (entre autres maringouins et chironomes), crustacés et mollusques qui demeurent tapis sous l’eau et qui sont, par conséquent, moins connus. J’ai, pour ma part, photographié quelques individus cramponnés à des demoiselles (Odonata), ainsi qu’à une punaise d’eau du genre Belostoma.

Voyez-vous les nombreuses mites accrochées à l’abdomen du mâle?

Voyez-vous les nombreuses mites accrochées à l’abdomen du mâle?

Plusieurs mites parasites étaient fixées sur cette punaise

Plusieurs mites parasites étaient fixées sur cette punaise

Le parasitisme associé aux mites d’eau semble jouer un rôle important dans la régulation des populations de divers organismes aquatiques. Dans les milieux où elles sont foisonnantes, elles contribueraient à diminuer de façon notable l’abondance de leurs proies préférées. Aussi, les larves d’insectes fortement touchées peuvent, une fois émergées en tant que femelles, être suffisamment affaiblies de sorte à pondre un moins grand nombre d’œufs. Naturellement, le taux de survie des individus vivement assaillis diminue au fur et à mesure qu’augmente l’intensité du parasitisme.

Les mites d’eau sont retrouvées dans des milieux aquatiques fort variés où elles prolifèrent en grande abondance. Selon Thorp et Covich (2001), un seul mètre carré de substrat localisé dans la zone littorale bien fournie en végétation aquatique d’un lac eutrophe (état de santé d’un lac qui s’avère enrichi par la matière organique, les algues et les plantes) peut soutenir jusqu’à quelque 2000 individus – un minimum de 25 genres et de 75 espèces! C’est en nageant parmi les herbiers poussant à un mètre de profondeur aux abords d’un petit lac l’été dernier que je pus en effet filmer quelques individus en action et les capturer pour mieux les examiner (tous ont ensuite été relâchés sans dommage!). C’était vraiment étonnant de voir de petites taches rouges se déplacer rapidement autour de moi sous l’eau.

Les rivières ne sont pas en reste : toujours selon Thorp et Covich (2001), le substrat rocheux des ruisseaux et des rivières à courant rapide s’avère, lui aussi, un habitat de choix. Un mètre carré de ce substrat peut comprendre 5000 spécimens appartenant à plus de 30 genres et 50 espèces. C’est donc dire que ces petites bêtes sont omniprésentes!

La capacité des invertébrés à respirer sous l’eau constitue un sujet qui m’a toujours fascinée (voir cette chronique). Les tactiques employées par les invertébrés aquatiques (quels qu’ils soient), sont multiples, incluant l’utilisation de tubes respiratoires, de branchies externes et de branchies cachées dans une chambre où l’eau peut circuler. Chez les hydracariens, la respiration s’effectue simplement par diffusion de l’oxygène contenu dans l’eau à travers les parois de l’exosquelette. Chez les individus munis d’un exosquelette plus rigide, on peut noter la présence de pores dispersés au travers des « plaques » qui facilitent davantage la diffusion des gaz.

Bien que l’été nous ait déjà quittés depuis un petit moment, j’ai une suggestion d’activité que vous pourriez mettre à votre agenda lorsque la chaleur sera de retour (ouf, je ne passerai pas l’hiver si j’ai déjà hâte à l’été prochain!). En effet, je vous propose de vous munir de lunettes de plongée et d’un tuba afin de sillonner les herbiers de plantes aquatiques qui jonchent le littoral d’un lac que vous aurez choisi (pour des suggestions, vous pouvez toujours communiquer avec moi!). En ouvrant l’œil attentivement, vous devriez pouvoir observer quelques hydracariens se déplaçant habilement dans la colonne d’eau… et peut-être même plus!

 

Vidéo 1. Cet été, je me suis amusée à donner quelques coups de filet dans un lac des Laurentides (lac Bonny). On peut d’abord voir une mite d’eau rouge nager dans un petit contenant. Ensuite, je vous transporte vers un bol plus gros contenant de nombreuses mites qui se déplacent vivement. Le bol représente le contenu de quelques coups de filet donnés en zone littorale du lac.

 

Vidéo 2. Mite d’eau capturée dans le lac Cromwell à l’été 2017, sur le territoire de la Station de Biologie des Laurentides. Celle-ci est brune.

 

Vidéo 3. Lors d’une petite sortie en apnée, j’ai pu filmer ces deux mites rouges à la nage, au fond du lac. La mise au point n’est pas idéale (difficile de garder sa stabilité dans une masse d’eau en mouvement!), mais l’on peut bien voir les deux « points » rouges se mouvoir.

 

Pour en savoir plus

  • Bug Guide. Hydrachnidia – Water Mites. https://bugguide.net/node/view/729566
  • Moisan, J. 2010. Guide d’identification des principaux macroinvertébrés benthiques d’eau douce du Québec, 2010 – Surveillance volontaire des cours d’eau peu profonds. 82 p. Disponible en ligne : http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/macroinvertebre/guide.pdf
  • Thorp, J.H., et A.P. Covich. 2001. Ecology and Classification of North American Freshwater Invertebrates. 1056 p.
  • Voshell, J.R. 2002. A guide to common freshwater invertebrates of North America. 442 p.

Des chenilles de toutes les couleurs!

C’est une branche! Non, c’est une chenille (B. betularia)!

C’est une branche! Non, c’est une chenille (B. betularia)!

Jolie chenille bariolée (Hétérocampe verdâtre)

Jolie chenille bariolée (Hétérocampe verdâtre)

Quelle observation inusitée (pour moi, du moins) : l’acronicte spatulée!

Quelle observation inusitée (pour moi, du moins) : l’acronicte spatulée!

Au début du mois de septembre, j’eus la chance de faire une randonnée riche en couleurs le long de la rivière Jacques-Cartier. Je ne parle pas de la couleur du feuillage des arbres – il était encore un brin trop tôt à ce moment –, mais plutôt des insectes que j’y ai rencontrés. En particulier, je fus surprise par l’abondance de chenilles de formes et de couleurs variées.

Tout au long de leur évolution, les chenilles ont adopté une myriade de stratégies pour survivre. Certaines ont opté pour le camouflage parfait. Lors de ma randonnée, j’observai notamment quelques membres de la famille Geometridae qui ressemblent à s’y méprendre à de petites branches d’arbres. Armée de Wagner (2005), j’ai identifié les spécimens comme étant le phalène du bouleau ou l’arpenteuse cornue (Biston betularia), le nom français variant selon les sources. Il s’agit d’une chenille qui se distingue par sa tête fendue en son centre, ainsi que par la présence de protubérances sur le cinquième segment abdominal. Les individus observés étaient plutôt brunâtres et tentaient de se fondre à des végétaux verdâtres. C’est ce qui me permit de les apercevoir, sans quoi je les aurais complètement ratés!

Une autre espèce, quant à elle, prenait plutôt l’allure d’une déjection d’oiseau. Arborant un mélange de vert, de blanc et de jaune, elle passait également inaperçue contre le feuillage vert. Encore une fois, si je me fie à Wagner (2005), il s’agirait de l’hétérocampe verdâtre (Heterocampa biundata). Dans ce cas, c’est le « X » vert visible au centre de l’abdomen (vue dorsale) qui sert de critère pour déterminer l’espèce. Il s’agissait d’une chenille d’une bonne grosseur, que je trouvais particulièrement jolie. Il commençait cependant à faire sombre dans le sous-bois – il était plus tard en après-midi – et les photos que j’ai prises ne rendent pas entièrement justice à la belle bête… J’espère tout de même que vous les apprécierez!

Une des chenilles observées était loin de se fondre au décor. Toute de noir vêtue, ornée de protubérances blanches et jaunes, elle contrastait avec le feuillage vert sur lequel elle avait pris place. Son nom latin Acronicta funeralis réfère sans doute à la coloration sombre de la chenille et de l’adulte qui fait penser à un accoutrement digne de funérailles. Son nom français « acronicte spatulée », quant à lui, fait plutôt référence aux étranges poils en forme de spatules qui décorent les différents segments de l’abdomen. Je dois avouer m’être fortement exclamée lorsque mes yeux se sont portés sur cet individu hors du commun. Je n’avais jamais rien vu de tel! D’ailleurs, les sources consultées suggèrent qu’il s’agit d’une espèce pas si commune que cela. Je peux donc me compter chanceuse d’avoir effectué cette observation. Quelle splendide et surprenante chenille, ne trouvez-vous pas?

Acronicta superans : une belle grosse chenille épatante!

Acronicta superans : une belle grosse chenille épatante!

La chenille à tente estivale était omniprésente le long du sentier

La chenille à tente estivale était omniprésente le long du sentier

L’halysidote maculée

L’halysidote maculée

Cela dit, les sources consultées ne m’ont pas permis de savoir hors de tout doute si l’étonnante coloration de l’acronicte spatulée lui sert à signaler aux prédateurs qu’elle n’est pas comestible ou encore si cela lui donne l’apparence d’un excrément d’oiseau. Wagner (2005) mentionne que des études documentant la toxicité des chenilles du genre Acronicta sont nécessaires avant d’effectuer toute conclusion à cet effet.

Les autres chenilles rencontrées étaient munies d’un plus ou moins grand nombre de poils. Il s’agit d’une autre tactique visant à repousser les prédateurs. Qui voudrait d’un hors-d’œuvre aussi piquant? C’est le cas notamment de la superbe chenille Acronicta superans (je n’ai pas trouvé de nom commun français), parsemée de poils de longueurs variées. J’étais bien heureuse de tomber sur un aussi beau (et gros) spécimen! Celui-ci était solitaire, contrairement à une autre espèce définitivement grégaire que je retrouvai par centaines le long du sentier emprunté. Cette seconde espèce s’avérait probablement être la chenille à tente estivale Hyphantria cunea. Mon doute est à l’effet que la livrée de cette chenille semble fort variable si je me fie aux sources consultées. En effet, ladite chenille arborerait tant le jaune pâle que le gris foncé! Néanmoins, les différentes caractéristiques permettant l’identification semblaient tout de même conduire à cette espèce.

Finalement, certaines chenilles allient les couleurs vives – qui suggèrent une toxicité réelle ou trompeuse – et les poils. Quoi de mieux pour éviter de se faire gober tout rond? Une espèce que j’ai observée en très grande quantité lors de ma randonnée correspond à cette description : l’halysidote maculée (Lophocampa maculata). Si mignonne, ressemblant à une peluche, je n’ai pu m’empêcher d’en prendre plusieurs dans mes mains. Sa coloration et l’agencement des poils la rendent par ailleurs très facile à identifier.

Voilà qui termine un petit tour d’horizon de quelques sympathiques espèces de chenilles récemment rencontrées. J’ai tenté de mon mieux d’identifier les individus concernés – je le répète, je partage mes apprentissages avec vous au fur et à mesure que j’avance moi-même dans ce fabuleux domaine, et je n’ai pas la prétention de tout connaître. Si jamais vous jugez que j’ai effectué une erreur d’identification, n’hésitez pas à m’écrire et me guider quant aux critères à utiliser. Autrement, j’espère que vous apprécierez les photos qui agrémentent la présente chronique – que du plaisir pour les yeux!

 

Le « X » dorsal est l’un des critères utilisés pour identifier l’hétérocampe verdâtre

Le « X » dorsal est l’un des critères utilisés pour identifier l’hétérocampe verdâtre

L’acronicte spatulée tire son nom des étranges « poils » qu’elle porte

L’acronicte spatulée tire son nom des étranges « poils » qu’elle porte

Agréable à manipuler, l’halydisote maculée!

Agréable à manipuler, l’halydisote maculée!

Pour en savoir plus

Concours de photo 2017 – Partie 2 : Le thomise variable par Céline Benoit Anderson

Photographie gagnante par Céline Benoit Anderson

Photographie gagnante par Céline Benoit Anderson

Chose promise, chose due, je vous présente cette semaine un billet portant sur la seconde photographie élue favorite ex aequo lors du concours amical de photographie d’insectes 2017.

L’invertébré mis en vedette est un joli thomise variable (Misumena vatia), une araignée de la famille Thomisidae. À noter que je lis « la thomise variable » sur Internet, alors qu’Antidote me signale que « thomise » est masculin. Vous en serez avertis!

Cela dit, les thomises sont plus communément connus sous le nom d’araignées-crabes. Ils doivent cette appellation à leur démarche latérale qui rappelle celle d’un crabe; par ailleurs, ces araignées sont munies de pattes antérieures plutôt larges qui, elles aussi, peuvent faire penser au crustacé en question.

Misumena vatia photographiée avec une proie

Misumena vatia photographiée avec une proie

Misumena vatia sur de l’asclépiade, en bordure d’une route

Misumena vatia sur de l’asclépiade, en bordure d’une route

Butineurs : attention!

Butineurs : attention!

Ce qui surprend du thomise variable, c’est sa capacité à moduler sa couleur en fonction de son environnement. Les individus peuvent opter pour une coloration blanchâtre ou jaunâtre afin de se fondre au décor et duper leurs proies. Une fois la bonne teinte obtenue, ils demeurent immobiles sur les pétales des fleurs de couleur similaire, attendant le passage d’un insecte butineur. Le pauvre insecte n’a souvent pas la chance d’apercevoir ce maître du camouflage avant qu’il ne soit trop tard!

Le spécimen photographié par Céline est une femelle. Ces dernières sont de bonne taille : 6 à 9 mm, contre seulement 2,9 à 4 mm pour le mâle. Le dimorphisme sexuel (différence de la taille du corps selon le sexe) est chose courante chez les araignées et les thomises ne font pas exception. Cela dit, l’abdomen de la femelle est fréquemment (quoique pas tout le temps) flanqué de deux bandes roses. Le reste de son corps est généralement uni (blanc ou jaune). Le mâle, de son côté, est plus sombre : son céphalothorax et ses deux paires de pattes antérieures sont brun foncé ou rouille, alors que les deux paires de pattes postérieures, ainsi que l’abdomen, sont plus pâles. L’abdomen comporte également deux bandes brun-rougeâtre (voir cet exemple tiré de Bug Guide).

Comme on peut s’y attendre, ces jolies araignées sont communément observées dans les plates-bandes ou dans les champs où de nombreuses espèces de fleurs bourgeonnent. J’en ai aperçu à quelques reprises dans des rudbeckies et des onagres ornant des plates-bandes résidentielles (comme la photographie gagnante), ainsi que sur des asclépiades poussant en bordure de routes de campagne. À ce qu’il semble, on peut aussi retrouver des individus dans les verges d’or – une plante que j’affectionne, car on y retrouve toute une panoplie d’autres invertébrés (voir notamment cette chronique).

L’aire de répartition de notre arachnide est très vaste : elle s’étend du sud du Canada jusqu’au Mexique, recouvrant l’ensemble des États-Unis. Selon Bradley (2013), on peut rencontrer le thomise variable du mois de mai au mois d’août. Wikpédia, de son côté, précise que les juvéniles d’une année donnée hivernent dans la litière au sol; une fois le printemps venu, ils muent à nouveau et terminent leur cycle de vie pendant cette seconde saison estivale. Fait intéressant : après la ponte, les femelles demeurent avec leur sac d’œufs, qu’elles attachent à divers objets (notamment des feuilles repliées). Elles ne se nourrissent point pendant cette période et, peu après l’émergence de leurs rejetons, elles meurent. Il s’agit de mamans dévouées!

Sans surprise, ces araignées sont des prédateurs par excellence. Elles s’attaquent à toute proie de taille à être maîtrisée… ce qui constitue parfois des proies plus grosses qu’elles! Ainsi, comme toute araignée, il s’agit d’un invertébré bénéfique qui s’assure de réguler les populations d’insectes qui pourraient autrement s’avérer envahissants. Aussi, que vous aimiez les araignées ou non, ces individus colorés accrochent l’œil et sont agréables à regarder! Comme la photographie de notre seconde gagnante ex aequo!

 

Pour en savoir plus

  • Bradley, R.A. 2013. Common spiders of North America. 271 p.
  • Bug Guide. Species Misumena vatia – Goldenrod Crab Spider. http://bugguide.net/node/view/6751
  • Evans, A.V. 2014. Beetles of Eastern North America. 560 p.
  • Paquin, P. et N. Dupérré. 2003. Guide d’identification des araignées (Araneae) du Québec. 251 p.
  • Wikipédia. Misumena vatia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Misumena_vatia

Concours de photo 2017 – Partie 1 : Le Vulcain qui émerge dans une maison, par Sylvie Benoit

Photographie gagnante représentant un Vulcain

Photographie gagnante représentant un Vulcain

C’est avec plaisir que je vous diffuse la première de deux chroniques au sujet des photographies gagnantes ex aequo du concours amical de photographie DocBébitte 2017. Comme je le mentionnais lors de la chronique révélant nos gagnants – et tel que promis chaque année – je me suis affairée à vous concocter la petite histoire derrière les clichés élus.

Cocon et exuvies des chenilles retrouvés au sous-sol

Cocon et exuvies des chenilles retrouvés au sous-sol

Chenille, également retrouvée dans la maison chez Sylvie

Chenille, également retrouvée dans la maison chez Sylvie

La chenille se tisse un nid douillet

La chenille se tisse un nid douillet

La photo transmise par Sylvie Benoit relate justement une rencontre inopinée avec un joli papillon commun nommé « Vulcain » (Vanessa atalanta). Ce lépidoptère appartient à la grande famille des nymphalidés. C’est un cousin du papillon Belle dame (Vanessa cardui) que vous connaissez sans doute, car il a fait les manchettes en septembre dernier, étant aperçu en vastes hardes un peu partout au Québec.

Le Vulcain se reconnait facilement par ses ailes sombres flanquées d’une bande orangée surmontée de taches blanches. Son nom scientifique, Vanessa atalanta, référerait à une héroïne grecque « Atalanta » ou « Atalante » qui, selon la légende, était une coureuse fort rapide. Le Vulcain aurait vraisemblablement hérité de ce nom à cause de son vol, reconnu pour être rapide.

Le cliché gagnant a été effectué à l’intérieur d’une demeure. Trois papillons de cette espèce y ont été retrouvés par surprise! Quelques recherches effectuées par les propriétaires des lieux leur ont permis de résoudre le mystère : les restes de chrysalides et d’exuvies de chenilles furent découverts au sous-sol. Des chenilles avaient été introduites à l’intérieur de la maison par le biais de plants d’orties, qui y avaient été amenés pour sécher. À cet effet, Sylvie me transmit gracieusement quelques photographies supplémentaires appuyant ces observations. Elles complètent la présente chronique.

La livrée de la chenille du Vulcain est variable. Selon Wagner (2005), certains individus sont plus pâles (couleur blanchâtre à jaune verdâtre), alors que d’autres arborent une robe nettement plus sombre. Les individus croqués sur le vif par notre gagnante représentent des spécimens foncés, également caractérisés par la présence de lignes blanchâtres parcourant les flancs. De plus, les chenilles sont munies de poils et d’épines acérés, s’élevant d’une protubérance orangée, ce qui leur donne une apparence très piquante! Qui osera y mettre les doigts?

Sans grande surprise, les chenilles se délectent de plantes appartenant à la famille Urticaceae, dont – eh oui – les orties! Elles se tissent un nid douillet dans le repli des feuilles, comme en témoigne une des photographies qui agrémentent la présente chronique.

Vulcain que j’avais pris en photo il y a quelques années

Vulcain que j’avais pris en photo il y a quelques années

Les adultes, quant à eux, sirotent le nectar de multiples espèces de fleurs; ils s’alimentent également de fruits et de détritus en décomposition. Comme ce sont de bons butineurs, il est facile de les voir dans nos jardins, particulièrement lors des mois de mi-mai à juillet (première génération) ou encore de mi-juillet à mi-septembre (deuxième génération). Les Vulcains aiment aussi se prélasser au soleil sur tout support situé au ras du sol (roche, tronc d’arbre, etc.), où l’on peut prendre le temps de les observer. C’est ainsi que j’avais pris quelques clichés de ce sympathique papillon, m’approchant peu à peu du sujet. Le Vulcain, pas trop nerveux, se laisse d’ailleurs approcher pour être admiré. La photographie de Sylvie en est un bel exemple! Bravo à notre première gagnante!

 

Pour en savoir plus

  • Bug Guide. Species Vanessa atalanta – Red Admiral – Hodges#4437. http://bugguide.net/node/view/448
  • Dubuc, Y. 2007. Les insectes du Québec. 456 p.
  • Espace pour la vie. Vulcain. http://espacepourlavie.ca/insectes-arthropodes/vulcain
  • Handfield, L. 2011. Guide d’identification – Les papillons du Québec. 672 p.
  • Leboeuf, M. et S. Le Tirant. 2012. Papillons et chenilles du Québec et des Maritimes. 391 p.
  • Wagner, D.L. 2005. Caterpillars of Eastern North America. 512 p.

Deux gagnantes ex æquo pour le concours amical de photos d’invertébrés 2017

Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous laisse, chaque année, l’ingrate tâche de voter pour vos photographies préférées? Et bien, le résultat de cette année offre une bonne explication. Les deux clichés gagnants ont été croqués sur le vif par deux sœurs… en l’occurrence ma tante et ma mère! Y a-t-il eu une conspiration familiale au sein des électeurs? Quoi qu’il en soit, je suis bien heureuse d’avoir préservé mon chapeau d’impartialité et de ne pas m’en être mêlée!

Chose promise, chose due, je m’affairerai dans les prochaines semaines à dresser le portrait plus complet de nos deux arthropodes qui ont fait fureur. Le premier cliché par Sylvie Benoit nous racontera l’histoire d’un Vulcain qui a émergé dans une maison, par hasard. Le second, pris par Céline Benoit Anderson, mettra en vedette le joli thomise variable – un invertébré que j’affectionne particulièrement!

Cela dit, je souhaite remercier vivement tous les participants au concours de cette année. Plusieurs photographies se sont retrouvées dans le peloton de tête et nous avons même failli avoir trois photos ex æquo! Vos photos n’ont pas remporté le concours? Qu’à cela ne tienne! Elles ont sans aucun doute constitué un plaisir pour les yeux des lecteurs DocBébitte! Bravo et merci à tous!

Deux photos gagnantes ex æquo cette année, prises par deux sœurs!

Deux photos gagnantes ex æquo cette année, prises par deux sœurs!